Sans parler du chien
- Автор: Уиллис Конни
- Год: 2003
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- ISBN: 2-290-32491-4
- Переводчик: Jean-Pierre Pugi
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Sans parler du chien». Краткое содержание книги:
— Pas moi ! Là-dessous !
Carruthers s’empara de la lampe et braqua son faisceau sur les chevrons. J’entrevis un reflet métallique et mon cœur s’emballa.
— Dégageons tout ça, décidai-je.
Ce que nous fîmes.
— Le voilà, dit le bedeau.
Mes collègues extirpèrent l’objet des décombres.
Bien qu’il fût noirci, aplati et tordu, le bedeau sut immédiatement de quoi il s’agissait.
— C’est un des seaux à sable, dit-il en sanglotant.
S’il ne pouvait souffrir lui aussi de déphasage temporel, les symptômes étaient identiques.
— Quand je pense qu’hier encore il était comme neuf, et maintenant, regardez-le !
Il trouva dans une de ses poches un mouchoir fuligineux.
Carruthers alla lui tapoter le dos.
— Nous le nettoierons, et il redeviendra comme avant.
J’en doutai.
Le bedeau se moucha avec bruit.
— Il a perdu son anse. Il n’était pas mutilé, quand je l’ai rempli de sable et suspendu à la porte sud.
À l’autre extrémité de l’église. Toute la longueur de la nef et de nombreuses rangées de bancs de chêne nous en séparaient.
— Nous la retrouverons, affirma Carruthers.
J’en doutais également, alors qu’ils s’agenouillaient comme pour prier afin de creuser les décombres.
Je les laissai avec la nouvelle recrue qui se penchait pour lorgner sous les marches, sans doute dans l’espoir de revoir le chat, et retournai vers le point où le toit s’était effondré.
Je m’arrêtai dans ce qui avait été l’allée centrale pour tenter de déterminer où il convenait de chercher. Le souffle avait pratiquement emporté le seau à l’autre bout de l’édifice, et j’en déduisis que la potiche de l’évêque pouvait être n’importe où.
Les faisceaux des projecteurs balayaient le ciel et, loin au nord, un incendie que les pompiers des postes un à dix-sept n’avaient pu encore maîtriser nimbait la nuit d’un halo orangé tirant sur le brun. Mais rien de tout cela ne nous offrait sa lumière et la lune ne réapparaissait pas.
Nous ne pourrions travailler encore longtemps, et Lady Schrapnell voudrait savoir pourquoi nous n’avions pas trouvé la potiche de l’évêque. Elle me renverrait faire un nouvel essai, si elle ne me condamnait pas à honorer de ma présence d’autres ventes de charité où foisonnaient d’épouvantables essuie-plume, napperons brodés et rochers durs comme le roc.
Peut-être aurais-je dû m’enrôler dans l’infanterie et demander à être affecté dans un secteur de tout repos. Les plages de Normandie, par exemple. Non, le débarquement n’aurait lieu qu’en 1944. Restait l’Afrique du Nord. El Alamein.
Je repoussai l’extrémité calcinée d’un banc et soulevai un moellon. Il n’y avait au-dessous que le dallage de la chapelle des Teinturiers. Découragé, je m’assis sur un fragment de pierre de couronnement.
M. Spivens arriva en trottinant et gratta le sol.
— Inutile, l’ami, elle n’est pas ici, lui dis-je.
Et je fus saisi d’angoisse en pensant à tous les essuie-plumes qu’il me faudrait encore acheter.
Il se coucha à mes pieds et me regarda avec compassion.
— Je sais que tu voulais m’aider. Il n’est pas étonnant qu’on dise de toi que tu es le meilleur ami de l’homme. Fidèle et loyal, tu partages nos chagrins et nos joies. Oui, brave compagnon. Tu as lié ton destin au nôtre contre vents et marées. Tant sur les champs de bataille que devant nos cheminées, tu refuses d’abandonner ton maître à l’agonie. Ah, noble chien, miroir velu dans lequel se reflète notre âme ! Tu n’as pas, comme nous, été souillé par la cupidité et l’ambition…
Je n’eus pas le temps de lui tapoter la tête que je fus transporté à Oxford et admis au service des urgences de l’hôpital.
Chapitre deux
Si chacun se mêlait de ses propres affaires, dit la Duchesse en grommelant, la Terre n’en tournerait que plus vite !