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Seigneur de lumière [Lord of Light - fr]

Электронная книга - «Seigneur de lumière [Lord of Light - fr]». Краткое содержание книги:

Ils ont découvert le secret de l'immortalité, mais ils le gardent jalousement pour eux et tiennent le peuple dans un Moyen Age éhonté.
Le fanatisme religieux remplace la connaissance scientifique. Mais si vous voulez joindre les « dieux », utilisez le téléphone automatique, c'est tout de même plus pratique.
Mais attention, un homme va se révolter et partir en guerre contre ces « dieux » immortels et fanatiques…
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Ses restes, suivis d’une procession, furent emportés jusqu’au bûcher du Bout du Monde. On les posa sur les bois odorants, on les brûla en psalmodiant les chants rituels. Agni avait soulevé un instant ses grosses lunettes, regardé fixement le bûcher, et les flammes en avait jailli. Vayû avait levé la main, et une brise était venue attiser le feu. Quant tout avait été fini, Çiva avait envoyé les cendres au-delà du monde d’un mouvement de son trident.

Tout bien considéré, ces funérailles furent parfaites autant qu’impressionnantes.

Comme il y avait longtemps qu’il n’était plus pratiqué au Ciel, le mariage eut encore toute la force de la tradition. La Haute Flèche étincelait, aveuglante, comme une stalagmite de glace. Le sort avait été levé, et les félins fantômes parcouraient les rues de la Cité, de nouveau aveugles, leur fourrure lissée comme par le vent. Et s’ils grimpaient un large escalier, c’était pour eux monter sur une pente rocheuse, les bâtiments étaient des falaises et les statues des arbres. Les vents qui tournaient sous le dôme du Ciel capturaient des chants et les dispersaient à travers le pays. Un feu sacré fut allumé sur la place, au centre de la cité. Des vierges, importées pour l’occasion, le nourrirent de bois aromatique, propre et sec, qui pétillait et brûlait en donnant très peu de fumée, à part quelques bouffées du blanc le plus pur. Sûrya, le soleil, brillait avec un tel éclat que le jour vibrait de clarté. Le fiancé, escorté par un grand cortège d’amis et de suivants tous habillés de rouge, traversa la ville jusqu’au pavillon de Kâli, où tous furent introduits par les serviteurs de la déesse et conduits dans une grande salle de banquets. Là, Kubera fit fonction d’hôte. Il fit asseoir la suite de Yama, vêtue d’écarlate – Ils étaient trois cents – sur des chaises noir et rouge, tout autour de longues tables d’ébène incrusté d’os. Dans la grande salle on leur donna à boire le madhuparka, fait de miel, de lait caillé et de poudres psychédéliques. Ils burent en la compagnie de la suite vêtue de bleu de la fiancée, qui entra dans la pièce en portant des coupes. La suite de la fiancée comptait aussi trois cents personnes. Quand tous furent assis et eurent bu du madhuparka, Kubera se mit à parler, fit des plaisanteries assez libres, parsemant son discours de sages conseils pratiques et de citations des écritures anciennes. La suite du fiancé partit alors pour le pavillon de la Place, et celle de la fiancée s’y rendit aussi mais par un autre chemin. Yama et Kâli entrèrent dans le pavillon séparément, et s’assirent de chaque côté d’un petit rideau. On entonna beaucoup de chants antiques puis Kubera tira le rideau et permit aux deux futurs époux de se regarder pour la première fois de la journée. Kubera prit de nouveau la parole, donna Kâli à Yama pour qu’en retour il lui promette bonté, richesse et plaisir. Yama prit alors la main de Kâli, celle-ci jeta une offrande de grain dans le feu dont Yama lui fit faire le tour ; leurs vêtements avaient été liés ensemble par une des suivantes de Kâli. Après quoi la déesse marcha sur une meule et les deux époux firent sept pas ensemble, Kâli posant chaque fois le pied sur un petit tas de riz. On fit alors descendre du ciel une pluie légère pendant le temps de quelques battements de cœur, pour sanctifier l’occasion par la bénédiction de l’eau. Les suites et les invités se formèrent alors en un seul cortège et traversèrent la ville dans la direction du sombre pavillon de Yama, où l’on festoya, et où après diverses réjouissances, on présenta le Masque du Sang.

Quand Sam avait affronté le dernier tigre, la bête avait lentement incliné la tête, sachant enfin ce qu’elle chassait. Il n’y avait plus aucun abri où courir se réfugier, aussi Sam resta-t-il immobile, attendant la fin. Le félin prit son temps. Une horde de démons avait tenté de descendre sur la ville, mais le pouvoir du sort jeté par Mara les en avait empêchés. On avait vu pleurer la déesse Ratri, et son nom fut mis sur la liste. Tak l’Archiviste fut incarcéré pour un temps dans un cachot sous le Ciel. On entendit Yama murmurer : « La Vie ne s’est pas levée pour le défendre », comme s’il s’était presque attendu qu’elle le fît.

Tout bien considéré, cette mort fut parfaite autant qu’impressionnante.

Les réceptions pour le mariage durèrent sept jours, et Mara tissa rêve après rêve autour des joyeux invités. Il les transporta comme sur un tapis volant à travers les pays de l’illusion, éleva des palais de fumée colorée sur des colonnes d’eau et de feu, fit glisser les bancs sur lesquels ils étaient assis le long de canyons faits d’une poussière d’étoiles, affola leurs sens avec le corail et la myrrhe, leur donna tous leurs Aspects, en lesquels il les tint, tournant autour des archétypes sur lesquels ils avaient fondé leurs pouvoirs, tandis que Çiva dansait dans un cimetière la danse de la Destruction et la danse du Temps, célébrant la légende de sa destruction des trois villes volantes des Titans. Krishna le Noir dansa la danse du Lutteur, pour commémorer sa victoire sur le démon noir Bâna, tandis que Lakshmi dansait la danse de la Statue. On poussa même Vichnou à faire les pas de la danse de l’Amphore, tandis que Murugan, dans son nouveau corps, riait du monde vêtu de tous ses océans, et dansait sur ces eaux comme sur une scène cette danse triomphale inventée après le meurtre de Shura, qui s’était réfugié dans les profondeurs de la mer. Quand Mara faisait un geste, tout devenait magie, couleur, musique et vin. Il y eut la poésie et le jeu. Des chants et des rires. Il y eut aussi des jeux d’adresse, de prodigieuses luttes où s’affrontaient la force et l’habileté. Il fallut la vigueur, la vitalité, la résistance des dieux pour supporter ces sept jours de plaisirs.

Tout bien considéré, ce mariage fut parfait autant qu’impressionnant.

Quand tout fut terminé, les époux quittèrent le Ciel pour errer un temps à travers le monde, aller prendre leur plaisir en bien des pays. Ils n’annoncèrent point l’heure ni le lieu ni l’ordre de leurs visitations ; il fallait s’y attendre, leurs frères les autres dieux étant ce qu’ils étaient, de célestes amateurs de farces et de mauvais tours.

Après leur départ, il y eut encore quelques réjouissances. Rudra, qui avait avalé une quantité extraordinaire de soma, grimpa sur une table et commença un discours sur la nouvelle épousée, qui eût certainement offensé Yama, s’il eût été présent. Agni, donc, gifla Rudra, qui le provoqua immédiatement en duel, à travers le Ciel.

Agni fut transporté au sommet d’une montagne de l’autre côté de Kaniburrha, et Rudra se posta près du Bout du Monde. Le signal donné, Rudra envoya une flèche à tête chercheuse qui siffla à travers les airs pendant des kilomètres, en se dirigeant vers son adversaire. Agni la détecta cependant à vingt kilomètres et la brûla en plein ciel de son Feu Universel ; puis il utilisa la même énergie sous forme d’aiguille de feu, laquelle atteignit Rudra et le réduisit en cendres, perçant le dôme derrière lui. Ainsi fut vengé l’honneur des Lokapalas. Dans les rangs des demi-dieux, on trouva un nouveau Rudra, pour l’élever à la place de l’ancien.

Un raja et deux grands prêtres moururent empoisonnés, de la manière la plus colorée, et l’on dressa des bûchers pour recevoir leurs dépouilles bleuâtres. Krishna revêtit son Aspect et joua une musique après laquelle nulle autre n’existe et Gari la Belle se radoucit et vint de nouveau à lui, attendrie, quand il eut fini de jouer. Sarasvatî dans toute sa gloire dansa la danse des Délices, puis Mara recréa la fuite d’Helba et du Bouddha à travers la ville. Ce dernier rêve troubla bien des gens, cependant, et l’on ajouta de nouveaux noms à la liste. Un démon osa alors pénétrer au milieu d’eux, avec le corps d’un jeune homme et une tête de tigre et il attaqua Agni avec la plus grande violence. Il fut repoussé par les pouvoirs unis de Ratri et de Vichnou mais réussit à s’échapper dans l’incorporalité avant qu’Agni pût utiliser contre lui sa baguette magique.

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