Le roman des châteaux de France. Tome 1
- Автор: Бенцони Жюльетта
- Серия: Любовь и замки #1
- Язык: французский
- Жанр: Исторические любовные романы
Электронная книга - «Le roman des châteaux de France. Tome 1». Краткое содержание книги:
Juliette Benzoni nous conte près de soixante-quinze des plus symboliques d'entre eux ; de Josselin à Saverne en passant par Amboise, Bellême, Blaye, Bonneval, Castries, Chambord, Château-Gaillard, Compiègne, Lunéville, Pau, Polignac, Vaux-le-Vicomte ou Uzès.
Ces hauts lieux sont tous le décor de la vie d'un personnage exceptionnel, d'une aventure incroyable, d'un événement historique de premier plan.
Pour les châteaux ouverts au public, le lecteur trouvera à la fin de chaque texte les périodes et horaires d'ouverture.
Elle s’appelle Clarisse de La Haye, née à Saint-Domingue où son père avait des intérêts. Sa mère est morte là-bas et son père est revenu en 1801, au moment de la grande révolte des Noirs, ramenant ses enfants, sa belle-sœur qu’il épousera d’ailleurs peu après et une servante noire nommée Vénus. La famille s’installe à Argentan, puis au Mans où mourra le marquis, enfin à Caen…
On ne sait où ni dans quelles circonstances Nez-de-Cuir – c’est le nom que toute la province lui a donné – rencontre Clarisse, mais on sait que tout de suite ils se sont aimés et qu’elle ne lui a pas résisté très longtemps.
Qu’il soit profondément amoureux, cela ne fait pas de doute. On possède certaines de ses lettres :
« Je pars pour le Chamblac afin de revenir plus tôt vers toi, ne me trouvant heureux qu’avec toi, sois-en bien persuadée ma chère Clarisse. Compte sur moi, aime-moi un peu, laisse-moi t’aimer à l’adoration et mon sort sera celui d’un homme heureux. À toi pour la vie, mon ange, toujours à toi, rien qu’à toi ; voilà ma devise… »
« Adieu tout ce que j’aime, ma vie, toutes mes affections comme toute ma consolation ! Partage un peu le bonheur que j’éprouve à t’assurer que la mort seule pourra me séparer de ma Clarisse. Compte sur ton Achille. Il t’aime et t’embrasse et est à toi pour la vie et veut vivre et mourir pour sa Clarisse… »
À tant s’aimer, il arrive ce qui doit arriver. Vers la fin de l’année 1818, Clarisse constate qu’elle attend un enfant. Naturellement, Mme de La Haye, qui est à la fois sa tante et sa belle-mère, fait savoir à La Genevraye qu’elle attend de lui une demande en mariage en bonne et due forme. Une demande que, d’ailleurs, elle va recevoir mais qui n’aboutira pas, en dépit de l’amour sincère et profond qu’Achille porte à Clarisse.
Plusieurs fois, déjà, il a connu ce genre de situation, mais jamais jusqu’à présent son cœur ne s’y trouvait intéressé. Il souhaite épouser celle qu’il aime et vivre auprès d’elle tout le reste de sa vie, et, cependant, il va se récuser ; et les questions viennent d’elles-mêmes…
Que craint-il au juste ? Les jours à venir, quand la flambée de passion s’éteindra pour laisser place à la tendresse quotidienne ? La peur d’une pitié dont il ne veut pas et qu’une cohabitation constante ne pourra que révéler ? Ou encore la peur de ne pas réussir à garder le vœu de fidélité ? Il aime les femmes comme il aime la chasse et les saines nourritures que son corps réclame. Et puis il y a ce masque, qui lui ajoute sans doute une auréole tant qu’il est jeune. Mais après ?
On dit que c’est du silence de la Trappe qu’il ira prendre conseil, mais il n’en reviendra que plus assuré dans son refus. Jamais il ne se mariera. Pourtant, cet enfant à naître, il le reconnaîtra hautement pour son fils et son héritier…
Le 2 juillet 1819 naît Louis-Victor-Achille Périer de La Genevraye. Clarisse viendra s’installer à Argentan, plus près de La Genevraye, mais la jeune femme est cruellement frappée par les étranges réactions de celui qu’elle aime. Et puis le goût de vivre ne l’habite plus. Le 17 janvier 1823, elle meurt, laissant l’enfant aux soins de son père.
Celui-ci tentera de reprendre la vie d’autrefois, mais sans y parvenir réellement. L’ombre de la morte est plus forte que la vivante. Pour se désennuyer il poursuit une carrière politique. Maire de La Genevraye, conseiller d’arrondissement, il sera, en 1827, conseiller général de l’Orne mais se retirera quand viendra la révolution de 1830. Ce monarchiste ne veut pas servir le fils de Philippe Égalité, le régicide.
Il se retire alors dans une solitude hautaine pour s’adonner à sa seule passion, les chevaux. Il collabore à l’installation du fameux haras du Pin et créera à Sées une grande école de dressage, tout en poursuivant, dans les écuries de La Genevraye, un élevage qui est l’un des meilleurs de cette terre vouée au cheval.
En 1852, il sera une fois encore élu conseiller général de l’Orne pour le canton du Merlerault. Mais la fin est proche et, le 30 juillet 1853, Nez-de-Cuir s’éteint, enfin apaisé, dans le château blanc qui regarde les écuries…
Trois ans plus tard, son fils, au château de Rabodanges, épouse Alice Debüs d’Holbecke dont il n’aura qu’une fille. Le château appartient à présent au comte de Gacé et n’est pas ouvert à la visite.
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Dans les grandes choses les hommes se montrent comme il convient de se montrer ; dans les petites ils se montrent comme ils sont.