La Mythologie dans l'art ancien et moderne
- Автор: Menard Rene Joseph
- Год: 1878
- Язык: французский
- Год: Paris : Delagrave
- Жанр: Прочая древняя литература
Электронная книга - «La Mythologie dans l'art ancien et moderne». Краткое содержание книги:
Apollon et Diane naquirent donc à Délos, et c'est pour cette raison qu'Apollon est souvent appelé le dieu de Délos. Une jolie composition de Flaxman montre llithyie qui vient d'assister Latone dans le pénible enfantement des deux jeunes divinités.
LATONE ET SES ENFANTS.
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Latone et le serpent Python. — Cependant Jimon, ne pouvant pardonnera sa rivale d'avoir été aimée de Jupiter, suscita contre elle un monstrueux dragon, fils de la Terre, appelé Dclphyné ou Pvthon, qui avait été préposé à la garde des oracles de la Terre, près de la source de Castalie. Obéissant au suggestions de Junon, Python poursuivait sans relâche la malheureuse déesse, qui se sauvait devant lui tenant ses enfants serrés dans ses bras. Sur un vase antique, nous le voyons sous la forme d'un long serpent qui dresse la tète en déroulant ses
Fig. 195. — Latone poursuivie par le serpent Python (d'après une peinture de vase).
anneaux et poursuit Latone. La déesse fuit épouvantée, tandis que ses enfants, qui ne soupçonnent pas le danger, tendent leurs petits bras au monstre.
Les paysans cariens. — Quand Latone, poursuivie par Tim-j.lacable Junon, fuvait partout avec ses deux enfants, qu'elle tenait dans ses bras, elle arriva en Carie. Un jour de grande chaleur, elle s'arrêta accablée de soif et de lassitude au bord d'un étang dont elle n'osait s'approcher pour s'y désaltérer. Mais des paysans occupés à arracher des roseaux vinrent l'empêcher de boire et la chassèrent brutalement. La malheureuse Latone les supplia, au nom de ses petits enfants, de lui permettre de prendre quelques gouttes d'eau, mais ils la menacèrent de la maltraiter si elle ne s'éloignait aussitôt, et troublèrent l'eau avec les pieds et les mains, afin que la boue qu'ils faisaient sortir du fond l'empêchât de boire. La colère dont Latone se sentit émue lui fit oublier sa soif, et se rappelant qu'elle était
APOLLON ET DLVNE.
déesse : « lié bien, Iciii dit-elle en levant les mains vers le ciel, vous demeurerez à jamais dans cet étanp^. » L'effet suivit de près la menace, et ces hommes inhumains furent changés en grenouilles. I)c|tuisce temps, ils ne cessent de coasser dune oi rau(]ue et de har-liotei dans la boue. Des loups, })lus humains (juc les |>aysans, conduisirent la déesse aux bords du Xantlie, cl Jjatone put acc(unplir h's
Fig. lOC. — Latone et ses enfants (bassin de Latonc. à Versailles).
ablutions dans ce fleuve, qui fut consacré à Apollon. Rubens, au musée dv Munich et l'Albane au Louvre ont des tableaux où l'on voit Latone et ses enfants en présence des paysans de Carie, qui la repoussent et qui se métamorphosent en grenouilles. Dans le bassin de Latone, à Versailles, Balthazar Marsy a représenté la déesse, avec ses deux enfants, implorant la vengeance du ciel contre les insultes des paysans. Çà et là, au pourtour, des grenouilles, des lézards, des tortues, des paysans et jtaysannes dont la métamorphose commence, lancent contre Latone des jets d'eau, qui croisent dans tous les sens leurs gerbes brillantes.
CHAPITRE 11
PHÉBUS-APOLLON
Le tvpe crApoUon. -Hyacinthe changé en llcur. - Cypaiisse et son cerf.
Apollon-Phébus (éclatant), est l'épithète qu'on donne a Apollon, considéré comme dieu solaire. Apollon lance au loin ses flèches, parce que le soleil darde au loin ses rayons; il est le dieu prophète, parce que le soleil éclaire devant lui et voit par conséquent ce qui va arriver; il est I,. conducteur des Muses et le dieu de l'inspiration, parce que le soleil
Fig. 107
Apollon, d'après un buste antique.
préside aux harmonies de la nature ; il est le dieu de la médecine, parce que le soleil guérit les malades par sa chaleur bienfaisante.
Apollon, le Soleil, la plus belle des puissances célestes, le vainqueur (k'S ténèbres et des forces malfaisantes, a été traduit par l'art sous plusieurs aspects. Dans les temps primitifs, un pilier conique, placé sur les orandes routes, suffisait pour rappeler 1;» puissance tutélaire et guérissante du dieu. Quand on y accrochait des armes, c'était le dieu vengeur
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APOLLON ET DLNE.
qui récompense et qui châtie ; quand on y suspendait une cithare, il devenait h^ dieu dont les accords harmonieux rendent le calme à
là me agitée.
L'Apollon d'Amyclée, repiO(hiit snr des médailles, peut donner une idée de ce ([u'étaient, à rép()(|U(' aicliaï(fue, les pnMuières images du
Fig. 198. — Apollon d"Amyclce.
dieu, ([ui s'éloignent sensiblement du type que l'art a adopté j»lus tard. Dans des bronzes d'une date moins ancienne, mais encore antérieurs à la grande époque, Apollon est représenté avec des formes vigoureuses plutôt qu'élégantes, et les boucles aplaties de sa chevelure le rapprochent un [>eu des figures de Mercure.
Dans le type qui a dominé. Apollon porte les cheveux assez longs, séparés par une raie au milieu de la tète et écartés de chaque côté du
Fig. 190. — Apollon, d'après des moiinaios aiitii|UOS.
front. (Quelquefois ils viennent se rattacher par derrière sur la nuque, mais, quelquefois aussi, ils sont flottants. Plusieurs bustes et monnaies nous montrent ces différents aspects.
'< La figure ovale-allongée, dit Ottfried Millier, que le crobyle placé fréquemment sur le front, allonge encore, en servant pour ainsi dire de sommet a la figure entière qui semble aspirer au divin séjour, annonce une douce plénitude, une énergie complète et une force ph'ine de maturité. Dans tous les traits respireun sentiment (devé, lier et ouvert, ([uelles que soient les modifications que l'artiste ait fait subir à cette figure idéale. Les formes des membres sont sveltes et déliées; les hanches hautes, les cuisses longues; les muscles, sans être saillants, et tout au contraire bien fondus dans la masse du corps, sont cependant accusés
PHEBtJS-APOLLON.
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sulïisainmentpour mettre en évidence la souplesse dn corps et lavigueur de ses mouvements. »
Apollon est toujours représenté jeune et imberbe, parce que le soleil
Fig. 201. — Apollon Sauroctone (d'après une statue antique;
ne >ieillit pas. Quelques-unes de ses statues le montrent même avecles caractères de l'adolescence, Y Apolline de Florence par exemple. Dans
APOLLON ET DIANE.
TApoUon Saui'oi'lonc, lt> jeune dieu est acconipayné d'un lézard, (ju'il ient sans doute d'agacer avec sa flèche pourle léveillcr de sa torpeur et l'exciter à marcher. Apollon, dans ce caractère, est considéré comme le soleil levant, ou le soleil du printemps, parce que la présence du lézard coïncide avec ses premiers rayons (fig. 201).
Le griffon est un animal fantastique, qu'on voit l'recpieniment près de l'image du dieu (Hg. 203) ou attelé à son char. Il a la tète et les ailes
Fig. 201. — Combat des Griffons confie les Arinia-^pes.
d'un aigle, avec le corps, les pattes et la queue d'un lion. Les grillons ont pour mission de garder les trésors que recèlent les entrailles de la terre, et c'est pour avoir Lor dont ils sont détenteurs, que les Arimaspes sont continuellement en guerre avec eux. Les combats qu'ils se livrent l'ont le sujet d'un assez grand nombre de représentations, principalement sur les terres cuites ou sur les vases. Les Arimaspes sont des guerriers fabuleux, qui portent un costume assez analogue à celui des Amazones. Une peinture de vase nous les montre combattant des grillons, qui sont pourvus de crêtes et d'aigrettes (flg. 202).