Les enfants de Dune [Children of Dune - fr]
- Автор: Херберт Фрэнк
- Серия: Dune (fr) #3
- Год: 1978
- Язык: французский
- Год: Robert Laffont
- ISBN: 2-221-00045-5
- Переводчик: Мишель Демют
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Les enfants de Dune [Children of Dune - fr]». Краткое содержание книги:
C’est alors que se jouent les destins des enfants de Dune.
Leto et Ghanima, les jumeaux nés de Paul et de Chani, se sont éveillés à la conscience dans le ventre de leur mère et portent en eux les mémoires héréditaires d’innombrables générations. Il leur faut les dompter s’ils veulent échapper à l’Abomination redoutée par les Sœurs du Bene Gesserit à la possession par un spectre surgi de ce passé génétique.
Il leur faut aussi déjouer les complots s’ils veulent survivre, refondre l’univers humain ébranlé par le Jihad et régner à leur tour sur Dune.
Voici enfin le troisième volet de l’épopée la plus fascinante de toute la science-fiction moderne. Un grand roman historique situé dans l’avenir lointain.
Dans huit mille ans.
« Je ne suis que chef parmi les Fremen, dit Stilgar. Vous êtes fils de Duc. »
« Sans savoir ce que tu disais, tu l’as dit », fit Leto.
Stilgar fronça les sourcils. Autrefois, Muad’Dib l’avait tancé de la même façon.
« Tu t’en souviens, n’est-ce pas, Stil ? Nous étions près de la Chaîne de Habbanya et il y avait ce capitaine Sardaukar – Aramsham, tu ne l’as pas oublié, non ? Il avait tué son ami afin de sauver sa propre vie. Plusieurs fois, ce jour-là, tu avais grommelé contre l’idée d’épargner la vie des Sardaukars qui avaient surpris nos secrets. Et finalement, tu dis qu’ils ne pourraient que révéler ce qu’ils avaient vu : il fallait les tuer. C’est alors que mon père t’a dit : Sans savoir ce que tu disais, tu l’as dit. Et cela t’a blessé. Tu lui as dit que tu n’étais qu’un simple chef parmi les Fremen. Les ducs doivent avoir connaissance de choses plus importantes. »
Stilgar le regarda. Nous étions près de la Chaîne de Habbanya ! Quoi, ce… cet enfant qui n’avait pas même été conçu alors connaissait chaque détail de cet instant, des détails que seul pouvait connaître quelqu’un qui avait vécu cet instant. Encore une fois, cela prouvait que les enfants Atréides ne pouvaient être jugés selon les normes ordinaires.
« A présent, tu vas m’écouter, dit Leto. Si jamais je meurs ou disparais dans le désert, tu devras fuir le Sietch Tabr. Je te l’ordonne. Tu prendras Ghani et…»
« Vous n’êtes pas encore mon Duc ! Vous êtes un… un enfant ! »
« Je suis un adulte dans un corps d’enfant ! (Leto tendit le doigt, désignant une étroite fissure dans la roche, juste en dessous de l’endroit où ils se trouvaient.) Si je meurs, ce sera là, exactement. Tu verras mon sang. Tu le sauras. Alors, tu prendras ma sœur et…»
« Je vais faire doubler votre garde, dit Stilgar. Et vous ne viendrez plus ici. Maintenant, nous allons rentrer…»
« Stil ! Tu ne peux me retenir. Pense encore à ce qui s’est passé près de la Chaîne de Habbanya. Tu n’as pas oublié ? La chenille de l’usine était là, dans le désert, et un grand Faiseur approchait. Il était impossible que l’engin échappe au ver. Mon père déplorait cette perte inévitable. Mais Gurney, lui, ne pensait qu’aux hommes qui étaient là, condamnés à périr dans le sable. Te rappelles-tu ce qu’il dit alors ? Votre père se serait plutôt soucié des hommes qu’il ne pouvait sauver. Stil, je te charge de sauver des vies. Elles sont plus importantes que les choses. Et Ghani entre toutes parce que, moi disparu, elle restera l’unique espoir des Atréides. »
« Je ne veux plus vous écouter », dit Stilgar. Sur ce, il se détourna et entreprit de redescendre des rochers en direction de l’oasis. Derrière lui, il entendit les pas de Leto qui ne tarda pas à le rattraper, puis à le dépasser. Il se retourna alors, regarda le vieux Naib et dit : « Stil, as-tu remarqué comme les jeunes femmes sont belles, cette année ? »
18
La vie d’un humain, tout comme la vie d’une famille ou celle de tout un peuple, persiste en tant que mémoire. Mon peuple doit en venir à considérer cela comme faisant partie de son processus de maturation. Il constitue un organisme et, par cette mémoire persistante, il accumule ses expériences dans un réservoir subliminal. L’humanité espère pouvoir utiliser si besoin est ce matériau dans un univers changeant. Mais une grande part de ce qui est stocké dans ce réservoir peut être perdue par ce jeu de hasard accidentel que nous appelons « le destin ».
Une autre grande part peut ne pas être intégrée aux relations évolutionnaires ; ainsi, elle ne peut pas être évaluée et activée par ces modifications permanentes de l’environnement qui affectent la chair. L’espèce peut oublier ! Voici la valeur spéciale du Kwisatz Haderach que le Bene Gesserit n’a jamais soupçonnée : le Kwisatz Haderach ne peut oublier.