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La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville

Электронная книга - «La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville». Краткое содержание книги:

Ce roman épistolaire nous conte l'histoire classique d'une jeune fille, provinciale d'origine modeste, qui monte à Paris. Après avoir profité, sans en abuser, de la bonté d'une amie de la famille, la facilité et la vie dans la grande ville incitent notre héroïne à se faire «entretenir» par un marquis. La maîtresse sera en bons termes avec la marquise puisque son propre frère en est l'amant. Mais ces amours ne durent guère et la déchéance sera grande?
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Le lendemain, les trois frères retournèrent chez le père Servigné, et on passa encore la journée ensemble; si bien qu’on alla voir une autre vigne superbe, et puis de là goûter dans un jardin du faubourg à l’ombre sous les arbres du père Servigné. Georget était bien content de tout ça, outre que Catherine lui revenait tout à fait; et il aurait bien voulu que Bertrand eût été accepté comme lui; mais Edmond les retenait, Catherine et lui, quand ils lui disaient qu’il fallait parler. Voilà comme ça se passa, à cette première visite: car la troisième fête au matin, nos frères partirent pour s’en revenir ici.

À leur arrivée, notre père et notre mère, ainsi que nous tous, qui les attendions avec impatience, nous avons été bien joyeux de les voir. Et Georget nous a dit en entrant: «Bonne nouvelle! et nous venons de voir un digne homme; un homme tout comme notre bon père, et je ne saurais trop dire de bien de lui, et de ses filles, toutes deux sans exception, ainsi que de notre frère, qui nous a fait plus comme à ses enfants, que comme à des frères.» Là-dessus notre père s’est levé, et a dit: «Béni soit Edmond, et que sa bonté envers ses frères le recouvre un jour, s’il fait quelque faute! je vous en prie, mon Dieu!» Et notre bonne mère a dit: «Écoutez bien, mes enfants, la bénédiction de votre père!» Après ça, Bertrand a parlé, comme étant le cadet. Et il a conté comme Edmond les avait endoctrinés sur ce qu’ils devaient faire, leur conseillant les plus petites choses, comme les plus grandes. Et quand il a été question d’Edmée, il a dit à notre bonne mère qu’il ne pouvait bien en faire la louange qu’en disant qu’elle était la plus aimable et revenante fille qu’il eût vue en sa vie; ayant de la façon de sa sœur Ursule, et de Mme Parangon elle-même, sans pourtant leur ressembler. Et qu’il ne pouvait penser comment avait pu faire son frère, pour se délibérer d’un pareil amour en sa faveur, vu que lui en cas pareil ne le pourrait. Georget, lui, a parlé des héritages du père Servigné, et comme il paraissait riche et à son aise, bénissant Edmond qui songeait ainsi à ses frères, et les procurait où ce qu’il fallait qu’ils fussent procurés, puisque des demoiselles ne leur auraient pas convenu, et que pourtant ces deux filles-là étaient aussi riches et aussi gracieuses et spirituelles que des demoiselles.

Quinze jours par après, nos deux frères sont encore allés voir leurs maîtresses. Mais à leur arrivée, il y avait bien du rabat-joie pour le pauvre Bertrand! Un riche monsieur avait demandé Edmée; et le père, qui voyait l’avantage de sa fille, et qui ne savait rien de rien au sujet de Bertrand, l’allait peut-être donner; mais Catherine l’en a empêché, à force de le prier. Edmée elle-même, qui comptait sur Edmond, se désolait, et faisait parler sa sœur, n’osant rien dire que refuser avec timidité. Là-dessus Edmond, à qui nos frères sont venus le dire, a été trouver le père, et a parlé net pour Bertrand. Ce bon et cher homme a vu plus d’agrément pour ses filles à épouser les deux frères, et ce motif seul l’a déterminé au refus du monsieur. Mais dès que le père a eu le secret de l’échange qu’Edmond voulait faire, il l’a bien vite dit à sa fille cadette, qui n’y comprenait rien; il a bien fallu qu’Edmond lui expliquât tout cela; et il l’a fait. Mais quelle peine! avec quelle adresse il a tourné ça! Oh! il a bien de l’esprit! d’après ce que nous ont conté nos frères. Mais, il a pourtant tout arrangé le mieux du monde, et la pauvre Edmée, autant par la crainte de sa sœur, que pour complaire à son père, et parce que Bertrand ressemble à Edmond qu’elle ne peut plus avoir, a consenti à demi.

Mais il faut te dire à présent que ce beau cavalier, qui la demandait, était M. Gaudet; et comme il ne pouvait l’épouser, il est en être qu’il ne voulait que l’ôter à Edmond, à celle fin de lui faire faire un mariage plus sortable au train de vie qu’il faut qu’il mène dans le monde. Edmond a su tout ça de son ami lui-même, et il nous l’a écrit par une lettre qui vaut quasi un sermon, et où il y a tant de choses que je ne sais pas, que je ne me trouve pas partie capable d’en juger.

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