Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Исторические любовные романы » Les lauriers de flammes (2ième partie)
Les lauriers de flammes (2ième partie) - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Les lauriers de flammes (2ième partie)

Электронная книга - «Les lauriers de flammes (2ième partie)». Краткое содержание книги:

Les dés sont jetés. A la tête de la Grande Armée, inconscient des trahisons et des dangers qui menacent ses arrières, l'Empereur se dirige vers Moscou. Malgré ses rêves de bonheur et de liberté dans les bras de Jason retrouvé, Marianne ne peut rester inactive. Napoléon doit savoir ce qui l'attend à son retour. Pour Marianne aussi, la campagne de Russie a commencé. Devant elle, l'immensité de la steppe et des milliers de kilomètres à parcourir. Au bout de sa route, le Kremlin en flammes et son conquérant désemparé. Pour celle qui lui a toujours tout donné, est-ce le début d'une nouvelle vie ?
1 ... 57 58 59 60 61 62 63 64 65 ... 88
Перейти на страницу:

— A Kouskovo sans doute, chez le comte Chérémétiev.

— Kouskovo a été incendié et nos troupes campent dans ce qu’il reste du château. Non, Marianne, il vous faut renoncer à chercher quelque chose de ce côté. D’ailleurs vous ne pouvez rien faire qui satisfasse et l’Empereur et vous-même !

— Mais je ne peux pourtant pas abandonner Jolival et Gracchus ! L’Empereur est devenu fou de s’attaquer à ces deux innocents. Il m’en veut tellement qu’il est capable de les faire mourir.

Désespérée, elle hoquetait, les joues ruisselantes de larmes. Elle ressemblait tellement à une biche prise au piège que Beyle, apitoyé, vint s’asseoir près d’elle et entoura ses épaules d’un bras fraternel.

— Allons, mon petit, ne pleurez pas ainsi ! Vous êtes en train de faire du roman ! Vous avez dans la place un allié fidèle. Ce brave Constant ne vous trahirait ni pour or ni pour argent, car il trouve que dans cette affaire l’Empereur exagère un peu. Je ne lui ai pas dit bien sûr où vous logiez, mais en cas de danger, il me ferait porter un mot à l’intendance et à ce moment-là nous aviserions...

— Mais mon pauvre ami, il va bien falloir que l’Empereur fasse quelque chose. Il ne peut pas, en reprenant le chemin de Paris, s’encombrer de prisonniers gardés à vue...

— Et qui vous a dit qu’il allait reprendre le chemin de Paris ?

La surprise sécha net les larmes de Marianne et elle ouvrit sur son ami de grands yeux incrédules.

— N’y songe-t-il pas ?

— Pas le moins du monde ! Sa Majesté a décidé d’hiverner ici. Le comte Dumas et votre humble serviteur ont reçu des ordres très précis pour l’approvisionnement de l’armée. Le général Durosnel en a reçu d’autres concernant les mouvements des troupes, et le maréchal Mortier prend toutes ses dispositions pour exercer pleinement ses fonctions de gouverneur. Il n’est jusqu’à la troupe de comédiens que l’on a trouvés ici qui ne doivent se tenir prêts à donner des représentations afin de maintenir le moral des Français.

— Mais enfin, c’est impossible ! Passer l’hiver ici ? J’aimerais savoir ce qu’en pense l’entourage de Sa Majesté.

— Aucun bien ! les figures sont longues d’une aune. Sauf pendant la campagne de Pologne, personne n’a jamais passé l’hiver hors de France. A ce que l’on m’a dit, l’Empereur nourrirait deux idées contraires : ou bien Alexandre accepte de discuter avec lui des préliminaires de paix et, le traité signé, nous verrions à rentrer, ou bien nous passons l’hiver ici, nous reconstituons l’armée avec les renforts déjà demandés, et, au printemps, nous marchons sur Saint-Pétersbourg !

— Comment ? Une autre campagne... après la catastrophe que nous avons vécue ?

— Peut-être pas. On a envoyé un messager au Tzar. Il porte une lettre écrite par le général Toutolmine, directeur de l’hospice des Enfants-Trouvés, attestant que les Français ont tout fait pour sauver Moscou, et une autre de l’Empereur au Tzar... l’assurant de son bon vouloir et de ses sentiments fraternels !

— Ses sentiments fraternels ? Mais c’est insensé ! Cela ne peut pas marcher...

— C’est aussi l’avis de Caulaincourt qui connaît bien Alexandre. Mais du coup, l’Empereur, qui le traite de mauvais prophète, le boude et ne lui adresse plus la parole. Il est vrai que Murât, qui continue à coqueter avec les Cosaques de Platov, fait tout ce qu’il peut pour le persuader que le Tzar sera trop heureux de lui tomber dans les bras. Ah ! je nous vois mal partis ! Et je ne sais trop ce qu’il va résulter de tout cela, mais une chose est certaine : je n’ai aucune chance de revoir Milan cette année !...

Cette nuit-là, Marianne fut incapable de trouver le sommeil. Elle chercha fiévreusement un moyen de rejoindre ses amis, mais à moins de se livrer et de retrouver le cardinal, il n’y en avait aucun. Il ne fallait même pas songer à pénétrer dans le Kremlin sans une introduction formelle. La vieille forteresse était considérée comme place de guerre. De jour comme de nuit, les régiments de la Vieille Garde, commandés par les généraux Michel, Gros ou Tindal, y étaient de faction à raison de cent hommes à chacune des cinq portes encore ouvertes ; les quatre autres, solidement barricadées, étant gardées seulement par un sergent et huit hommes. Non, il n’était pas possible de s’introduire dans cette bastille hérissée d’armes. Alors attendre ? Mais jusques à quand ? Mais combien de temps ? Si Napoléon décidait d’hiverner ici, cela représenterait au moins six mois enfermée dans cette maison ! De quoi devenir folle !

Bien sûr, il y avait aussi l’hypothèse avancée par Constant, au dire de Beyle : laisser la colère de l’Empereur se calmer, après quoi lui, Constant, se chargerait, doucement, de plaider la cause de la rebelle. Mais cela Marianne n’y comptait guère : les colères de Napoléon n’étaient pas de longue durée, mais ses rancunes étaient solides.

Les jours qui suivirent furent lugubres, malgré le temps merveilleux qui régnait au-dehors et que Marianne contemplait avec désespoir derrière ses rideaux. Elle tuait le temps à des travaux de couture, en compagnie de Barbe, mais ne vivait guère que pour l’heure où rentrerait son compagnon d’infortune avec les nouvelles du jour.

Elles étaient régulièrement d’une navrante monotonie : rien n’était arrivé de Saint-Pétersbourg et l’on préparait toujours activement l’hivernage. L’Empereur était ravi parce que son service d’estafettes marchait merveilleusement grâce à la fantastique administration du comte de La Valette, directeur des Postes. Le courrier arrivait chaque jour avec une régularité d’horloge après quinze jours et quatorze heures de chevauchée. C’était au point que, si l’un des cavaliers avait une heure de retard, Sa Majesté s’inquiétait et montrait de l’humeur. Mais en dehors de cela, elle était d’une humeur charmante, prenant régulièrement pour cible le malheureux Caulaincourt et les tragiques tableaux qu’il avait brossés de l’hiver russe, en répétant continuellement que l’automne en tout cas « était plus beau qu’à Fontainebleau ».

Mais cette impériale gaieté ne trouvait aucun écho auprès de Marianne, ni d’ailleurs auprès de Beyle qui passait d’exténuantes journées à collationner les vivres que l’on découvrait encore dans les caves des maisons ruinées.

Lui aussi était d’humeur morose. Il avait rencontré dans Moscou un certain Auguste Fecel, joueur de harpe de son état, qui avait pu, enfin, lui donner des nouvelles de sa chère amie Mélanie de Barcoff, et ces nouvelles l’avaient affligé profondément. La dite dame avait, suivant le harpiste, quitté Moscou pour Saint-Pétersbourg quelques jours avant l’incendie, avec les derniers groupes de fuyards, et cela malgré son mari avec lequel elle était pratiquement brouillée mais dont elle attendait un enfant. En outre, elle était complètement démunie d’argent.

Cette sombre histoire faisait littéralement délirer le jeune homme qui cherchait éperdument un moyen de retrouver son ancienne maîtresse et de la ramener avec lui en France. Pour se calmer, il en parlait interminablement avec Marianne, vantant ses vertus avec une telle obstination que la jeune femme en vint très vite à prendre en horreur cette femme inconnue. Elle détestait presque autant la maîtresse actuelle, Angelina Bereyter, bien que, dans les discours de Beyle, il fût beaucoup plus question de ses charmes que de ses vertus qui semblaient inexistantes. Ce cher Beyle paraissait avoir un penchant naturel et incœrcible pour les femmes insupportables.

Seule, sa sœur Pauline trouvait grâce aux yeux de Marianne. Beyle, quand il ne lui écrivait pas d’interminables lettres (le rétablissement du service des postes avec la France avait été le premier souci de l’Empereur) il en parlait avec une tendresse qui touchait Marianne parce qu’elle était exempte de lyrisme. En outre, il en parlait en français tandis que, s’agissant de ses belles amies, il se croyait obligé d’émailler ses discours d’anglais ou d’italien, ce qui achevait d’exaspérer Marianne.

1 ... 57 58 59 60 61 62 63 64 65 ... 88
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)