La fille de Brooklyn
- Автор: Musso Guillaume
- Год: 2016
- Язык: французский
- Год: Éditions XO
- ISBN: 978-2845638082
- Жанр: Триллеры
Электронная книга - «La fille de Brooklyn». Краткое содержание книги:
L'horizon scintillait. C'est là qu'Anna m'a demandé :
« Si j'avais commis le pire,
m'aimerais-tu malgré tout ? »
Vous auriez répondu quoi, vous ?
Anna était la femme de ma vie. Nous devions nous marier dans trois semaines. Bien sûr que je l'aimerais quoi qu'elle ait pu faire.
Du moins, c'est ce que je croyais, mais elle a fouillé dans son sac d'une main fébrile, et m'a tendu une photo.
— C'est moi qui ai fait ça.
Abasourdi, j'ai contemplé son secret et j'ai su que nos vies venaient de basculer pour toujours.
Sous le choc, je me suis levé et je suis parti sans un mot.
Lorsque je suis revenu, il était trop tard : Anna avait disparu.
Et depuis, je la cherche.
Intense et captivant, un cold case aussi addictif
qu'une grande série télé.
Intrigue diabolique, personnages uniques et attachants, suspense de tous les instants : avec La fille de Brooklyn , Guillaume Musso signe l'un de ses romans les plus ambitieux et les plus réussis.
— Un samedi après-midi ? Tu rigoles ! On est aux États-Unis, pas en France. Ils n’ont pas attendu la loi Macron pour ouvrir leurs magasins le week-end !
— Mouais.
Je n’étais toujours pas convaincu, mais Caradec n’en démordait pas.
Alors que je fixais le plan déplié sur le comptoir, une confidence que m’avait faite Angela Carlyle me revint en mémoire. Ce fameux week-end, avec Gladys, elles étaient en déplacement à Philadelphie pour rendre visite à leur mère. Donc leur maison était vide. Un frisson d’excitation me parcourut l’échine.
— J’ai trouvé ! annonçai-je à Marc.
Devant son air étonné, je développai mon propos : pour une raison que j’ignorais encore, Joyce avait préféré recevoir son visiteur chez ses sœurs plutôt que chez elle, mais elle n’avait pas jugé utile d’en informer Florence. Cela expliquait tout : qu’elle soit en apparence allée acheter de la vodka si loin et surtout que les flics n’aient rien trouvé de suspect chez Joyce. Tout simplement parce que la journaliste leur avait donné sans le savoir une adresse erronée !
Emporté par mon exaltation, j’eus un mouvement brusque et renversai mon verre sur le comptoir.
— Quel maladroit je fais !
Le pied du verre s’était brisé sous le choc. L’alcool avait éclaboussé mes vêtements, dessinant une tache au milieu de la chemise.
J’humectai une serviette, mais j’empestais le sancerre.
— Je reviens, dis-je en descendant de mon tabouret.
Je traversai la salle pour aller jusqu’aux toilettes, mais, comme elles étaient occupées, je patientai devant la porte. À ce moment-là, mon téléphone sonna. C’était Marieke. Elle m’appelait, affolée, parce que Théo s’était fait une bosse en tombant.
— Je préfère vous prévenir ! lança-t-elle en me refilant la patate chaude.
En arrière-fond, j’entendais geindre Théo. Je demandai à lui parler et, en quelques secondes, je compris que le petit homme n’avait rien de grave.
— Comédien, va !
Ce Machiavel des bacs à sable tentait seulement une gentille manœuvre pour se faire plaindre et voler des bisous à sa nounou. Déjà, la douleur était oubliée, et tandis que Théo me racontait par le menu ce qu’il avait mangé, j’observais de loin Caradec. Il fallait reconnaître au flic cette qualité : il avait le pouvoir d’inspirer confiance aux gens. À cet instant, comme s’il était pote avec lui depuis toujours, il discutait gaiement avec notre voisin de table, un étudiant en art portant d’épaisses lunettes en écaille qui avait crayonné sur son carnet pendant tout son repas. Je plissai les yeux. Marc venait de lui emprunter son téléphone. Il m’avait prévenu que son vieux Nokia ne fonctionnait pas aux États-Unis. Le flic n’appelait personne. Il surfait sur Internet. Pour chercher quoi ?
La porte des toilettes s’ouvrit. Je m’y engouffrai et essayai de réparer les dégâts à coups de savon liquide, d’eau tiède et d’air chaud pulsé par le séchoir électrique. Lorsque je ressortis, je sentais le vétiver de Java et j’avais un peu moins l’air d’un ivrogne imbibé de vinasse.
Mais Marc n’était plus assis au comptoir.
— Où est l’homme qui m’accompagnait ? demandai-je à l’étudiant.
— Je ne savais pas que vous étiez en couple.
Petit con, va !
— Où est-il ?
— Il vient de partir, répondit le binoclard.
— Quoi ?
Le jeune désigna la grande baie vitrée de l’Oyster Bar. J’étais sidéré.
— Il a laissé ça pour vous, me dit l’autre en enfilant son blouson.
Il remonta sa fermeture Éclair et me tendit notre plan de New York au dos duquel Caradec avait griffonné quelques phrases d’une écriture compacte :
Raph,
Pardonne-moi de t’abandonner, mais je dois vérifier quelque chose. Peut-être absurde. Si c’est un cul-de-sac, autant que j’y aille seul.
Poursuis l’enquête de ton côté. Tu as trouvé ta méthode : enquête comme tu écris. Continue à traquer le fantôme, le Ghost de tous les Carlyle.
Je crois que tu avais raison : toutes les vérités du monde prennent toujours racine sur les terres de l’enfance.
Je te donne des nouvelles dès que j’en ai. Embrasse mon copain Théo pour moi.