La fille de Brooklyn
- Автор: Musso Guillaume
- Год: 2016
- Язык: французский
- Год: Éditions XO
- ISBN: 978-2845638082
- Жанр: Триллеры
Электронная книга - «La fille de Brooklyn». Краткое содержание книги:
L'horizon scintillait. C'est là qu'Anna m'a demandé :
« Si j'avais commis le pire,
m'aimerais-tu malgré tout ? »
Vous auriez répondu quoi, vous ?
Anna était la femme de ma vie. Nous devions nous marier dans trois semaines. Bien sûr que je l'aimerais quoi qu'elle ait pu faire.
Du moins, c'est ce que je croyais, mais elle a fouillé dans son sac d'une main fébrile, et m'a tendu une photo.
— C'est moi qui ai fait ça.
Abasourdi, j'ai contemplé son secret et j'ai su que nos vies venaient de basculer pour toujours.
Sous le choc, je me suis levé et je suis parti sans un mot.
Lorsque je suis revenu, il était trop tard : Anna avait disparu.
Et depuis, je la cherche.
Intense et captivant, un cold case aussi addictif
qu'une grande série télé.
Intrigue diabolique, personnages uniques et attachants, suspense de tous les instants : avec La fille de Brooklyn , Guillaume Musso signe l'un de ses romans les plus ambitieux et les plus réussis.
Je me suis mis debout sur mes jambes en coton. Pris de vertiges, j’ai vacillé, mais je me suis fait violence pour sortir du salon d’une démarche ferme.
Mon sac de voyage était resté dans le hall d’entrée. Sans un regard pour toi, je l’ai attrapé et j’ai quitté la maison.
Sidération. Chair de poule. Reflux acides dans l’estomac. Gouttes de sueur qui troublaient ma vision.
J’ai claqué la porte du cabriolet et j’ai roulé dans la nuit comme un automate. La colère et l’amertume ravageaient mes veines. Dans ma tête, tout se bousculait : la violence du cliché, l’incompréhension, la sensation que ma vie s’écroulait.
Au bout de quelques kilomètres, j’aperçus la silhouette compacte et trapue du fort Carré qui se dressait au sommet de son rocher, bien solide, elle, sur ses fortifications, dernière vigie avant de quitter le port.
Non. Je ne pouvais pas partir comme ça. Déjà, je regrettais mon geste. Sous le choc, j’avais perdu mon sang-froid, mais je ne pouvais pas disparaître sans écouter tes explications. J’écrasai la pédale de frein et fis demi-tour au milieu de la chaussée, mordant sur un terre-plein et manquant de percuter un motard qui arrivait en sens inverse.
Il fallait que je te soutienne et que je t’aide à chasser ce cauchemar de ta vie. Il fallait que je sois celui que je m’étais promis d’être, celui qui pourrait comprendre ta douleur, la partager et t’aider à la surmonter. À toute allure, je fis la route en sens inverse : boulevard du Cap, plage des Ondes, port de l’Olivette, batterie du Graillon, puis le chemin étroit qui menait au domaine privé.
Je garai la voiture sous les pins et me précipitai vers la maison dont la porte d’entrée était entrebâillée.
— Anna ! criai-je en m’engouffrant dans le hall.
Dans le salon, il n’y avait personne. Le sol était jonché d’éclats de verre. Une étagère couverte de bibelots y avait été projetée, brisant dans sa chute la table basse en verre soufflé qui avait éclaté en mille morceaux. Au beau milieu de ce bazar gisait le trousseau de clés que je t’avais offert quelques semaines auparavant.
— Anna !
La grande baie vitrée encadrée de rideaux était ouverte. J’écartai les pans de tissu qui battaient au vent pour revenir sur la terrasse. À nouveau, je criai ton prénom dans le vide. Je composai ton numéro de portable, mais mon appel demeura sans réponse.
Je m’agenouillai et me pris la tête entre les mains. Où étais-tu ? Que s’était-il passé pendant les vingt minutes qu’avait duré mon absence ? Quelle boîte de Pandore venais-je d’ouvrir en remuant le passé ?
J’ai fermé les yeux et j’ai revu quelques bribes de notre vie commune. Six mois de bonheur qui, je le devinai, venaient de s’envoler pour toujours. Des promesses d’avenir, de famille, de bébé qui ne se réaliseraient jamais.
Je m’en voulais.
À quoi bon prétendre que l’on aime quelqu’un si on n’est pas capable de le protéger ?
Premier jour
Apprendre à disparaître
1
L’homme de papier
Dès que je ne tiens plus un livre ou que je ne rêve pas d’en écrire un, il me prend un ennui à crier. La vie, enfin, ne me semble tolérable que si on l’escamote.