La fille de Brooklyn
- Автор: Musso Guillaume
- Год: 2016
- Язык: французский
- Год: Éditions XO
- ISBN: 978-2845638082
- Жанр: Триллеры
Электронная книга - «La fille de Brooklyn». Краткое содержание книги:
L'horizon scintillait. C'est là qu'Anna m'a demandé :
« Si j'avais commis le pire,
m'aimerais-tu malgré tout ? »
Vous auriez répondu quoi, vous ?
Anna était la femme de ma vie. Nous devions nous marier dans trois semaines. Bien sûr que je l'aimerais quoi qu'elle ait pu faire.
Du moins, c'est ce que je croyais, mais elle a fouillé dans son sac d'une main fébrile, et m'a tendu une photo.
— C'est moi qui ai fait ça.
Abasourdi, j'ai contemplé son secret et j'ai su que nos vies venaient de basculer pour toujours.
Sous le choc, je me suis levé et je suis parti sans un mot.
Lorsque je suis revenu, il était trop tard : Anna avait disparu.
Et depuis, je la cherche.
Intense et captivant, un cold case aussi addictif
qu'une grande série télé.
Intrigue diabolique, personnages uniques et attachants, suspense de tous les instants : avec La fille de Brooklyn , Guillaume Musso signe l'un de ses romans les plus ambitieux et les plus réussis.
Long silence. May soupira et revint s’asseoir en face de moi. À voir son visage défait, je devinai que le plus pénible restait à venir. Certains souvenirs sont comme un cancer : une rémission n’est pas toujours une guérison.
— Un an plus tard, j’avais quitté le Bronx, mais il y a eu d’autres affaires de ce type. Des jeunes femmes violées et torturées avant d’être exécutées. Chaque fois, l’assassin était fiché et nous faisait cadeau de ses traces génétiques. L’enquêteur qui m’avait succédé a trouvé ça un peu trop facile et il avait raison. Le diable qui se cachait derrière ces monstruosités s’appelait André de Valatte.
— Je n’en ai jamais entendu parler.
— Les criminologues et la presse l’ont surnommé « le voleur d’ADN ». C’était un infirmier canadien qui travaillait dans une structure médicale dans laquelle étaient suivis des délinquants sexuels. Notamment ceux dont il collectait méthodiquement les traces génétiques afin de les déposer sur les lieux des crimes qu’il perpétrait. André de Valatte est un tueur en série unique en son genre. Ses véritables victimes, ce n’étaient pas seulement les malheureuses jeunes femmes qu’il tuait, mais aussi les hommes qu’il faisait accuser à sa place et dont il brisait la vie. C’était ça son vrai trip.
J’étais scotché par le récit de l’ancienne flic. Cette histoire était digne d’un scénario de polar, mais je ne voyais pas en quoi elle avait un rapport avec l’assassinat de Joyce.
— C’est à cause de moi qu’Eugene s’est suicidé, se lamenta l’Asiatique. ça fait douze ans que j’ai sa mort sur la conscience et il m’est insupportable de savoir que je suis tombée dans le piège tendu par Valatte.
— Qu’est-ce que vous essayez de me dire, May ?
— Que l’ADN est la meilleure et la pire des choses. Et que, contrairement à ce que l’on croit, ce n’est pas une preuve en soi.
— En quoi cela concerne-t-il Joyce ?
— Il y avait une trace d’ADN sur la scène de crime, m’avoua-t-elle en accrochant mon regard. Un instant, le temps se figea. Nous y étions enfin.
— Une trace autre que celle de Joyce ou de ses sœurs ?
— Oui.
— Une trace de qui alors ?
— Je ne sais pas.
— Comment ça, vous ne savez pas ? Pourquoi vous ne l’avez pas exploitée à l’époque ?
— Parce que je sortais tout juste de l’affaire Valatte. J’étais dans une position fragile et aucun tribunal ne m’aurait suivie sur cette unique preuve.
— Pourquoi ?
Quelque chose m’échappait. May Soo-yun louvoyait et ne me disait pas tout.
— Pour le comprendre, il faudrait que vous lisiez vous-même le dossier complet de l’enquête.
— Comment puis-je l’obtenir ?
— Vous ne pouvez pas. Et de toute façon, dix ans après, tous les scellés ont été détruits.
— Les scellés peut-être, mais le dossier existe encore quelque part dans les archives du NYPD, n’est-ce pas ?
Elle approuva de la tête.
— Aidez-moi à le récupérer. J’ai lu des articles sur Transparency. Je sais qu’au sein même de la police, y compris parmi de haut gradés, vous avez des indicateurs anonymes qui vous renseignent sur certaines dérives.
Elle secoua la tête.
— Vous ne savez pas ce que vous dites. J’y allai un peu au bluff :
— Des flics qui vous aident parce qu’ils ont honte d’appartenir à une institution en laquelle les citoyens n’ont plus confiance. Une institution brutale et excessive avec les faibles. Une institution qui, pour faire du chiffre, cible toujours les mêmes communautés. Une institution qui a du sang sur les mains, mais qui bénéficie pourtant d’une impunité presque totale. Une institution qui…
Elle interrompit mon anaphore :
— D’accord ! Arrêtez ! Je vais essayer de contacter quelqu’un qui vous trouvera le dossier.
— Merci.
— Ne me remerciez pas et ne vous faites surtout pas une fausse joie. Quand vous comprendrez pourquoi je n’ai rien pu faire à l’époque, vous réaliserez que vous avez perdu votre temps et vous n’en éprouverez que de l’aigreur.
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Florence Gallo