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Réflexions ou sentences et maximes morales

Электронная книга - «Réflexions ou sentences et maximes morales». Краткое содержание книги:

Cet ouvrage de La Rochefoucauld est l’œuvre d’un esprit très pénétrant qui paraît systématiquement occupé à une considération exclusive des aspects négatifs de la nature humaine, qui lui ont valu la qualification de philosophe de l’amour-propre, c’est que le pessimisme dont il est imprégné doit beaucoup à la doctrine de Port-Royal qui a marqué la littérature de l’époque classique. La dénonciation de la vanité humaine, la réfutation du libre arbitre, la mise à nu de la faiblesse de l’être et des feintes dont il use vis-à-vis de lui-même, ou la peinture de son insignifiance, doivent être pris comme autant de témoignages de cet esprit janséniste qui traverse les Maximes.
Grâce à la précision et à la netteté originales de son style, relevé par des ornements dont la distinction égale la sobriété, La Rochefoucauld a décrit son temps et une société pleine d’intrigues et de révolutions perpétuelles pour laisser, de modèles passagers envisagés dans une perspective pessimiste, une image immortelle.
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[172] Les plus sages le sont dans les choses indifférentes, mais ils ne le sont presque jamais dans leurs plus sérieuses affaires; et qui vit sans folie n’est pas si sage qu’il croit (MS 22, I 132, et max. 209, I 221).

[173] La faiblesse fait commettre plus de trahisons que le véritable dessein de trahir (max. 120, I 124).

[174] Quelque prétexte que nous donnions à nos afflictions, ce n’est que l’intérêt et la vanité qui les causent (max. 232. I 246).

[175] Il y a une espèce d’hypocrisie dans les afflictions; car, sous prétexte de pleurer une personne qui nous est chère, nous pleurons la diminution de notre bien, de notre plaisir, ou de notre considération, en la personne que nous avons perdue. De cette manière les morts ont l’honneur des larmes qui ne coulent que pour ceux qui les pleurent. J’ai dit que c’était une espèce d’hypocrisie, parce que par elle l’homme se trompe seulement lui-même. Il y en a une autre, qui n’est pas si innocente, et qui impose à tout le monde. C’est l’affliction de certaines personnes qui aspirent à la gloire d’une belle et immortelle douleur. Car le temps, qui consomme tout, ayant consommé ce qu’elles pleurent, elles ne laissent pas d’opiniâtrer leurs pleurs, leurs plaintes et leurs soupirs; elles prennent un personnage lugubre, et travaillent à persuader par toutes leurs actions qu’elles égaleront la durée de leurs pleurs à leur propre vie. Cette triste et fatigante vanité se trouve pour l’ordinaire dans les femmes ambitieuses, parce que, leur sexe leur fermant tous les chemins à la gloire, elles se jettent dans celui-ci, et s’efforcent à se rendre célèbres par la montre d’une inconsolable douleur (cf. la maxime suivante).

[176] Outre ce que nous avons dit, il y a encore quelques autres espèces de larmes qui coulent de certaines petites sources, et qui par conséquent s’écoulent incontinent. On pleure pour avoir la réputation d’être tendre, on pleure pour être pleuré, et on pleure enfin de honte de ne pas pleurer (pour cette maxime et la précédente: max. 233, I 247).

[177] Les faux honnêtes gens sont ceux qui déguisent la corruption de leur cœur aux autres et à eux-mêmes; les vrais honnêtes gens sont ceux qui la connaissent parfaitement et la confessent aux autres (max. 202, I 214).

[178] Le vrai honnête homme est celui qui ne se pique de rien (max. 203, I 215).

[179] Une des choses qui fait que l’on trouve si peu de gens qui nous paraissent raisonnables et agréables dans la conversation, c’est qu’il n’y a quasi personne qui ne pense plutôt à ce qu’il veut dire qu’à répondre précisément à ce qu’on lui dit, et que les plus habiles et les plus complaisants se contentent de montrer seulement une mine attentive, au même temps que l’on voit dans leurs yeux et dans leurs esprits un égarement et une précipitation de retourner à ce qu’ils veulent dire, au lieu de considérer que c’est un mauvais moyen de plaire ou de persuader les autres, de chercher si fort à se plaire à soi-même, et que bien écouter et bien répondre c’est une des grandes perfections qu’on puisse avoir (max. 139. I 141).

[180] La coquetterie est le fonds de l’humeur de toutes les femmes, mais toutes n’en ont pas l’exercice, parce que la coquetterie de quelques-unes est arrêtée et enfermée par leur tempérament et par leur raison (max. 241. I 263).

[181] La galanterie est un tour de l’esprit par lequel il pénètre les choses les plus flatteuses, c’est-à-dire celles qui sont les plus capables de plaire (max. 100, I 110).

[182] La politesse est un tour de l’esprit par lequel il pense toujours des choses agréables, honnêtes et délicates (max. 99. I 109).

[183] Il y a de jolies choses que l’esprit ne cherche point, et qu’il trouve toutes achevées en lui-même de sorte qu’il semble qu’elles y soient cachées, comme l’or et les diamants dans le sein de la terre (max. 101. I III).

[184] La politesse des États est le commencement de leur décadence, parce qu’elle applique tous les particuliers à leurs intérêts propres et les détourne du bien public (MS 52, I 282).

[185] La civilité est une envie d’en recevoir; c’est aussi un désir d’être estimé poli (max. 260. I 283).

[186] La souveraine habileté consiste à bien connaître le prix de chaque chose (max. 244, I 266).

[187] On hait souvent les vices, mais on méprise toujours le manque de vertu (max. 186, I 195).

[188] Quand on ne trouve point son repos en soi-même, il est inutile de le chercher ailleurs (MS 61, I 55).

[189] Ce qui nous empêche souvent de bien juger des sentences qui prouvent la fausseté des vertus, c’est que nous croyons trop aisément qu’elles sont véritables en nous (MP 7).

Sentences et maximes de morale par M. D. L. R. 1663

(B.N., Collection Smith-Lesouef, ms. 90)

[2] Les vices entrent dans la composition des vertus…, comme H 1. (Cf. L 227.)

[3] Si on avait ôté de ce que l’on appelle force…, et la suite comme H 6.

[4] La clémence est un mélange de gloire…, et la suite comme L 217 et le début de H 7.

[5] On n’est jamais si ridicule…, comme H 15. (Cf. L 220.)

[6] La durée de nos passions…, comme H 86 et L 221.

[7] L’amour est à l’âme…, comme L 223. (Cf. H 91.)

[8] La folie suit…, et la suite comme L I. (Cf. H 170.)

[9] L’orgueil a bien plus de part que la charité aux remontrances que nous faisons à ceux qui commettent des fautes, et nous les reprenons bien moins pour les en corriger que pour les persuader que nous en sommes exempts. (Cf. L 2 et début de H 137.)

[10] Nous sommes préoccupés de telle sorte en notre faveur que ce que nous prenons…, et la suite comme H 138. (Cf. L 3.)

[11] Nous promettons…, comme L4 et H 16. suivie de L 5

[12] Ce qui rend nos amitiés…, comme L 6 et H 89.

[13] Nous nous persuadons souvent mal à propos d’aimer…, et la suite comme L 7 (Cf. H 90.)

[14] Les Français ne sont pas seulement sujets…, comme L 8. (Cf. H 13.)

[15] Les faux honnêtes gens…, comme L9 et H 176.

[16] On est au désespoir d’être trompé…, comme H 17. (Cf. L 10.)

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