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La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville

Электронная книга - «La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville». Краткое содержание книги:

Ce roman épistolaire nous conte l'histoire classique d'une jeune fille, provinciale d'origine modeste, qui monte à Paris. Après avoir profité, sans en abuser, de la bonté d'une amie de la famille, la facilité et la vie dans la grande ville incitent notre héroïne à se faire «entretenir» par un marquis. La maîtresse sera en bons termes avec la marquise puisque son propre frère en est l'amant. Mais ces amours ne durent guère et la déchéance sera grande?
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Adieu, très chère sœur.

Lettre 29. Mme Parangon, à Ursule.

[Elle lui donne à entendre son malheur.].

Reçue une demi-heure après que la précédente eut été mise à la poste.

Ma très chère amie! Ce moment est le premier où je puis échapper au trouble le plus cruel! Ah! que de peines le sort nous cache, sous les fleurs trompeuses dont il sème la route de la vie!… Crains les hommes, ma chère Ursule, redoute-les, évite les moindres rapports avec eux! ce sont des tigres… Je viens d’en faire une expérience qui me désespère, et qui empoisonnera le reste de ma vie!… Ma tête est trop faible pour t’écrire longtemps: mais le désir en est dans mon cœur et dans ma tête, depuis l’instant fatal… Je me trouve soulagée, en te disant que je suis malheureuse; en t’avertissant de prendre garde à toi: hélas! ma chère fille, ta beauté t’expose plus qu’une autre à leurs cruelles poursuites; redoute-les, et dis à ma sœur de les redouter. Je vous embrasse toutes deux, et je voudrais ne vous avoir jamais quittées!

Ta tendre et malheureuse amie.

Lettre 30. Edmond, à Ursule.

[Remords de son attentat sur Mme Parangon.].

Même jour.

C’est un frère au désespoir, c’est le plus malheureux des hommes qui t’écrit aujourd’hui, chère sœur! J’erre comme ce Caïn maudit, après qu’il eut tué son frère, et comme lui, je ne trouve de repos nulle part… Je reçois à cet instant une lettre de Gaudet… Ô! fatal ami!… chère sœur! je t’en prie, écris à ma cousine; tâche de la déterminer à vous rejoindre à Paris, Mlle Fanchette et toi… Je ne suis pas tranquille à ton sujet, lorsqu’elle est loin de vous… Si Dieu allait me punir sur toi! une voix secrète semble me le dire… J’en mourrais de douleur et de rage… Ne vois pas Gaudet: crains-le, redoute-le, tout mon ami qu’il est! crains-moi moi-même!… Ne nous écoute plus ni l’un ni l’autre. Fuis Laure, n’ait plus avec elle le moindre rapport… surtout, surtout évite de parler à Gaudet! Lui, moi, tous les hommes, nous sommes des monstres… Ô ma sœur! ma sœur! qui me l’eût dit, que j’étais le plus féroce, le plus barbare des hommes!… Écrire sans pouvoir ouvrir mon cœur!… Il faut cesser. Sois prudente, ma chère Ursule.

Adieu.

Lettre 31. Gaudet, à Ursule.

[Il lui donne avis du danger qu’il cause.].

Même jour.

Pardonnez, mademoiselle, la liberté que je prends de vous écrire: mais il le faut. Je ne sais ce qui m’est revenu ces jours-ci, d’une entreprise que méditait un de vos adorateurs (car vous en avez, quoique vous les ignoriez); mais je me crois obligé, par l’amitié qui règne entre votre frère et moi, de vous donner avis de tout, même des bruits que je crois peu vraisemblables. Le mal, c’est que je n’ai encore pu découvrir lequel de vos amants forme un dessein très hardi: si je le savais, je serais son ombre, tant que le péril durerait. Cependant ne prenez pas d’inquiétude: dans cette capitale, les coups fourrés sont aussi difficiles que dangereux pour leur auteur; il ne s’agit donc que d’un peu d’attention sur vos démarches, lorsque vous sortirez seule… Au reste, je voudrais de tout mon cœur que quelque imprudent fît cette équipée! je n’y verrais que l’acheminement à la fortune du frère de la sœur… Ma découverte est l’effet du hasard, ou, si vous voulez, de l’habitude que j’ai prise de ne jamais passer un jour sans tâcher de vous voir à votre fenêtre, afin de pouvoir toujours être en état d’écrire à mon ami: ta sœur se porte bien.

Votre cousine Laure veut aussi vous écrire. Je suis très respectueusement, mademoiselle,

Votre, etc.

Lettre 32. Laure, à Ursule.

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