Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Триллеры » N'éteins pas la lumière
N'éteins pas la lumière - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

N'éteins pas la lumière

Электронная книга - «N'éteins pas la lumière». Краткое содержание книги:

« Tu l’as laissée mourir… »
1 ... 50 51 52 53 54 55 56 57 58 ... 143
Перейти на страницу:

Christine se sentit soulevée par une brusque et paradoxale allégresse : l’idée était tellement absurde qu’ils ne pouvaient pas l’avoir envisagée. Restait un problème de taille — convaincre la personne en question.

Elle alla à la fenêtre de sa chambre et le regarda, assis sur son bout de trottoir, au milieu de ses cartons et des sacs-poubelle qui contenaient toutes ses affaires personnelles.

Il tournait la tête à droite et à gauche, balayant la rue de son regard perçant. La personne idéale… Leurs conversations lui revinrent en mémoire. Il lui avait toujours paru lucide, calme, sensé et l’esprit étonnamment vif malgré sa situation.

Dans ce cas, tu peux me dire ce qu’il fout dans la rue ? demanda la petite voix intérieure qui aimait à la contredire.

La ferme

Christine le vit remercier en souriant une passante qui venait de déposer une pièce dans son gobelet et la suivre des yeux. Elle se détourna de la fenêtre. D’abord se réveiller. Les molécules flottaient encore à faible dilution dans ses veines ; elle avait la sensation qu’une armée de fourmis transformait son cerveau en fourmilière à dôme.

La douche presque glacée lui fouetta les sangs. Elle avala un café très fort, s’habilla en vitesse. Quand elle émergea dans la rue, elle se sentait étrangement remontée. Elle le salua depuis le trottoir d’en face et il lui rendit son salut. Elle fila vers le DAB le plus proche, place des Carmes. En arrivant devant l’appareil, Christine fit un rapide calcul. Le plafond de retrait maximal autorisé pour sa carte de crédit était de trois mille euros pour une période de trente jours ; deux mille avaient déjà été retirés la veille par ses tourmenteurs et elle connut un instant d’appréhension en glissant sa carte dans la fente. En avaient-ils retiré plus ? Allait-elle être privée de carte bancaire ? Rien de tout cela ne se passa et elle regarda avec soulagement la liasse de billets crachée par l’appareil. Elle s’arrêta ensuite à la boulangerie pour acheter deux croissants — et la boulangère la foudroya du regard quand elle la paya avec un billet de cinquante euros. De retour à l’appartement, elle attrapa un bloc-notes, un stylo, rédigea un mot avant de le plier et de le glisser dans sa poche. Pendant un bref moment, elle se demanda si elle ne nageait pas en plein délire. Elle décida que non, fit couler un café noir dans un gobelet Tupperware et mit les croissants dans le micro-ondes. Elle replaça le couvercle en plastique sur le pot de café, les croissants chauds dans le sac en papier et reprit le chemin de l’ascenseur.

— Tenez, c’est pour vous, déclara-t-elle dans la rue, en lui tendant le tout deux minutes plus tard.

Elle vit son sourire s’agrandir dans sa barbe poivre et sel. Des dents jaunes et de travers apparurent au milieu de sa face burinée, ainsi que plusieurs chicots en métal qui brillaient au coin de sa bouche.

— Eh bien ! Je suis gâté. Un vrai petit déjeuner…

Le ton disait, cependant, son étonnement.

— C’est quoi votre prénom ? voulut-elle savoir.

Il lui décocha un regard surpris et prudent.

— Max…

— Max, dit-elle en glissant le papier plié à l’intérieur d’un billet de vingt euros dans la poche de son manteau, je peux vous aider… J’ai mis un papier dans votre poche. Faites en sorte que personne ne vous voie le lire. C’est très important.

Cette fois, le coup d’œil fut plus circonspect qu’étonné. Il hocha la tête sans sourire et elle sentit son regard peser sur son dos pendant tout le temps qu’elle mit à retraverser la rue en direction de son immeuble. Une fois chez elle, elle se dirigea vers la fenêtre de sa chambre. Il avait déjà les yeux levés vers sa fenêtre ; il savait parfaitement où elle habitait. Même à cette distance, elle lut la perplexité dans ses prunelles. Il éleva lentement le gobelet, comme pour porter un toast. Sans la lâcher des yeux. Et sans sourire. Au bout d’un moment seulement, le café terminé et les croissants avalés, il se coucha et disparut sous son carton et sa couverture.

Christine se souvenait de chaque mot qu’elle avait écrit :

Le code de l’immeuble est 1945. Il y a une autre entrée sur la rue de derrière. Attendez une heure. Ensuite, entrez par-derrière et montez au troisième étage. Porte gauche. J’ai du travail pour vous. Ayez confiance : ça n’a rien d’illégal, malgré les apparences.

Ce ne fut qu’en ressortant de la chambre qu’elle prit conscience de son appréhension. Était-il raisonnable d’inviter quelqu’un comme lui chez elle ? Que savait-elle de lui au fond ? Absolument rien. Il pouvait être un repris de justice, un drogué en manque, un voleur, un violeur…

Trop tard. Elle lui avait donné le code.

Elle pouvait toujours refuser de lui ouvrir, cela dit. Elle alla à la porte et vérifia que le verrou était tiré. Retourna dans la chambre. Il avait repris sa position assise et avait de nouveau le regard fixé sur sa fenêtre. Et sur elle. Il ne fit aucun signe pour lui faire comprendre s’il acceptait — ou refusait. Il resta simplement à l’observer d’en bas, le visage levé, impénétrable. Elle fut tout à coup très mal à l’aise : il devait la prendre pour une folle.

Qu’est-ce que ça sera quand tu lui auras expliqué ce que tu attends de lui

Elle revint toutes les cinq minutes à la fenêtre, de plus en plus impatiente, mais il ne bougeait toujours pas. Au bout d’une heure environ, elle s’en approcha une nouvelle fois et se figea. Le trottoir était vide : il avait quitté son poste. Quand la sonnette déchira le silence de l’appartement, elle se raidit. Il agissait pourtant comme elle lui avait dit de le faire.

Oh, Seigneur, tu es complètement dingue…

Elle inspira un bon coup. Parcourut la distance qui la séparait de la porte, tira le verrou et ouvrit.

18.

Vérisme

Sa première pensée fut qu’il était très grand. Un bon mètre quatre-vingt-dix. Et très maigre. Il encombrait le seuil de son quasi-double mètre en se tenant un peu voûté, semblable à un doux géant dans un conte pour enfants — et elle se demanda si elle ne faisait pas une bêtise.

Parce que tu crois qu’un petit serait moins dangereux ?

— Je reste là si vous voulez, dit-il avec un grand sourire ironique en devinant son hésitation. Je peux aussi me déchausser — mais je vous le déconseille.

Sa voix apaisante, tranquille ; elle se sentit ridicule.

— Non, non, entrez.

Elle s’effaça et il passa devant elle. L’odeur parvint alors à ses narines : un mélange de sueur aigre, de crasse, de pieds sales et le relent douceâtre mais insistant, en arrière-plan, de l’alcool qui suinte par tous les pores de la peau même quand on n’a pas bu depuis des heures. Peut-être que, dans la rue, il empestait moins que certains de ses condisciples, mais ici, dans l’espace clos de l’appartement, sa puanteur l’enveloppait comme un nuage d’acétone. Elle ne put s’empêcher de se réjouir de ne pas avoir cinq nez, comme la fourmi. Elle fronça le seul et unique qu’elle possédait et lui montra la direction du séjour en se tenant à distance. Tandis qu’il s’avançait tranquillement dans la pièce, elle considéra les gros souliers usés et crottés en train de fouler son plancher.

— Un café ? lui demanda-t-elle.

1 ... 50 51 52 53 54 55 56 57 58 ... 143
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)