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Les Pardaillan - Livre VII - Le Fils De Pardaillan - Volume I

Электронная книга - «Les Pardaillan - Livre VII - Le Fils De Pardaillan - Volume I». Краткое содержание книги:

Nous sommes à Paris en 1609. Henri IV règne, sous la menace permanente des attentats. Le chevalier de Pardaillan, qui n'a pas retrouvé son fils, rencontre un jeune truand, Jehan-le-Brave, en qui il ne tarde pas à reconnaître l'enfant de Fausta. Or, Jehan-le-Brave, qui ignore tout de ses origines, est amoureux de Bertille de Saugis, fille naturelle d'Henri IV. Pour protéger sa bien-aimée et le père de celle-ci, c'est-à-dire le roi, il entre en conflit avec tous ceux qui complotent sa mort: Concini et son épouse, Léonora Galigaï, Aquaviva, le supérieur des jésuites qui a recruté un agent pour ses intentions criminelles, le pauvre Ravaillac. Le chevalier de Pardaillan s'engage dans la lutte aux côtés de son fils, aussi bien pour l'observer que pour protéger le roi. Or, Fausta jadis avait caché à Montmartre un fabuleux trésor que tout le monde convoite, les jésuites, les Concini, et même le ministre du roi Sully. Seule Bertille connaît par hasard le secret de cette cachette, ainsi que le chevalier de Pardaillan…
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Mais elle ne pouvait se résigner à accepter une hypothèse que la raison lui disait être la plus vraisemblable. Ses instincts cupides déchaînés s’y refusaient absolument. Et les facultés tendues, son imagination travaillait sans relâche.

– Voire! murmura-t-elle, ce comte de Vaubrun, contrarié dans son amour, avait pour lors d’autres soucis en tête que de rechercher son ami!… Les deux fiancés se sont tués sans avoir eu le temps de songer à ce Pardaillan et son trésor!… J’en jurerais! Voyons, voyons, cherchons!…

Un à un, elle reprit tous les papiers. Il y en avait: mémoires, actes, titres, parchemins, lettres du fiancé, dispositions testamentaires… Mais nulle part, pas le plus petit mot, pas la plus petite indication sur le trésor et sa mystérieuse cachette.

Restaient quelques feuillets indéchiffrables pour elle, parce qu’ils étaient écrits en une langue qu’elle ne connaissait pas. Elle les mit de côté et médita.

– La lettre est formelle pourtant!… Je ne vois que trois hypothèses: premièrement, les papiers ont été égarés ou remis à leur destinataire… Alors, il n’y a plus rien à faire. Secondement, ils sont cachés ailleurs… Alors, je fouillerai partout ici, je visiterai coffres, bahuts, tiroirs, tout, tout!… Et s’ils sont ici, je les trouverai. Troisièmement enfin, les indications sont là… dans ces papiers que je ne comprends pas… Alors je suis obligée de chercher quelqu’un qui me les traduise… Alors, je suis volée!… celui-là ne sera pas si sot que de me dire bénévolement la vérité. Il gardera les indications pour lui et s’en ira chercher le trésor… et c’est moi qui, stupidement, lui aurai tout donné. Ouais!…

Elle réfléchit encore profondément, tirant avec frénésie le bout de son nez, comme pour en faire jaillir la bonne inspiration, et trouva:

– Il n’y a qu’un prêtre, et sous le sceau de la confession, qui pourra me dire ce qu’il y a dans ces papiers – si tant est qu’il y ait quelque chose – et oubliera ensuite. Oui mais, voilà, un confesseur voudra savoir d’où je tiens ces papiers et s’ils sont vraiment à moi… Heu!… Mentir en confession… je risque la damnation éternelle!… et je ne veux pas être damnée… Alors?… Sotte!… je m’adresserai au bon père Parfait Goulard! Le saint homme est si indulgent… et puis il est un peu simple… je n’aurai pas besoin de mentir avec lui… il me suffira de justifier d’une bonne intention… puisque c’est l’intention qui fait le péché.

Elle se mit à ranger les papiers dans la cassette, laissant de côté ceux qu’elle avait résolu de montrer au moine, si complètement absorbée qu’elle en oubliait le monde entier, perdait la notion de tout.

À ce moment, une main passant brusquement au-dessus de son épaule lui arracha les papiers en même temps qu’une voix qui retentit à ses oreilles comme la trompette du jugement dernier, grondait furieusement.

– Ah! misérable sorcière! chienne maudite! il ne te suffit pas d’avoir trahi et vendu celle sur qui tu aurais dû veiller, il faut que tu viennes encore la voler!…

Terrassée par l’épouvante, les yeux exorbités, à moitié pâmée, Colline Colle gémit d’une voix étranglée:

– Jésus! sainte Vierge! le jeune homme de tout à l’heure… Je suis morte!

C’était, en effet, Jehan le Brave qui, passant dans la rue, s’était étonné de voir la fenêtre grande ouverte, et qui, ayant l’intuition de ce qui se passait, s’était précipité dans l’impasse, avait renversé les planches, laborieusement remises en place par la vieille, avait monté l’escalier, ouvert la porte, sans qu’elle eût rien entendu tant sa préoccupation était grande, tant cette espérance d’un trésor fabuleux à soustraire, l’avait affolée.

Jehan leva le poing sur la tête de la matrone. Elle ferma les yeux, rentra le cou dans les épaules et, croyant faire entendre un cri de détresse, n’eut que la force de pousser un râle étouffé.

Le poing ne s’abattit pas. Par un effort de volonté prodigieux, le jeune homme était parvenu à se maîtriser.

– Debout, chienne, ordonna-t-il d’une voix rude, et remercie le ciel que j’aie pu me souvenir à temps que tu es femme.

Elle ne se fit pas répéter l’ordre. Elle fut immédiatement debout, tout son sang-froid revenu avec l’assurance qu’elle ne courait aucun danger, et attendit.

Lui, il avait ramassé tous les papiers et les empilait au hasard dans la cassette. Ceci fait, il fut à la fenêtre et la ferma. Avisant le trousseau de clés resté sur la table, il s’en empara et le mit dans la cassette avec les papiers. Il commanda impérieusement:

– Hors d’ici!… Attends-moi sur le palier.

Docilement, comprenant que sa vie dépendait de son obéissance, elle sortit et attendit sur le palier. Jehan prit la cassette et chercha des yeux où il pourrait la mettre.

– Non! fit-il en secouant la tête, il vaut mieux que je l’emporte… ce sera plus prudent.

Et il rejoignit Colline Colle. D’un coup d’œil circulaire, il inspecta les lieux. Il vit que pour entrer dans l’appartement de la jeune fille il n’y avait pas d’autre porte que celle devant laquelle il se trouvait. La clé était sur la porte. Il ferma à double tour et la mit dans sa poche.

– L’autre clé, fit-il d’un ton bref.

Elle feignit de ne pas comprendre et de son air le plus ingénu:

– Quelle clé?…

– Tu dois avoir une autre clé… donne-la.

– Je vous jure…

Il lui mit la main au cou et:

– La clé, répéta-t-il froidement, ou je serre!

C’est qu’il serrait déjà, le brigand! Quel démon déchaîné était-ce là?… Le mieux était de ne pas chercher à ruser avec lui, filer doux, obéir passivement, sa vie ne tenait qu’à un fil. Elle le comprenait bien. Elle suffoqua:

– Venez!…

Il la lâcha. Elle aspira une bouffée d’air et piteusement:

– Elle est en bas.

– Descends.

Elle obéit aussi précipitamment que ses jambes flageolantes le lui permettaient, et en descendant l’escalier, elle se lamentait intérieurement, avec force signes de croix:

– Jésus! c’est le diable en personne!… Vierge sainte, venez à mon secours!

Chez elle, définitivement domptée, elle chercha en hâte la double clé réclamée d’aussi irrésistible manière et la tendit d’une main tremblante, n’ayant plus qu’un seul souci: le voir filer au plus tôt. Il s’en saisit et sur un ton qui la fit frissonner:

– Si tu essayes de t’introduire à nouveau chez la demoiselle, je le saurai… Alors, écoute: je te crève les yeux pour que tu ne cherches plus à voir ce que tu ne dois pas voir…

Elle ferma les yeux de toutes ses forces et songea avec terreur aux trois brigands de l’homme masqué qui lui avaient fait la même promesse, ou à peu près.

– Et je t’arrache la langue, continua Jehan d’un air terrible, pour que tu ne puisses raconter à personne ce que tu as surpris. Tu m’entends?…

Blême, se soutenant à peine, claquant des dents, en proie à une terreur folle, elle n’eut que la force d’esquisser un signe de tête affirmatif.

– Bon!… Ouvre-moi la porte de la rue.

Ah! Jésus, Dieu! elle ne demandait pas mieux… elle ne demandait même que cela… le voir loin, aussi loin que possible, au plus profond des enfers!… Elle retrouva incontinent les forces nécessaires et se rua sur la porte qu’elle ouvrit toute grande. Avant de franchir le seuil, il lança, en guise d’adieu:

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