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1943-Le souffle de la victoire

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1943-Le souffle de la victoire
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Un garde SS, commandé par un vétéran, Sepp Dietrich, entoure Mussolini et sa maîtresse Clara Petacci.

Goebbels note que « la conduite personnelle du Duce avec sa petite amie que Sepp Dietrich a dû lui amener donne de sérieuses inquiétudes… Le Führer commence à rayer le Duce sur le plan politique ».

Avec suffisance, Hitler le confirme dans un bref discours à la radio :

« L’espoir de trouver des traîtres parmi nous, assure-t-il, repose sur une complète ignorance du caractère de l’État national-socialiste. La croyance que l’on peut susciter en Allemagne un 25 juillet, semblable à celui de Rome, repose sur une méconnaissance absolue de ma position personnelle ainsi que de l’attitude de mes collaborateurs politiques et de mes maréchaux, amiraux et généraux. »

Le Führer reçoit longuement Goebbels et ne lui cache pas la déception qu’il a éprouvée en constatant que la flamme qui brûlait le Duce s’est éteinte.

Goebbels conclut dans son Journal :

« Le Duce n’a pas tiré de la catastrophe italienne les conclusions morales que le Führer attendait… Le Führer espérait que le premier souci du Duce serait de tirer une terrible vengeance de ceux qui l’ont trahi. Mais il n’en a manifesté aucun signe, montrant ainsi ses vraies limites.

« Ce n’est pas un révolutionnaire de la trempe du Führer ou de Staline, commente Goebbels.

« Il est tellement lié à son peuple, si pleinement italien, qu’il manque des qualités nécessaires pour faire un révolutionnaire et un insurgé d’envergure mondiale. »

CINQUIÈME PARTIE

Août

__

octobre 1943

« […] Aujourd’hui, quelque peine que cela me cause, je suis absolument convaincu de la défaite inévitable de l’Allemagne. On peut seulement se demander : quand ? Dans deux mois ou dans six ? Et où ? À l’Est ou à l’Ouest ?

« Que faire ? Mourir dans quelques jours ou dans quelques mois sans que cela profite en rien au peuple allemand !

« Savoir que la poursuite de la guerre ne peut mener qu’à utiliser les gaz et que de telles folies entraîneront des pertes encore plus terribles ? L’avenir du peuple allemand ne réside plus qu’entre les mains des vainqueurs. »

Oberleutnant de panzers FRANKENFELD

Septembre 1943

« Vous le savez, nous avons perdu l’initiative pour la première fois, cela ne fait aucun doute. Nous venons d’apprendre en Russie qu’il ne suffit pas de faire preuve d’allant et d’optimisme… Il n’est pas question que nous reprenions l’offensive au cours des prochaines années, pas plus à l’Ouest qu’à l’Est. »

Feldmarschall ROMMEL au général Bayerlein

Septembre 1943

 

 

« L’élimination des Juifs est une page glorieuse de notre histoire qui n’a jamais été écrite et ne doit jamais l’être. »

HIMMLER, ministre de l’Intérieur

discours de Posen aux généraux SS

le 4 octobre 1943

28.

La déception qu’éprouvent le Führer, Goebbels et les dirigeants du Reich à l’égard de Mussolini, le peuple italien va en subir les conséquences.

Mussolini, pleinement italien, dit Goebbels, n’est plus qu’un fantoche méprisable, son peuple est donc composé de Untermenschen, de « bohémiens ». Ces hommes-là, à l’est de l’Europe, on les tue, d’une balle dans la nuque ou dans les chambres à gaz.

Or précisément les divisions SS qui occupent l’Italie arrivent du front de l’Est. Les hommes sont épuisés, harassés. Ils découvrent, en pillards, en tueurs qu’ils sont devenus depuis des années, ce pays dont la « traîtrise » autorise toutes les violences.

Ils vont jouir de l’Italie comme des violeurs et des soudards qui ne respectent rien, ni les jeunes filles, ni les manuscrits anciens, ni les œuvres d’art.

Hitler et l’état-major allemand ont d’abord craint que les Alliés allaient débarquer au nord de Rome et peut-être parachuter des troupes dans la plaine du Pô, voire tenter de s’emparer des cols alpins.

Inquiétudes vaines.

Les troupes alliées – Anglais, Américains, Néo-Zélandais, et bientôt divisions de Français d’Afrique du Nord – progressent lentement, occupant bientôt le tiers sud de la péninsule.

Les Allemands ont pu fortifier les Apennins, créer une ligne Gustav, sur laquelle viennent se briser les attaques alliées.

Seule mauvaise surprise, l’insurrection de la population de Naples contre les Allemands.

Durant quatre jours, en octobre 1943, les Napolitains, avec des armes abandonnées par les troupes italiennes ou arrachées aux Allemands, harcèlent les soldats de la Wehrmacht, dont le chef, le major Scholl, est contraint de se rendre avec tout son état-major. La capitale du Mezzogiorno est déjà libre quand les Anglo-Américains y font leur entrée.

Les Allemands se replient sur les Abruzzes, et la ligne Gustav dans cet automne 1943 est infranchissable.

« Tout va bien ici, écrit Rommel, auquel le Führer hésite à confier le commandement en chef en Italie. Les traîtres ont été désarmés et beaucoup sont déjà en route. »

Ces prisonniers, ces Badoglio Truppen, seront en Allemagne presque aussi maltraités que les Russes.

La tentative de créer une armée autour de Mussolini, et de la République sociale italienne, échoue.

Les jeunes, requis, préfèrent gagner les montagnes, former dans le nord de l’Italie les premières Brigades de partisans. D’autres sont raflés, envoyés comme ouvriers en Allemagne.

Et quel que soit leur sort, traités comme de la main-d’œuvre servile.

Rommel qui reçoit le maréchal Graziani, demeuré auprès du Duce, mesure l’impuissance et l’humiliation italiennes.

« Graziani possède une personnalité impressionnante, écrit Rommel, bien différente de celle de tous les autres officiers italiens que j’ai connus. Mais il ne dispose naturellement d’aucune autorité pour le moment. Même la police italienne est aujourd’hui totalement impuissante. »

« Il est triste et indigne pour nous, dit le maréchal Graziani, de voir des soldats italiens employés à soigner les jardins et les potagers des villas réquisitionnées par les commandants allemands, de les voir porter les bidons d’essence et nettoyer les automobiles et autres tâches semblables. »

Rommel écoute Graziani, mais il n’éprouve aucune compassion pour ces « traîtres » d’italiens, et en outre il est préoccupé par son avenir.

Le sort de Rommel est en effet incertain.

Dans l’attente de la décision du Führer à propos de sa nomination comme commandant en chef, Rommel parcourt l’Italie.

« En me rendant hier sur la côte adriatique, écrit-il à son épouse, j’ai visité au passage le petit État de Saint-Marin qui est neutre. J’étais en train d’acheter quelques timbres après avoir jeté un rapide coup d’œil sur la ville quand un ministre est venu me trouver de la part du Régent… »

Rommel est invité au château. On voulait l’assurance que la neutralité de Saint-Marin serait respectée par le Reich allemand.

Comment Rommel pourrait-il la garantir ?

Dans le Sud-Tyrol, les Allemands ont chassé les autorités locales représentant Rome. Les carabiniers et policiers italiens ont été internés en Allemagne.

Des Gauleiters, anciens fonctionnaires de l’Empire austro-hongrois, ont été nommés.

Les monuments aux morts italiens de la Première Guerre mondiale, ou ceux célébrant les victoires italiennes de 1918 sont dynamités !

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