La fille de Brooklyn
- Автор: Musso Guillaume
- Год: 2016
- Язык: французский
- Год: Éditions XO
- ISBN: 978-2845638082
- Жанр: Триллеры
Электронная книга - «La fille de Brooklyn». Краткое содержание книги:
L'horizon scintillait. C'est là qu'Anna m'a demandé :
« Si j'avais commis le pire,
m'aimerais-tu malgré tout ? »
Vous auriez répondu quoi, vous ?
Anna était la femme de ma vie. Nous devions nous marier dans trois semaines. Bien sûr que je l'aimerais quoi qu'elle ait pu faire.
Du moins, c'est ce que je croyais, mais elle a fouillé dans son sac d'une main fébrile, et m'a tendu une photo.
— C'est moi qui ai fait ça.
Abasourdi, j'ai contemplé son secret et j'ai su que nos vies venaient de basculer pour toujours.
Sous le choc, je me suis levé et je suis parti sans un mot.
Lorsque je suis revenu, il était trop tard : Anna avait disparu.
Et depuis, je la cherche.
Intense et captivant, un cold case aussi addictif
qu'une grande série télé.
Intrigue diabolique, personnages uniques et attachants, suspense de tous les instants : avec La fille de Brooklyn , Guillaume Musso signe l'un de ses romans les plus ambitieux et les plus réussis.
— Une simple angine ?
— Oui. La difficulté à déglutir explique son refus de se nourrir.
– Ça va disparaître avec des antibiotiques ?
— Non, c’est une infection virale. Continuez à lui donner du paracétamol et il sera guéri dans quelques jours.
— Vous êtes certaine que ce n’est pas une méningite ? avais-je insisté en rattachant Théo, groggy, dans son cosy.
Elle avait souri.
— Vous devriez cesser de surfer sur des sites médicaux. Internet ne génère que des angoisses.
Elle nous avait reconduits dans le grand hall d’entrée. Au moment de lui dire au revoir, rassuré de savoir que mon fils allait bien, j’avais désigné le distributeur de boissons et je m’étais entendu proposer :
— Je vous offre un café ?
Après une légère hésitation, elle avait prévenu sa collègue qu’elle prenait une pause et nous avions discuté un quart d’heure dans le grand hall de l’hôpital.
Elle s’appelait Anna Becker. Elle avait vingt-cinq ans, était en deuxième année d’internat de pédiatrie et portait sa blouse blanche comme si c’était un imper Burberry. Chez elle, tout était élégant sans être cassant : son port de tête altier, ses traits incroyablement fins, le timbre doux et chaleureux de sa voix.
Oscillant entre moments de calme et frénésie, le hall de l’hôpital baignait dans une lumière irréelle. Mon fils s’était endormi dans son cosy. Je regardais Anna battre des paupières. ça faisait longtemps que je ne croyais plus que derrière un visage d’ange se trouvait forcément une belle âme, mais je me laissai néanmoins envoûter par ses longs cils recourbés, sa peau métisse couleur de bois précieux et ses cheveux lisses, qui retombaient de manière symétrique de chaque côté de son visage.
— Je dois retourner travailler, avait-elle dit en désignant l’horloge murale.
Malgré l’heure qui tournait, elle avait insisté pour nous accompagner jusqu’à la borne de taxis à une trentaine de mètres de la sortie. Nous étions au milieu de la nuit, au cœur d’un hiver polaire. Quelques flocons cotonneux voltigeaient dans un ciel de neige. En sentant la présence d’Anna à mes côtés, j’avais éprouvé dans une fulgurance la certitude étrange que nous formions déjà un couple. Et même, une famille. Comme si les étoiles venaient de s’aligner dans le ciel. Comme si nous allions rentrer tous les trois à la maison.
J’avais installé le siège-coque du bébé à l’arrière de la voiture puis je m’étais retourné vers Anna. La lumière des lampadaires donnait une teinte bleutée à la buée qui sortait de sa bouche. J’avais cherché une parole pour la faire rire, mais, à la place, je lui avais demandé à quelle heure se terminait sa garde.
— Tout à l’heure, à 8 heures.
— Si vous voulez venir prendre le petit déjeuner… La boulangerie au coin de ma rue fait des croissants épatants…
Je lui avais donné mon adresse et elle avait souri. Ma proposition avait flotté un instant dans l’air glacé sans obtenir de réponse. Puis le taxi avait démarré et, pendant le chemin du retour, je m’étais demandé si nous avions bien vécu la même chose, elle et moi.
J’avais mal dormi, mais, le lendemain matin, Anna avait sonné à ma porte au moment où mon fils terminait son biberon. Théo allait déjà mieux. Je lui enfilai un bonnet et une combinaison, et, pour tenir parole, nous étions sortis tous les trois acheter des viennoiseries. C’était un dimanche matin. Paris ployait sous la neige. Dans un ciel métallique, un soleil d’hiver éclaboussait les trottoirs encore immaculés.
Nous nous étions trouvés et, depuis ce premier matin magique, nous ne nous étions plus quittés. Six mois idylliques venaient de s’écouler, ouvrant une parenthèse radieuse : la période la plus heureuse de mon existence.
Je n’écrivais plus, mais je vivais. Élever un bébé et être amoureux m’avait ancré dans la vie réelle et fait prendre conscience que la fiction avait trop longtemps cannibalisé ma vie. Grâce à l’écriture, j’étais entré dans la peau de multiples personnages. Tel un agent infiltré, j’avais pu vivre des centaines d’expériences. Mais ces vies par procuration m’avaient fait oublier de vivre la seule et unique qui existait vraiment : la mienne.
2
Le professeur
Le masque est si charmant que j’ai peur du visage.