La Nébuleuse d'Andromède
- Автор: Ефремов Иван Антонович
- Язык: французский
- Год: ИЗДАТЕЛЬСТВО ЛИТЕРАТУРЫ НА ИНОСТРАННЫХ ЯЗЫКАХ
- Переводчик: Harold Lusternik
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «La Nébuleuse d'Andromède». Краткое содержание книги:
ИВАН ЕФРЕМОВ
ТУМАННОСТЬ АНДРОМЕДЫ
(НАУЧНО-ФАНТАСТИЧЕСКИЙ РОМАН)
ИЗДАТЕЛЬСТВО ЛИТЕРАТУРЫ НА ИНОСТРАННЫХ ЯЗЫКАХ
МОСКВА
TRADUIT DU RUSSE PAR H. LUSTERNIK
PRESENTATION DE N. GRIСHINE
De hautes montagnes bordaient la mer. Au bas des pentes, des murs en pierre blanche étayaient des remblais couverts de pins parasols et de widdringtonies dont la verdure bronzée et bleuâtre alternait en allées parallèles. Plus haut, les rochers nus présentaient des crevasses sombres, où l’eau des cascades rejaillissait en embruns. Sur les terrasses s’échelonnaient des maisonnettes orange et jaune d’or, à toitures gris-bleu.
Un bas-fond artificiel s’avançait loin dans la mer, terminé par une tour. Cette construction battue par les vagues se dressait au bord du talus côtier qui tombait dans l’océan à un kilomètre de profondeur. Au pied de la tour, descendait à pic un énorme tuyau de béton qui résistait à la pression des abysses. Il s’enfonçait dans une montagne sous-marine composée de rutile — oxyde de titane — presque pur. Tout le traitement du minerai se faisait sous le fond marin. On montait à la surface les lingots de titane pur et les résidus. Les flots jaunes balançaient le glisseur au débarcadère de la tour. Dar Véter profita d’un moment favorable pour sauter sur la plate-forme. De là, il grimpa sur la galerie abritée, où plusieurs personnes au repos étaient venues l’accueillir. Les travailleurs de cette mine qui lui semblait si isolée, n’étaient pas les sombres anachorètes qu’il avait imaginés sous l’effet de sa propre humeur. Des visages affables, quoique un peu las, lui souriaient. Cinq hommes et trois femmes : il y avait aussi du personnel féminin.
Dar Véter s’accoutuma en dix jours à son nouveau travail.
L’exploitation avait son réseau électrique : dans de vieilles mines du continent, se cachaient des générateurs d’énergie nucléaire de type E — on disait autrefois second type — qui ne donnait pas de radiations nuisibles et convenait de ce fait aux installations locales.
Un système très complexe de machines se déplaçait dans les entrailles de la montagne sous-marine et creusait la tendre roche brun-rouge. Le secteur le plus difficile était à l’étage inférieur, où se faisaient l’extraction et le concassage automatiques. On y recevait des signaux du poste central, situé en haut, et qui assurait la surveillance générale des dispositifs de coupe et de morcellement, le contrôle des variations de résistance et de ténacité du minerai, la vérification des tables de lavage. La vitesse de l’extraction et du concassage dépendait de la teneur en métal du minerai. Or, l’exigùité de l’espace protégé contre la mer empêchait de confier tout le soin du réglage aux robots.
Dar Véter était devenu mécanicien du groupe inférieur de machines. Son service quotidien avait lieu dans la pénombre des caveaux pleins de cadrans, où la pompe d’aération luttait à grand-peine contre la chaleur accablante, aggravée par la pression due aux inévitables fuites d’air comprimé.
Leur journée finie, Dar Véter et son jeune aide prenaient le frais sur la terrasse ; après le bain et le repas, chacun regagnait sa chambre dans une maisonnette de la côte. Dar Véter tâchait de se remettre à l’étude des mathématiques cochléaires, mais il s’endormait de plus en plus tôt et ne se réveillait qu’à l’heure de la relève. Il se sentait mieux, d’un mois à l’autre. Son ancien contact avec le Cosmos semblait oublié. Comme tous les mineurs, il avait plaisir à voir démarrer les radeaux chargés de titane. Depuis la réduction des fronts polaires, les tempêtes terrestres avaient nettement faibli et une grande partie du trafic maritime se réalisait au moyen de radeaux remorqués ou automoteurs. Quand le personnel de la mine fut remplacé par un nouveau contingent, Dar Véter prolongea son séjour, avec deux autres enthousiastes des travaux miniers.
Rien n’est éternel en ce monde changeant : la mine marqua un temps d’arrêt pour les réparations courantes des machines d’extraction et de concassage. Dar Véter pénétra pour la première fois jusqu’au front de taille, par-delà le bouclier, où seul un scaphandre spécial lui permettait de braver la chaleur, la haute pression et les gaz toxiques qui fusaient par les fissures. Sous la lumière éblouissante, les parois de rutile scintillaient comme le diamant et jetaient des feux rouges, tels des yeux furibonds dissimulés dans le roc. Il régnait là un silence de mort. La perforatrice électrohydraulique et les énormes disques, émetteurs d’ondes ultra-courtes, s’étaient immobilisés après des mois d’activité. Des géophysiciens qui venaient d’arriver, s’affairaient dessous, installant leurs appareils pour vérifier les contours du gîte.
Là-haut, resplendissaient les jours calmes de l’automne méridional. Dar Véter, parti en excursion dans les montagnes, sentait vivement la solitude de ces masses rocheuses qui s’élevaient depuis des millénaires, entre mer et ciel. L’herbe sèche bruissait ; le murmure du ressac s’entendait à peine. Le corps fatigué réclamait le repos, mais le cerveau captait avidement les impressions du monde qui semblait neuf après ce long et pénible travail souterrain.
L’odeur des falaises chauffées et des herbes du désert rappela à Dar Véter l’îlot de la mer lointaine qui recelait le cheval d’or. Une puissante voix intérieure lui promettait un avenir
heureux, d’autant plus heureux qu’il serait lui-même meilleur et plus fort.
Qui sème la faute récolte la manie. Qui sème la manie récolte le caractère. Qui sème le caractère récolte le destin.
C’était un vieux dicton qui lui était revenu à la mémoire ... Oui, la plus grande lutte de l’homme est la lutte contre l’égoïs-me. Il ne faut le combattre ni par les maximes sentimentales ni par une morale aussi belle qu’inefficace, mais par la notion dialectique que l’égoïsme est non pas un produit des forces du mal, mais l’instinct de conservation de l’homme primitif, qui a joué un grand rôle dans la vie sauvage. Voilà pourquoi les individualités fortes sont souvent caractérisées par un égoïsme difficile à vaincre. Cette victoire est cependant une nécessité, peut-être la principale nécessité du monde contemporain. C’est pour cette raison qu’on consacre tant d’efforts et de temps à l’éducation et qu’on étudie avec soin l’hérédité de chaque homme. Dans le grand mélange des races et des peuples, qui a créé la grande famille de la planète, se manifestent subitement des traits issus des profondeurs de l’hérédité. Il se produit parfois de singulières aberrations, qui remontent aux temps funestes de l’Ere du Monde Désuni, où l’expérimentation imprudente de l’énergie nucléaire détériorait l’hérédité d’un grand nombre de personnes ... Autrefois on n’établissait que la généalogie des conquérants qui se disaient nobles pour se mettre au-dessus des autres. Mais aujourd’hui, nous comprenons l’importance de cette étude pour la vie, le choix d’une profession, le traitement des maladies. Dar Véter lui-même avait une longue généalogie, désormais inutile ... L’étude des ancê« très était remplacée par l’analyse directe de la structure de l’organisme héréditaire, devenue particulièrement importante depuis que la vie humaine était prolongée. A partir de l’Ere du Travail Général, on vivait jusqu’à 170 ans, et voici que l’on comptait dépasser 300 ...
Un roulement de cailloux arracha Dar Véter à ses méditations. Deux personnes descendaient la pente : l’opératrice de la section d’électro-fonderie, femme timide et taciturne, excellente pianiste, et un petit homme alerte, ingénieur du service externe. Tous deux rouges d’avoir marché vite, ils saluèrent Dar Véter et s’apprêtaient à continuer leur chemin, lorsqu’il les arrêta, subitement assailli par les souvenirs.