Les Confessions de l'Ange Noir
- Автор: Дар Фредерик
- Год: 2017
- Язык: французский
- Год: Fleuve éditions
- ISBN: 978-2265116986
- Жанр: Крутые детективы
Электронная книга - «Les Confessions de l'Ange Noir». Краткое содержание книги:
Ça va plus vite, et ça impressionne davantage. »
Elles ne recèlent absolument rien d’intéressant. Son sac à main contient deux mille dollars (je les rafle au passage) et des bricoles de gonzesse…
— Elle avait un sac en peau de porc, je dis à Carolina, qu’est-il devenu ?
— Il a dû rester dans la voiture…
Nous allons voir… Il s’y trouve en effet, nous l’ouvrons. Je suis plus fébrile qu’à l’ordinaire…
Le sac ne contient qu’un volumineux livre de cuisine…
Chapitre XIV
— Faisons une mise au point, dis-je à Carolina… Nous nous trouvons à la tête d’un cadavre de jeune femme, d’un gosse mystérieux et d’un livre de cuisine…. Nous n’avons pas perdu notre temps !
Je ricane et, pour atténuer ma déception je me pousse sous le nez un flacon de whisky de feu Rémus…
— Et pour en arriver là, je renchéris, quelle hécatombe ! Sans parler de ma main amochée…
Je tète la dernière larme de la bouteille et je la balance dans une glace de Venise qui me renvoyait ma mine déconfite.
Elle ne me fait aucun reproche, ce qui est heureux pour elle, because, dans l’état de nervosité où je suis, je lui aurais fait manger son slip.
Je me lève.
— J’ai failli réussir, dis-je. J’ai eu cent dix mille papiers dans cette poche !
Et alors une vache aurore boréale pointe sous mon chapiteau.
— Après tout, il me reste le Marrow…
Maintenant que je lui ai démoli sa vieille garde, je vais peut-être pouvoir le manœuvrer un peu, c’est affreux, d’autant qu’il a une façon de me considérer qui me déplaît souverainement.
— Cette fois, Carolina, va falloir que ça pète ou que ça casse !
— Qu’allez-vous faire ?
— Je vais m’occuper de Marrow. Toi, tu vas gaffer le lardon. Surtout, qu’il ne se fasse pas la paire ! Je te laisse aussi le cadavre et le livre de cuisine. Sur le bouquin tu trouveras peut-être une recette pour accommoder les cadavres de femmes blondes…
Elle ne goûte pas beaucoup la plaisanterie et fait la grimace.
— J’ai peur, murmure-t-elle.
— Peur de quoi ?
— Peur pour toi !
Voilà que, sans savoir comment ça s’est fait, j’ai sa langue dans ma bouche. S’il y a une souris qui m’a à la chouette, c’est bien ma Carolinette. En voilà une qui grimperait contre les murs pour ma pomme, maintenant.
Faut dire qu’il y a comme ça, sous le grand ciel du bon Dieu, une chiée de grognasses qui deviennent toutes choses en pensant à l’Ange Noir…
Chez Pills, c’est un hôtel particulier vachement rupin dans le quartier des légumes.
Je sonne carrément à la grille. Un maître d’hôtel, qui doit dater de la guerre de Sécession, m’ouvre et me regarde comme si j’étais un colombin oublié par le balayeur.
— M. Marrow est-il ici ?
Il élude ma question, mais je décide que sa réponse contient une affirmation.
— C’est à quel sujet ? demande-t-il…
— Dites-lui que c’est de la part de son copain O’Massett. Et maniez-vous, ça fera du bien à vos rhumatismes !
Visiblement, mes façons ne l’enchantent guère. Il me désigne un canapé du hall, grand comme un terrain de base-ball, et s’éclipse, raide comme un dindon.
Il ne tarde pas à revenir.
— Ces messieurs vous attendent !
Je le suis. J’ai mon pétard dans ma poche et du soleil plein le cœur. Je vais lui en boucher une surface, au Marrow…
Le larbin me fait entrer dans une vaste pièce qui, si elle n’est pas un hangar d’avion, doit être un bureau. Il y a quatre types icigo, dont Marrow.
Lorsque j’entre, Marrow ouvre une bouche tellement grande qu’on pourrait y faire passer un ferry-boat !
— Vous ! Vous ! balbutie-t-il.
— Oui, papa. Moi, moi ! Le retour de Zorro, si tu préfères… Tout locdu que je suis, tu vois que je ne me défends pas trop mal…
— Qu’est-ce que cela veut dire ? demande l’un des assistants, une espèce de vieux schnock qui a une belle salle à manger démontable, ce qui le fait un tantinet zozoter…
— Qui est cet homme ? questionne un autre…
Le quatrième ne dit rien, mais il fronce tellement les sourcils qu’on ne lui voit plus les châsses.
Marrow murmure :
— C’est l’Ange Noir.
Vous parlez d’une réaction, mes aïeux !
Tous sursautent comme s’ils venaient de s’asseoir par mégarde sur un brasero.
Je tire mon feu. C’est une manie, voyez-vous, dont je ne parviendrai jamais à me débarrasser.
Quand je joue à l’archange Gabriel, faut toujours que j’exécute mon numéro de cirque.
Je vise le fil téléphonique qui pend du bureau et, croyez-moi ou ne me croyez pas, je m’en tamponne, mais ma balle le sectionne net !
Le vieux larbin s’annonce à tout berzingue. Il ouvre la lourde en criant : « Qu’est-ce qui se passe ? »
Je le chope par son revers, je le propulse dans la pièce et je referme la porte.
— Messieurs, dis-je, j’aime bien m’exprimer sans que subsiste la moindre équivoque. Je vous ai donné un petit échantillon de mon adresse, en voici un maintenant de ma brutalité.
Je lève mon feu et je braque une pastille dans la tronche de méduse du larbin. Quand je vous disais que le pétard d’O’Massett faisait du dégât ! Sa trompette éclate littéralement. Y a des morcifs de cervelle collés au plaftard, du sang sur les fringues des bonshommes et, sur le tapis, au milieu d’une mare de sang, on aperçoit le râtelier du maître d’hôtel.
Les gonzes sont blancs comme des merdes de laitiers. Les plus vioques tremblent tellement que si on leur cloquait une clochette dans les paluches, on aurait l’illusion de se baguenauder dans les pacages du Haut-Tyrol.
— Avis aux amateurs ! je lance. C’est mon indicatif. Marrow, je vais m’adresser à vous puisque nous nous connaissons déjà. Je vais vous bonnir ce que vous ne lirez pas encore dans votre journal habituel.
J’ai scrapé O’Massett. Il est mort d’un tisonnier rougi dans l’œil. J’ai buté aussi les deux zouaves qui jouaient les caïds, lorsque vous avez téléphoné à O’Massett, je venais juste de terminer l’hécatombe maison ; c’est moi qui ai pris la communication, et, malgré que je ne sois qu’un pauvre tueur de patronage ou de périphérie, je vous ai possédé jusqu’à la moelle épinière incluse. Je suis allé attendre l’avion de Las Vegas et j’ai réceptionné Ferna.
Ils sursautent tous.
Je poursuis :
— J’ai emmené en lieu sûr Ferna, le môme Adlaï et… le reste.
Là, c’est une phrase au bidon. Je ne sais pas s’il y a un reste, mais il faut toujours donner aux mecs qu’on est en train d’arnaquer l’impression qu’on en sait plus long qu’en vérité.
— J’ai posé une colle à la belle Ferna, mais c’est une souris qui a horreur des questions. Quand on la contrarie, elle s’alimente à la strychnine… Bref, elle est morte à cette heure comme une tranche de thon à l’huile. Je ne puis donc vous proposer que le reste…
Je les regarde.
— Seulement, ce sera cher… Très cher. Ça va vous coûter deux cent cinquante sacs à chacun.
Je demande à Marrow :
— D’accord ?
Il regarde les autres. Tous ont un imperceptible signe d’acquiescement.
— D’accord, fait-il.
— Parfait. Voilà comment on va manœuvrer. Vous allez mandater l’un de vous pour aller récolter le pognon. Je garde les trois autres comme otages. Si celui qui sort joue au con, je continue le casse-pipe. Vu ?