Sans parler du chien
- Автор: Уиллис Конни
- Год: 2003
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- ISBN: 2-290-32491-4
- Переводчик: Jean-Pierre Pugi
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Sans parler du chien». Краткое содержание книги:
— Je n’ai qu’à le regarder pour savoir que Lady Schrapnell l’a recruté. Il faut empêcher cette femme de nuire…
Son multifonction se remit à biper et cracher une bande de listing.
— « Aucune info sur Henry », lut-il. « Pourquoi ? Localisez-le immédiatement. Envoyez deux personnes vérifier si la potiche de l’évêque n’a pas été fabriquée pour l’Exposition universelle de 1850. »
Il roula le papier en boule et le jeta sur le bureau.
— Vous devez prendre des mesures avant qu’elle ne détruise cette université !
Il sortit en trombe.
— Et tout l’Univers, marmonna M. Dunworthy.
— Dois-je le rattraper ? demanda Finch.
— Non. Essayez de joindre Andrews et cherchez dans le catalogue de la bibliothèque Bodléienne tous les ouvrages traitant des incongruités anachroniques.
Finch nous laissa. M. Dunworthy retira ses lunettes et lorgna à travers, en se renfrognant.
— Je sais que vous avez d’autres chats à fouetter, mais j’espérais que vous me conseilleriez un lieu de convalescence. Loin d’Oxford.
— Ce sont nos interventions qui nous ont fourrés dans ce pétrin, et prendre de nouvelles initiatives ne ferait qu’aggraver la situation.
Il remit ses lunettes et se leva.
— Le mieux, c’est d’attendre la suite… qu’il se produise quelque chose. Il est statistiquement impossible que sa disparition affecte le cours de l’histoire, surtout si on tient compte de l’époque. Ils en jetaient des sacs complets dans les fleuves, pour réduire leur nombre.
J’ignorais qu’ils avaient eu des châles à profusion.
— En outre, le fait que la porte se soit ouverte démontre qu’il n’en a pas résulté une incongruité. Dans le cas contraire, elle serait restée fermée.
Il essuya ses verres avec le pan de sa veste et les tendit vers la lumière.
— Près d’un siècle et demi s’est écoulé. Si l’Univers avait dû disparaître, ce serait chose faite.
Il souffla et les essuya encore.
— Et je refuse de croire qu’il existe deux histoires parallèles où on retrouve une Lady Schrapnell et son projet de reconstruction de la cathédrale de Coventry.
Lady Schrapnell. Elle serait de retour du Royal Masonic d’un instant à l’autre !
— Monsieur Dunworthy, j’espérais que vous me conseilleriez un lieu où passer ma convalescence.
— D’autre part, il se peut que l’absence d’incongruité soit due au fait que nous l’avons ramené à ses coordonnées d’origine avant qu’il n’en ait résulté un désastre.
— L’infirmière m’a prescrit deux semaines de repos, mais je me contenterais de trois ou quatre jours…
Il se leva pour faire les cent pas.
— Même en ce cas, nous n’avons aucune raison de nous hâter. C’est ce qui est super, avec les voyages temporels. On peut attendre trois ou quatre jours, deux semaines ou un an, et être malgré tout dans les temps.
— Lady Schrapnell…
Il s’immobilisa, pour me fixer.
— Je l’avais oubliée ! Oh, Seigneur…
— Si vous pouviez me conseiller un lieu paisible et retiré…
— Finch !
Le secrétaire nous apporta un listing.
— Voici la liste des ouvrages traitant des incongruités anachroniques. Elle est courte. Par ailleurs, M. Andrews est en 1560. Lady Schrapnell l’a envoyé étudier les fenêtres ogivales. Dois-je tenter de faire revenir M. Chiswick ?
— Une chose à la fois. Nous devons d’abord trouver à Ned un endroit où il pourra se reposer et reconstituer ses forces sans être importuné.
— Lady Schrapnell… commençai-je.
— Tout juste. Il faut vous éloigner de ce siècle, et du précédent. Je pense à un lieu paisible, isolé. Un manoir, au bord d’un fleuve.
— Vous n’envisagez tout de même pas… débuta Finch.
— Il doit partir immédiatement. Avant que Lady Schrapnell ne découvre ce qui se passe.
— Oh ! Oui, je vois. Mais M. Henry n’est pas en état de…
— Ned, l’époque victorienne, ça vous tente ?
L’époque victorienne. D’interminables après-midi passées à canoter sur la Tamise et à jouer au croquet sur des pelouses bien entretenues avec des filles en robe blanche ; avant de prendre le thé sous un saule, servi dans des tasses de fine porcelaine par un majordome obséquieux prêt à satisfaire le moindre de vos caprices, pendant que les filles précitées vous lisent des poèmes et que leurs voix flottent dans l’air embaumé tels des pétales de rose.
— Par un après-midi doré où les rubans mystiques du souvenir s’enchevêtrent aux rêves d’enfance…
Finch secoua la tête.
— Je ne crois vraiment pas que ce soit une bonne idée.
— Ne soyez pas ridicule, lui rétorqua M. Dunworthy. Écoutez-le. Il est déjà dans le bain.
Chapitre trois
… Lorsqu’on a éliminé tout ce qui est impossible, ce qui subsiste est nécessairement la vérité, même si elle est difficile à croire.