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Le Dompteur de lions

Электронная книга - «Le Dompteur de lions». Краткое содержание книги:

Le point de vue des éditeurs
C’est le mois de janvier et un froid glacial s’est emparé de Fjällbacka. Une fille à demi nue, surgie de la forêt enneigée, est percutée par une voiture. Lorsque Patrik Hedström et ses collègues sont prévenus, la jeune fille a déjà été identifiée. Il s’agit de Victoria, portée disparue depuis quatre mois. Son corps présente des blessures qu’aucun accident ne saurait expliquer : ses orbites sont vides, sa langue est coupée et ses tympans percés. Quelqu’un en a fait une poupée humaine. D’autres cas de disparitions dans les environs font redouter que le bourreau n’en soit pas à sa première victime.
De son côté, Erica Falck commence à exhumer une vieille affaire pour son nouveau bouquin. Une femme purge sa peine depuis plus de trente ans pour avoir tué son mari, un ancien dompteur de lions, qui maltraitait leur fille avec sa complicité passive. Mais Erica est persuadée que cette mère de famille porte un secret encore plus sombre. Jonglant entre ses recherches, une maison en perpétuel désordre et des jumeaux qui mettent le concept de l’amour inconditionnel à rude épreuve, elle est loin de se douter que pour certains, l’instinct maternel n’a rien de naturel…
Avec ce neuvième volet de la série Fjällbacka, Camilla Läckberg signe un polar crépusculaire et violent. La reine du noir nordique s’y montre plus indomptable que jamais.
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Nouveau silence. Erica put sentir l’hostilité à l’autre bout de la ligne.

— Vous ne vous demandez jamais comment va votre famille en Suède ? laissa-t-elle échapper.

— Quelle famille ? rétorqua Stefan. Il n’y a plus que Laila, que je n’ai jamais rencontrée. Maman était déjà installée en Espagne quand je suis né, et nous n’avons aucun contact avec cette branche-là. Je pense que maman aimerait qu’il en reste ainsi.

— Vous ne pouvez pas lui demander quand même, s’il vous plaît ?

Erica entendit le ton suppliant de sa voix.

— D’accord, mais ne vous attendez à rien.

Stefan posa le combiné et elle l’entendit murmurer avec quelqu’un. Erica trouvait qu’il parlait assez bien suédois. Son accent était infime et charmant, on y devinait à peine les zézaiements caractéristiques de l’espagnol.

— Vous pouvez lui parler quelques minutes. Je vous la passe.

La voix de Stefan dans le combiné la fit sursauter. Elle s’était égarée dans ses réflexions linguistiques.

— Allô ? dit une voix de femme.

Erica se reprit et se présenta tout de suite, elle raconta qu’elle écrivait un livre sur l’histoire de Laila et qu’elle serait très reconnaissante de pouvoir lui poser quelques questions.

— Je ne sais pas ce que je pourrais vous apporter. Laila et moi avons rompu tout contact il y a de nombreuses années et je ne sais plus rien d’elle ni de sa famille. Je ne serais pas en mesure de vous aider, même si je le voulais.

— C’est exactement ce que dit Laila, mais j’ai quelques questions au sujet de Peter auxquelles j’espère malgré tout que vous pourrez répondre.

— Bon, qu’est-ce que vous voulez savoir ? demanda Agneta, et sa voix parut résignée.

— Je me suis demandé pourquoi votre mère s’était chargée uniquement de Peter et pas de Louise ? La chose la plus naturelle pour une grand-mère aurait quand même été de recueillir les deux enfants sans les séparer, non ? Louise s’est retrouvée dans une famille d’accueil.

— Louise avait besoin… de soins particuliers. Notre mère ne pouvait pas les lui fournir.

— Mais qu’avait-elle donc de si spécial ? C’est parce qu’elle était traumatisée ? Vous n’avez jamais soupçonné Vladek de maltraiter sa famille ? Votre mère habitait à Fjällbacka, elle aurait dû se rendre compte de ce qui se passait, non ?

Les questions se pressaient dans la bouche d’Erica, et il n’y eut d’abord qu’un long silence à l’autre bout du fil.

— Je préférerais ne pas parler de tout ça. C’était il y a si longtemps. Une époque sombre que j’aimerais oublier, dit Agneta, et sa voix semblait étouffée et brisée dans le combiné. Notre mère a fait son possible pour protéger Peter, c’est tout ce que je peux dire.

— Et Louise ? Pourquoi ne l’a-t-elle pas protégée ?

— Vladek s’occupait de Louise.

— C’est parce qu’elle était une fille qu’elle était la plus malmenée ? C’est pour ça qu’on l’appelait juste Fille, plutôt que par son prénom ? Est-ce que Vladek haïssait les femmes, et traitait mieux son fils ? Parce que Laila aussi présentait des blessures.

Erica déversait ses questions de peur qu’Agneta ne mette brusquement fin à la conversation.

— C’était… compliqué. Je ne peux pas vous répondre. Et je n’ai rien de plus à vous dire.

Agneta semblait décidée à raccrocher, et Erica aiguilla rapidement l’entretien sur une autre voie.

— Je comprends que ce soit un sujet douloureux, mais d’après vous, que s’est-il passé quand votre mère est morte ? Selon le rapport de police, il s’agit d’un cambriolage qui aurait dérapé. Je l’ai lu, et j’ai parlé avec le policier responsable de l’enquête. Mais j’ai quand même des doutes. Deux meurtres dans une seule famille, même s’ils sont espacés, ça me paraît une drôle de coïncidence.

— Ça peut arriver. C’était un cambriolage, comme la police l’a constaté. Le ou les malfaiteurs, ils étaient probablement plusieurs, se sont introduits dans la maison la nuit. Maman s’est réveillée et, dans la panique, les voleurs l’ont tuée.

— Avec un tisonnier ?

— Oui, je suppose que c’est la seule arme qu’ils ont trouvée.

— Ils n’ont pas laissé d’empreintes digitales, aucune trace. C’étaient des voleurs très prudents, visiblement. Étant si bien organisés, c’est un peu étrange qu’ils aient été pris de panique quand votre mère s’est réveillée, vous ne trouvez pas ?

— La police n’a pas trouvé ça étrange. Il y a eu une enquête approfondie. Ils ont même envisagé que Peter y soit mêlé, mais il a été entièrement innocenté.

— Puis il a disparu. Qu’est-ce qui s’est passé, selon vous ?

— Allez savoir. Il se trouve peut-être sur une île quelque part aux Antilles. Je le lui souhaite en tout cas. Mais ça m’étonnerait. Je crois que le traumatisme de son enfance plus la mort de sa grand-mère, qu’il aimait beaucoup, ça a été trop pour lui.

— Vous pensez… qu’il s’est suicidé ?

— Oui, répondit Agneta. Je le pense, malheureusement, tout en espérant me tromper. Je dois raccrocher maintenant. Stefan et sa femme s’en vont, je vais garder leurs fils.

— Juste une autre question, supplia Erica. Quelle était votre relation avec votre sœur ? Étiez-vous proches pendant votre enfance ?

Elle tenait à arrondir l’entretien avec une question plus neutre pour qu’Agneta ne refuse pas de lui parler si elle devait l’appeler encore une fois.

— Non, répondit Agneta après une longue pause. Nous étions très différentes, nous avions peu en commun. J’ai choisi de ne pas être associée à la vie de Laila et aux choix qu’elle a faits. Aucun des Suédois que nous fréquentons ici ne sait que j’ai une sœur ni qui elle est, et je souhaite qu’il en reste ainsi. Je ne veux donc pas que vous me citiez dans votre livre, et je ne veux pas non plus que vous disiez à qui que ce soit que nous nous sommes parlé. Surtout pas à Laila.

— Je vous le promets. Une dernière petite question : Laila collectionne des articles de journaux sur des jeunes filles qui ont disparu ces deux dernières années en Suède. Dont l’une ici, à Fjällbacka. On l’a retrouvée cette semaine, mais elle s’est fait renverser par une voiture juste après et elle est décédée. Elle avait de graves blessures provenant de sa captivité. Savez-vous pourquoi ces affaires intéressent Laila ?

Elle se tut et perçut la respiration d’Agneta.

— Non, dit celle-ci brièvement, puis elle lança quelques mots en espagnol à quelqu’un dans la pièce. Je dois m’occuper de mes petits-enfants maintenant. Et je le répète : je ne veux en aucune manière être associée à tout ça.

Erica lui assura encore une fois qu’elle ne la mentionnerait pas, puis raccrocha.

Elle s’apprêtait à mettre ses notes au propre quand elle entendit un grand tumulte au rez-de-chaussée. Elle se leva aussitôt pour se pencher par-dessus la balustrade et regarder ce qui se passait en bas.

— C’est quoi ce… ? s’exclama-t-elle, avant de se précipiter dans l’escalier.

Dans le vestibule, Patrik était en train de dépouiller de ses vêtements trempés un Bertil Mellberg aux lèvres bleues, grelottant de froid.

Martin entra au commissariat et tapa des pieds pour se débarrasser de la neige. Quand il passa devant l’accueil, Annika leva les yeux et le regarda par-dessus ses lunettes anti-lumière bleue.

— Comment ça s’est passé ?

— Bof, comme d’habitude quand Mellberg est là.

Il vit la perplexité d’Annika et, aussi calmement que possible, lui fit le récit des exploits de leur chef.

— Mon Dieu ! Cet homme-là n’a pas fini de nous étonner. Et Torbjörn, qu’est-ce qu’il a dit ?

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