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La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette [Flickan som lekte med elden - fr]

Электронная книга - «La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette [Flickan som lekte med elden - fr]». Краткое содержание книги:

Tandis que Lisbeth Salander coule des journées supposées tranquilles aux Caraïbes, Mikael Blomkvist, réhabilité, victorieux, est prêt à lancer un numéro spécial de Millénium sur un thème brûlant pour des gens haut placés : une sombre histoire de prostituées exportées des pays de l'Est.
Mikael aimerait surtout revoir Lisbeth. Il la retrouve sur son chemin, mais pas vraiment comme prévu : un soir, dans une rue de Stockholm, il la voit échapper de peu à une agression manifestement très planifiée. Enquêter sur des sujets qui fâchent mafieux et politiciens n'est pas ce qu'on souhaite à de jeunes journalistes amoureux de la vie.
Deux meurtres se succèdent, les victimes enquêtaient pour Millénium. Pire que tout, la police et les médias vont bientôt traquer Lisbeth, coupable toute désignée et qu'on a vite fait de qualifier de tueuse en série au passé psychologique lourdement chargé.
Mais qui était cette gamine attachée sur un lit, exposée aux caprices d'un maniaque et qui survivait en rêvant d'un bidon d'essence et d'une allumette ? S'agissait-il d'une des filles des pays de l'Est, y a-t-il une hypothèse plus compliquée encore ? C'est dans cet univers à cent à l'heure que nous embarque Stieg Larsson qui signe avec ce deuxième volume de la trilogie Millénium un thriller au rythme affolant.
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Pourtant, il se sentait si mal à l'aise qu'il alla se ranger au bord de la route et coupa le moteur. Il n'avait pas dormi depuis près de trente heures et il se sentait vaseux. Il ouvrit la porte pour s'étirer les jambes et urina sur le bord de la route. Il faisait froid et le ciel était dégagé. Il se tenait devant un champ pas loin de Järna.

Le conflit était plutôt de nature idéologique. L'offre de métamphétamine était illimitée à moins de quatre cents kilomètres de Stockholm. La demande sur le marché suédoise était indiscutable. Le reste ne devait être qu'une question de logistique — comment transporter le produit demandé d'un point A vers un point B ou plus exactement d'une cave à Tallinn au port franc de Stockholm ?

Ce problème logistique se présentait sans cesse — comment garantir un transport régulier d'Estonie en Suède ? C'était le point crucial et le maillon vraiment faible, puisque, au bout de plusieurs années d'efforts, ils n'en étaient toujours qu'aux improvisations permanentes et aux solutions temporaires.

Le problème était que, ces derniers temps, la machine s'était trop souvent grippée. Il était fier de son don d'organisation. En quelques années seulement, il avait mis sur pied une mécanique bien huilée de contacts, entretenus à doses bien pesées de carotte et de bâton. C'était lui qui avait géré l'aspect pratique, identifié des partenaires, négocié des accords et veillé à ce que la livraison arrive au bon endroit.

La carotte, c'était l'incitation offerte aux intermédiaires tels que Magge Lundin — un bon profit quasiment sans risque. Le système était impeccable. Magge Lundin n'avait pas à lever un doigt pour que les produits lui soient livrés — pas de voyages d'achat compliqués ni de négociations obligatoires avec des personnes qui pouvaient être tout, depuis des flics de la brigade des stups jusqu'à la mafia russe, et qui pouvaient parfaitement le rouler en long et en large. Lundin savait que le géant blond livrait puis encaissait ses cinquante pour cent.

Le bâton était nécessaire puisque de plus en plus souvent des grains de sable s'étaient fourrés dans la machine. Un petit dealer de quartier au nez fin en avait trop appris sur la chaîne du business et avait failli compromettre le MC Svavelsjö. Le blond avait été obligé d'intervenir et de punir.

Le géant blond était doué en punitions.

Il soupira.

Il sentait que l'activité était en train de prendre trop d'ampleur. Elle était tout simplement trop diversifiée. Il alluma une cigarette et s'étira les jambes sur le bord de la route.

La métamphétamine était une source de revenus excellente, discrète et maniable — gros profit pour risques minimes. Les affaires d'armes étaient justifiées dans une certaine mesure si les jobs annexes peu pertinents pouvaient être identifiés et évités. Compte tenu des risques, ce n'était tout simplement pas économiquement défendable de livrer deux pétards pour quelques malheureux briffetons de mille à des morveux complètement barges qui rêvaient de braquer le kiosque d'à côté.

Certains cas d'espionnage industriel ou de contrebande de composants électroniques vers l'Est pouvaient se justifier, même si le marché s'était dramatiquement réduit ces dernières années.

En revanche, les putes des pays baltes étaient indéfendables d'un point de vue économique. Les putes n'apportaient que de l'argent de poche et représentaient avant tout une complication qui pouvait à tout moment déboucher sur des articles hypocrites dans les médias et des débats dans l'étrange Parlement suédois qu'on appelait le Riksdag et dont les règles du jeu, aux yeux du géant blond, étaient pour le moins peu claires. L'avantage avec les putes était qu'elles ne représentaient pratiquement aucun risque juridique. Tout le monde aime les putes — le procureur, le juge, les flics et un parlementaire par-ci, par-là. Personne n'allait creuser trop profond pour mettre un terme à cette activité.

Même une pute morte ne causait pas nécessairement des complications. Si la police réussissait à arrêter un suspect évident en quelques heures et que le suspect avait encore du sang sur ses vêtements, il était évidemment condamné à quelques années de prison ou à un internement dans un obscur établissement de soins. Mais si aucun suspect n'était trouvé dans les quarante-huit heures, le blond savait d'expérience que la police ne tardait pas à s'occuper de choses plus importantes.

Quoi qu'il en soit, le géant blond n'aimait pas le commerce de putes. Il n'aimait pas les putes avec leurs visages maquillés à outrance et leurs rires stridents d'alcooliques. Elles n'étaient pas pures. Elles étaient du capital humain du genre qui coûte autant qu'il rapporte. Et comme il s'agissait de capital humain, il y avait toujours le risque qu'une des putes pète les plombs et s'imagine pouvoir rendre son tablier ou commence à balancer aux flics, aux journalistes ou autres fouineurs. Alors il lui faudrait intervenir et punir. Et si les révélations étaient suffisamment précises, la chaîne de procureurs et de flics serait obligée d'agir — sinon ça allait gueuler dans ce foutu Parlement. Le commerce des putes signifiait des emmerdes.

Les frères Atho et Harry Ranta étaient l'exemple type des emmerdes. Deux parasites inutiles beaucoup trop au courant de l'activité. Il aurait préféré leur attacher une chaîne autour du cou et les couler au fond du port. Au lieu de cela, il avait accompagné ces messieurs au ferry pour Tallinn et patiemment attendu qu'ils embarquent. Leurs vacances forcées étaient dues à un foutu journaliste qui avait commencé à farfouiller dans leurs affaires, et la décision avait été prise de les rendre invisibles jusqu'à ce que l'alerte soit passée.

Il soupira de nouveau.

Avant tout, le géant blond n'aimait pas les jobs annexes comme Lisbeth Salander. Elle ne représentait pas le moindre intérêt en ce qui le concernait. Elle ne signifiait aucun profit.

Il n'aimait pas maître Nils Bjurman et n'arrivait pas à comprendre pourquoi on avait décidé d'accéder à sa demande. Mais la balle était lancée maintenant. Des ordres avaient été donnés, la mission avait été mise en sous-traitance chez le MC Svavelsjö.

Reste que la conjoncture actuelle ne lui plaisait pas. Il avait de mauvais pressentiments.

En jetant son mégot dans le fossé, ses yeux se portèrent sur le champ plongé dans l'ombre. Et soudain il capta un mouvement du coin de l'œil. Il se figea, tendit le regard. Il n'y avait aucun éclairage à part un mince croissant de lune, mais il pouvait quand même distinguer les contours d'un personnage sombre qui rampait vers lui à environ trente mètres de la route. L'être avançait lentement en faisant de petites pauses.

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