Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
Il suffit d'un amour. Tome 1 - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Il suffit d'un amour. Tome 1

Электронная книга - «Il suffit d'un amour. Tome 1». Краткое содержание книги:

Au cœur de la guerre de Cent Ans, Catherine Legoix aime désespérément le noble Arnaud de Montsalvy. Mais Philippe le Bon, duc de Bourgogne, la poursuit de son désir.
Devenue l'épouse du grand argentier du duc, le destin de Catherine semble scellé. Et si, désormais, tout pousse Catherine vers le duc, tout semble l'éloigner d'Arnaud : la haine, la guerre, la vengeance.
C'est un calvaire physique et moral, que gravit celle sur qui le grand duc d'Occident a jeté son dévolu. Pourtant, de Dijon à Bruges, de Bruges à Orléans assiégée, tandis que le destin s'acharne sur elle, Catherine poursuit aveuglement son rêve d'amour...
1 ... 51 52 53 54 55 56 57 58 59 ... 89
Перейти на страницу:

« Je regrette !... » avait seulement écrit Garin.

Un long moment, Catherine garda dans sa main l'arme grossière. Ses larmes ne coulaient plus. La mort de Barnabé marquait la fin d'un chapitre de son existence et le début d'un autre. Dans sa paume, le manche de corne se réchauffait, reprenait vie comme si la main du Coquillart l'eût quitté l'instant précédent... Lentement, Catherine se dirigea vers le petit coffret de bois sculpté que lui avait donné l'oncle Mathieu et y déposa la dague. Puis elle alla s'agenouiller devant une petite statue de la Vierge Noire qui ornait un coin de sa chambre et devant laquelle brûlaient deux cierges. La tête dans ses mains, elle pria longtemps pour laisser à son cœur le temps de se calmer.

Quand elle se releva, elle avait pris la décision de ne plus lutter contre son destin. Puisqu'il n'y avait pas moyen de faire autrement, puisque tout semblait se liguer contre sa liberté, elle épouserait Garin de Brazey. Mais nulle puissance au monde, pas même le duc Philippe, ne pourrait arracher de son cœur celui qui l'occupait tout entier, sans espoir mais sans partage. Elle ne cesserait pas d'aimer Arnaud de Montsalvy.

CHAPITRE VIII

La dame de Brazey

Malgré le surcot d'hermine qui lui emprisonnait les hanches et le buste par-dessus sa robe de brocart bleu argent et malgré la houppelande doublée de même fourrure jetée sur ses épaules, Catherine se sentait glacée jusqu'aux os. Elle devait serrer les lèvres pour empêcher ses dents de claquer. Dans la petite chapelle romane du château de Brazey, le froid de décembre mordait cruellement en dépit des tapis et des carreaux de velours jetés sous les pieds des assistants.

Et, dans sa chasuble rutilante, le prêtre à l'autel, avait l'air transi tandis que les petits clercs s'essuyaient subrepticement le nez à leurs manches.

La cérémonie du mariage avait été brève. Comme dans un songe, Catherine s'était entendu répondre « oui » à la question de l'officiant.

Sa voix n'avait été qu'un souffle. Le vieillard avait dû se pencher pour le recueillir. Garin, lui, s'était engagé d'une voix calme, indifférente...

De temps en temps, le regard de la jeune femme glissait vers celui qui était maintenant son mari. Le froid intense de cette journée d'hiver ne paraissait pas avoir plus de prise sur lui que le fait de prendre femme.

Il se tenait debout auprès d'elle, bras croisés, fixant l'autel de son œil unique avec cette étrange expression de défi qui avait tant frappé la jeune fille, lors de leur première rencontre, à Notre-Dame. Ses vêtements de velours noirs, ourlés de zibeline, ne semblaient pas plus épais que d'habitude et il ne portait pas de houppelande sur son pourpoint court. Pas de joyaux non plus, à l'exception d'une grosse larme de diamant merveilleusement pure, qu'un léopard d'or, piqué dans les plis de son chaperon, portait entre ses griffes. Lorsqu'il s'était déganté pour prendre dans les siens les doigts glacés de Catherine, elle avait été surprise de constater combien cette main était chaude.

Garin avait tellement l'air d'une statue de plus dans cette église !

Quand elle se releva, après l'Élévation, Catherine sentit glisser sa houppelande et voulut la retenir. Mais deux mains, rapides et légères, la replacèrent vivement sur les épaules frissonnantes. Se détournant à demi, elle remercia Odette de Champdivers d'un sourire. Ces quelques mois écoulés depuis la mort de Barnabé lui avaient du moins valu une amie : la fille des Champdivers enfin revenue au pays.

Trois mois plus tôt, le 21 octobre, le malheureux roi Charles VI avait vu s'achever son calvaire et s'était éteint, entre les bras de sa jeune maîtresse, dans la solitude de son hôtel Saint-Pol. Seule désormais, en butte aux vexations d'une Isabeau d'autant plus haineuse que l'obésité la rendait quasi impotente, la « petite Reine » était revenue dans sa Bourgogne natale. Une amitié spontanée avait aussitôt rapproché la douce jeune femme qui avait été l'ange du roi fou et la belle créature qu'abritait l'hôtel de Champdivers. Odette savait pourquoi Garin épousait Catherine, elle savait dans quel but le duc Philippe avait voulu faire une noble dame d'une petite bourgeoise et elle plaignait son amie. Car, si elle-même avait connu l'angoisse d'être livrée à un homme inconnu, du moins le ciel lui avait-il accordé la grâce d'aimer cet inconnu, malgré sa démence et au-delà même de ce qu'elle pensait pouvoir donner d'amour. Mais Catherine pourrait-elle aimer l'orgueilleux et sensuel Philippe qui ne reculait devant rien pour satisfaire son désir Odette, dans la sagesse de ses trente-trois ans, en doutait fort.

La messe se terminait. Garin offrait maintenant à sa femme son poing fermé pour qu'elle y appuyât ses doigts. Les portes de vieux chêne s'ouvrirent en grinçant sur la campagne enneigée. Un coup de vent s'engouffra dans l'église et vint incliner les flammes des gros cierges de cire jaune de l'autel tandis que les rares assistants de ce mariage sans joie, frissonnaient. Un groupe compact de paysans transis, aux nez bleuis et aux mains rouges, tassés les uns contre les autres pour avoir plus chaud, se tenait à la porte et se mit à crier « Noël » sans grande conviction tant chacun avait hâte de rentrer chez soi. De sa main libre, Garin prit une poignée de pièces d'or dans son escarcelle et les jeta à la volée dans la neige. Les paysans hurlèrent et se précipitèrent à quatre pattes, se battant presque.

Tout cela avait l'air irréel et sinistre. Et, se rappelant les joyeuses noces auxquelles bien souvent elle avait assisté chez des confrères de l'oncle Mathieu ou chez des paysans de la Côte, Catherine se dit qu'elle avait rarement vu mariage aussi lugubre. Jusqu'au ciel bas, d'un vilain gris jaune, lourd de neige à venir et où passait le vol criard des corbeaux, qui ajoutait à la tristesse de ces épousailles...

Le visage piqué par le froid, le souffle court, Catherine se mordait les lèvres pour retenir ses larmes. Sans la bonne Marie de Champdivers et sans la chaude amitié d'Odette, elle eût été affreusement seule en ce jour, si important dans la vie d'une femme. Ni Jacquette, ni Loyse, ni le brave oncle Mathieu n'avaient eu l'honneur d'être conviés par le seigneur de Brazey, malgré les prières de Catherine.

— C'est impossible ! avait-il répondu seulement. Monseigneur, bien qu'il ne puisse venir en personne, s'y opposerait. Vous devez essayer de faire oublier qui vous êtes et, pour cela, commencer par l'oublier vous- même.

— N'y comptez pas ! avait répliqué Catherine pourpre de colère. Je ne consentirai jamais à oublier ma mère, ma sœur, mon oncle, ni aucun de ceux qui me sont chers. Et j'aime autant vous prévenir tout de suite : si vous me refusez la joie de les recevoir dans cette maison dont on dit qu'elle va être la mienne, aucune force humaine, pas même la vôtre, ne m'empêchera de les aller voir.

Garin avait haussé les épaules d'un air excédé :

— Vous ferez ce que vous voudrez !... pourvu que ce soit discrètement.

Cette fois, elle n'avait rien répondu mais il y avait huit jours que les futurs époux ne s'étaient adressé la parole. Catherine boudait et visiblement, cette bouderie ne gênait aucunement Garin qui ne se souciait pas de la faire cesser. L'absence de sa mère et de son oncle n'en était pas moins cruelle à la nouvelle mariée. En revanche, elle était fort peu sensible à la présence des envoyés du duc Philippe, retenu en Flandres : le nonchalant, l'élégant Hughes de Lannoy, ami intime de Philippe, dont l'insolent regard avait le privilège de mettre Catherine mal à son aise, et le jeune mais sévère Nicolas Rolin, chancelier de Bourgogne depuis quelques jours. De toute évidence, tous deux accomplissaient là une corvée sans agrément, encore que le nouveau chancelier fût le plus intime ami de Garin. Mais Catherine n'ignorait pas qu'il désapprouvait entièrement son mariage. Dans la salle principale du château, un festin attendait la douzaine d'invités du mariage. La salle, réchauffée de tapisseries d'Arras contre la bise extérieure, était de dimensions exiguës, le château lui-même n'étant pas des plus grands : un manoir plutôt, dont le corps central se flanquait d'une grosse tour et d'une tourelle. Mais la table, tendue de soie damassée et dressée devant un feu bien flambant, était somptueusement servie dans des couverts de vermeil, car, pour rien au monde, même pour ces noces sans éclat, le Grand Argentier n'eût voulu manquer à sa réputation de faste et d'élégance.

1 ... 51 52 53 54 55 56 57 58 59 ... 89
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)