Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
Aux armes, citoyens! - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Aux armes, citoyens!

Электронная книга - «Aux armes, citoyens!». Краткое содержание книги:

Aux armes, citoyens!
1 ... 40 41 42 43 44 45 46 47 48 ... 83
Перейти на страницу:

Ces terroristes ont été des « friponneurs ». Ils ont craint en Robespierre moins le « tyran des patriotes » que l’incorruptible.

Ils ont besoin de se séparer de Barère, de Billaud-Varenne, de Collot d’Herbois, de Vadier, d’Amar, de tous ces antirobespierristes qui ont voulu la chute de l’incorruptible, parce qu’il invoquait la Vertu, l’Être suprême et l’immortalité de l’âme, mais ils veulent rester des Montagnards, des Jacobins, qu’inquiète le retour des aristocrates.

« Vous trouverez les choses bien changées, bien radoucies depuis la mort de Robespierre, écrit Ruault.

« Je trouve seulement que les royalistes ou les aristocrates sont devenus un peu trop insolents. J’ai été insulté hier dans la rue en qualité de patriote par un de ces messieurs qui était sorti de prison la veille… »

Mais les anciens terroristes, soucieux de faire oublier leur passé, ont besoin de ces « messieurs ».

Tallien qui a obtenu la libération de Thérésa Cabarrus, bien vite nommée Notre-Dame de Thermidor, se rend presque chaque jour à la prison du Luxembourg :

« Le peuple y accourt en foule, écrit un témoin, comble Tallien de bénédictions, l’embrasse, embrasse ceux qui viennent d’être rendus à la liberté. Soyez tranquilles mes amis, dit Tallien à ceux qu’il ne peut encore faire sortir de prison. Vous ne soupirerez pas longtemps après votre liberté. Il n’y a que les coupables qui ne jouiront pas de ce bienfait. Je reviendrai aujourd’hui, je reviendrai demain et nous travaillerons jour et nuit jusqu’à ce que les patriotes injustement détenus soient rendus à leurs familles. »

Et le conventionnel Legendre, cet ancien boucher, ce tribun, qui fut proche de Danton, « visite sans cesse les prisons, écoute les détenus, verse des larmes, les rend à leurs familles et s’il en a repoussé quelques-uns revient bientôt vers ceux-là, grondant et pleurant à la fois. Il a l’air de les chasser de la prison. »

Ceux qu’on commence à appeler les « Thermidoriens » se constituent ainsi une clientèle.

Les parents des détenus, les jeunes gens qu’on nomme muscadins, parce qu’ils sont parfumés au musc, peuplent les tribunes de la Convention, applaudissent quand le député Lecointre dénonce la « queue de Robespierre » : Barère, Billaud-Varenne, Collot d’Herbois, Vadier…

La Convention déclare ces dénonciations calomnieuses mais aux Tuileries, au Carrousel, au ci-devant Palais-Royal, et même place de la Bastille, des groupes se forment.

On se plaint qu’une dénonciation aussi grave ait été traitée si légèrement… On va même jusqu’à dire qu’on saura bien forcer la Convention à terminer cette affaire.

Rien ne semble ainsi pouvoir empêcher cette division des vainqueurs de Robespierre, qui s’amorce en août et septembre 1794 (thermidor et fructidor an II).

Et un patriote lucide comme Ruault ne peut que s’en lamenter, exprimant une opinion « raisonnable », républicaine, si présente aux débuts de la Révolution, mais qui s’est peu à peu retirée de la vie publique, inquiète et suspecte aux yeux des « ultra-révolutionnaires ».

« Oh, que les passions individuelles sont terribles et honteuses dans une révolution, écrit Ruault. Elles envoient à l’échafaud les hommes les plus énergiques, les plus capables de conduire à sa fin cette même révolution ; ces hommes passionnés et délirants s’entretuent par la main du bourreau, s’affaiblissent dans leur propre cause et déshonorent cette étonnante, cette sublime aventure dans l’histoire humaine.

« Que diront les peuples, que penseront les rois, en apprenant ces horribles nouvelles, en lisant ces pages folles et sanglantes de notre Révolution ?

« Les amis de la liberté, les enfants de la patrie en gémissent et ne désespèrent pourtant pas du tout du succès des affaires publiques… »

En fait, Ruault et chaque citoyen en ont conscience, depuis le 9 thermidor, et même si le gouvernement continue à se déclarer révolutionnaire, la République est entrée dans une nouvelle époque.

L’atmosphère de Paris est différente.

L’un des premiers étrangers, Henri Meister, arrivé dans la capitale par le coche de Genève, s’étonne de pouvoir entrer dans la ville « sans être arrêté à aucune barrière, sans éprouver la moindre difficulté, sans essuyer la moindre question ».

Il remarque qu’on voit de nouveau « quelques voitures particulières, celles des ministres – diplomates – étrangers, celles des membres du Comité de salut public qui en ont chacun une à leur disposition aux frais de la République ; celles de quelques entrepreneurs et de leurs maîtresses ».

Il se rend au théâtre où l’on ne joue sous les acclamations que des pièces qui fustigent le « tyran » Robespierre. Et le public réclame vengeance contre les « chevaliers de la guillotine », les « buveurs de sang ».

On lui confie que « les patriotes se taisent car l’aristocratie les appelle des Robespierre ».

On ovationne les tirades qui font écho aux passions et aux événements du moment :

Exterminez grand Dieu de la terre où nous sommes

Quiconque avec plaisir répand le sang des hommes.

Il voit devant un théâtre un cocher, qui ouvre la portière de sa voiture, s’incliner devant le passager qui vient de le récompenser, et il entend le cocher dire obséquieusement : « Merci mon maître. »

Et ce mot, plus jamais utilisé depuis près de cinq ans, Meister constate qu’il se répand de nouveau. On retrouve le « maître », on oublie « citoyen ».

Chaque jour, Meister lit quotidiens ou pamphlets qui condamnent Maximilien, cet « Imposteur qui dictait depuis cinq ans la ruine de la liberté, pour qui les crimes n’étaient rien, pourvu qu’ils fussent des moyens de parvenir à la tyrannie.

Et les scélérats qui avec lui avaient ourdi les trames les plus atroces ne sont plus… »

Et on appelle à en finir avec la « queue de Robespierre ».

Les journaux saluent la libération des suspects, l’abolition de la loi du 22 prairial, l’arrestation de l’accusateur public du Tribunal révolutionnaire, Fouquier-Tinville, auquel on promet un vrai procès.

En même temps, on traque ceux qui sont suspects de robespierrisme.

Le 9 août, à Nice, les représentants en mission Saliceti et Albitte décrètent d’arrestation le général Bonaparte, parce qu’il y a sur lui « de forts motifs de suspicion de trahison, de dilapidation ».

Bonaparte entretenait de bonnes relations avec Augustin Robespierre, un temps représentant en mission. Cela suffit à faire de Bonaparte un suspect de robespierrisme.

Il se défend avec vigueur, écrivant depuis le Fort-Carré d’Antibes où il a été emprisonné :

« N’ai-je pas toujours été attaché aux principes ? J’ai tout perdu pour la République. Depuis, j’ai servi à Toulon avec quelque distinction et mérité à l’armée d’Italie la part de lauriers qu’elle a acquise. On ne peut donc me contester le titre de patriote… »

Le 20 août, Bonaparte est libéré. Mais il sent que les soupçons s’accrochent à lui, alors que le général Hoche, qui était emprisonné sous Robespierre, obtient avec la liberté le commandement de l’armée des Côtes de Cherbourg qui lutte contre les chouans et les Vendéens.

Malgré ces changements, cette épuration, ces traques des robespierristes que mènent dans les départements de nouveaux représentants en mission, le pays est comme terrassé.

Le Suisse Mallet du Pan note : « La nation paraît épuisée comme une frénétique revenue à la raison l’est par les saignées, les bains et la diète ! »

1 ... 40 41 42 43 44 45 46 47 48 ... 83
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)