La Nébuleuse d'Andromède
- Автор: Ефремов Иван Антонович
- Язык: французский
- Год: ИЗДАТЕЛЬСТВО ЛИТЕРАТУРЫ НА ИНОСТРАННЫХ ЯЗЫКАХ
- Переводчик: Harold Lusternik
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «La Nébuleuse d'Andromède». Краткое содержание книги:
ИВАН ЕФРЕМОВ
ТУМАННОСТЬ АНДРОМЕДЫ
(НАУЧНО-ФАНТАСТИЧЕСКИЙ РОМАН)
ИЗДАТЕЛЬСТВО ЛИТЕРАТУРЫ НА ИНОСТРАННЫХ ЯЗЫКАХ
МОСКВА
TRADUIT DU RUSSE PAR H. LUSTERNIK
PRESENTATION DE N. GRIСHINE
— Alors, chantez, Véda, pria Dar Véter. Kart San a un instrument à cordes des Siècles Sombres de la société féodale ...
— Une guitare, souffla Tchara Nandi.
— Qui m’accompagnera? Je vais essayer moi-même ...
— Je sais jouer, moi. Tchara offrit d’aller chercher la guitare à l’atelier.
— Courons-y ensemble, proposa Frit Don.
Tchara rejeta d’un geste espiègle la masse noire de sa chevelure. Cherlis tourna un levier et fit coulisser la paroi latérale de la véranda, découvrant la vue du bord oriental du golfe. Frit Don se sauva à grandes enjambées. Tchara courait, la tête en arrière. Elle se laissa bientôt distancer, mais ils atteignirent l’atelier en même temps, plongèrent dans l’entrée noire, et l’instant d’après ils galopaient de nouveau au clair de lune, le long de la mer, rivalisant de vitesse. Frit Don parvint le premier à la véranda, mais Tchara bondit par l’ouverture et se trouva à l’intérieur avant lui.
Véda, saisie d’admiration, frappa ses mains l’une contre l’autre.
— Dire que Frit Don est champion d’athlétisme !
— Et Tchara Nandi a fait l’école supérieure de danse, facultés ancienne et moderne, répliqua Kart San sur le même ton.
— Véda et moi avons aussi appris la danse, mais à l’école élémentaire, soupira Evda Nal.
— Comme tout le monde, remarqua le peintre taquin.
...Tchara pinçait lentement les cordes, en tenant levé son petit menton volontaire. La guitare rendait des sons graves et doux. La voix claire de la jeune femme monta, nostalgique, fascinante. Elle chantait un air triste, venu dernièrement de la zone Sud. Le contralto de Véda entra dans la mélodie et devint la trame du duo. Le contraste des chanteuses s’harmonisait à la perfection. Dar Véter reportait les yeux de l’une à l’autre et ne savait laquelle des deux était la plus embellie : Véda, accoudée au poste de radio, la tête penchée sous le poids des cheveux blonds, argentés par la lune ... ou Tchara, inclinée en avant, la guitare sur ses genoux ronds, le visage si bronzé que les dents et le blanc des yeux y brillaient d’un éclat extraordinaire.
La romance était finie. Tchara effleurait les cordes avec hésitation. Et voici que Dar Véter serra la mâchoire : il entendait la chanson qui l’avait naguère éloigné de Véda et qui était maintenant douloureuse pour elle.
Les accords se suivaient par saccades, se couraient après et s’éteignaient avant de s’être confondus. La mélodie se déroulait par syncopes, ainsi que des vagues qui assaillent la grève, se répandent un instant sur le sable et refluent l’une après l’autre dans la mer sans fond. Tchara ne se doutait de rien : sa voix sonore évoquait l’amour envolé à travers les espaces glacés, d’étoile en étoile, à la recherche des héros partis explorer le Cosmos ... Il ne reviendra plus, tant pis ! Mais qu’on puisse au moins le retrouver un instant, dans l’infini, le réconforter d’une prière, d’une tendre pensée, d’un salut affectueux !
Véda se taisait. Tchara, inquiète, s’interrompit au milieu d’une phrase, se leva d’un bond, jeta la guitare au peintre et s’approcha de la femme blonde, l’air penaud.
Véda sourit :
— Dansez pour moi, Tchara !
Celle-ci fit un signe d’assentiment, mais Frit Don protesta.
— On dansera tantôt. C’est l’heure de la transmission. Sur le toit de l’édifice, un télescope dressa son long tube terminé par deux plaques en croix et un cercle métallique où saillaient huit hémisphères. Les puissants accords des informations universelles remplirent la pièce.
— Nous continuons à commenter le projet présenté par l’Académie des Emissions Dirigées : le remplacement de l’alphabet linéaire par l’enregistrement électronique, dit la voix d’un homme dont l’image était apparue sur l’écran. Le projet n’est pas approuvé à l’unanimité. L’objection principale est la complexité des appareils de lecture. Le livre n’est plus l’ami, le compagnon fidèle de l’homme. Si avantageux qu’il soit en apparence, le projet sera refusé !
— Les débats ont été longs ! fit observer Ren Boz.
— La contradiction est flagrante, déclara Dar Véter. D’une part, la facilité séduisante de l’enregistrement, de l’autre, la difficulté de la lecture ...
Le speaker continuait :
— Le message d’hier se confirme : la trente-septième expédition astrale a parlé. Ils reviennent ...
Dar Véter se figea, étourdi par la violence du conflit intérieur. Il vit du coin de l’œil Véda qui se levait lentement, les yeux de plus en plus dilatés. L’ouïe aiguisée de Dar Véter perçut la respiration haletante de la jeune femme.
— ... du côté du carré 401, et l’astronef vient de sortir du, champ négatif, à un centième de parsec de l’orbite de Neptune. Le retard de l’expédition est dû à la rencontre d’un soleil noir. Pas de pertes en hommes ! La vitesse du vaisseau, conclut le speaker, est d’environ cinq sixièmes de l’unité absolue. On l’attend à la station de Triton, dans onze jours ! ... Vous serez bientôt renseignés sur des découvertes remarquables !
La transmission continuait. Mais personne n’écoutait les autres nouvelles. On entourait Véda, on la félicitait. Elle souriait, les joues en feu, une inquiétude cachée au fond des yeux. Dar Véter s’était approché à son tour. Véda sentit la pression ferme de sa main devenue chère et indispensable, elle rencontra un regard franc. Il y avait longtemps qu’il ne l’avait plus regardée ainsi ; elle connaissait la crânerie mélancolique qui perçait dans son ancienne attitude envers elle, et elle savait qu’à l’heure actuelle il ne lisait pas seulement la joie sur son visage ...
Dar Véter lâcha doucement sa main et s’éloigna avec un sourire d’une sérénité inimitable. Les camarades discutaient vivement l’information. Véda, restée au milieu du groupe, observait Dar Véter à la dérobée. Elle vit Evda Nal qui l’abordait, rejointe l’instant d’après par Ren Boz.
— A propos, il faut trouver Mven Mas, il ne sait rien encore ! s’écria Dar Véter. Venez avec moi, Evda Nal. Vous aussi, Ren Boz ?
— Et moi, fit Tchara Nandi, en s’avançant, puis-je vous accompagner ?
Ils sortirent vers le doux clapotis des vagues. Dar Véter s’arrêta, exposant sa figure à la brise, et poussa un grand soupir. S’étant retourné, il croisa le regard d’Evda Nal.
— Je pars sur-le-champ, répondit-il à sa question muette. Evda Nal lui prit le bras. On marcha quelque temps en silence.
— Je me demandais si s’était le meilleur parti ? chuchota-t-elile. Oui, sans doute, vous devez avoir raison. Si Véda ... Elle n’acheva pas, mais Dar Véter lui serra les mains d’un air entendu et les pressa contre sa joue. Ren Boz et Tchara leur emboîtaient le pas ; le physicien s’écartait prudemment de sa voisine, qui, dissimulant un sourire narquois, le regardait en biais de ses yeux immenses. Evda eut un petit rire et offrit à Ren Boz son bras libre. Il s’y cramponna d’un geste rapace qui paraissait comique chez ce timide.
— Où chercherons-nous votre ami ?
Tchara s’était arrêtée au bord de l’eau. Dar Véter distingua au clair de lune des empreintes humaines sur le sable mouillé. Elles étaient régulièrement espacées et symétriques au point qu’on les eût attribuées à une machine.