Au bal des rombières
- Автор: Дар Фредерик
- Серия: Le Commissaire San-Antonio #145
- Год: 1990
- Язык: французский
- Год: Éditions Fleuve Noir
- ISBN: 2-265-04365-6
- Жанр: Иронические детективы
Электронная книга - «Au bal des rombières». Краткое содержание книги:
La serveuse est tout contre Violette qui lui fourrage l’entrejambe avec ardeur et conviction. Béru, déclenché, part en exploration à son tour, et le couple infernal se met à triturer la figuasse de la môme avec une superbe impudeur qui force l’admiration.
— Troisième épisode, annoncé-je, le jet d’acide ! Les « démons » de l’institut branchent la lance d’arrosage sur un réservoir d’acide. C’est la bonne femme de la lingerie qui manœuvre le jet et carbonise un pauvre vieillard chenu. Mort atroce ! Comment cette morue ne s’est-elle pas aperçue plus rapidement de ce qui se passait ? Il faut convenir que, dans ce traitement, le patient se trouve à une certaine distance de l’arroseuse. Que retenir de ce forfait ? Qu’il a fallu de la main-d’œuvre pour amener le réservoir d’acide et opérer le détournement. Une personne seule n’y aurait pas suffi.
Pinuche continue d’annoter. Jérémie m’écoute, le menton dans ses mains, son gros regard blanc et noir posé sur moi. Bérurier et sa pétasse s’activent sur la pauvre serveuse égarée qu’ils triturent comme des chiens ! La môme dont on force les orifices sud exécute un curieux mouvement de balancement pour activer la manœuvre. Elle a les yeux en code, les dents crochetées, le nez pompeur. Je vois venir le moment où elle va s’affaler.
Des clients qui se sont aperçus du manège cessent de briffer et, fascinés, regardent l’étonnant spectacle.
— Quatrième épisode, poursuis-je inexorablement. Il me concerne. Quelqu’un place une bombe sous mon plumard ! Ce qui prouve qu’on a découvert qui j’étais et qu’on me redoute. Question : pourquoi me redoute-t-on ?
— Parce que tu as une réputation éblouissante, déclare M. Blanc.
— Peut-être, immodesté-je, mais, si vous voulez le fond de ma pensée, on a peur que je découvre la vérité avant que ne soit perpétrée la chose essentielle. Ces meurtres sont des hors-d’œuvre avant le plat de résistance.
— Comme tu y vas ! s’écrie César Pinaud. Que sera ce plat de résistance si l’hécatombe que tu détailles est considérée comme de la broutille !
— Je sens les choses ainsi, réponds-je. J’espère me tromper. Donc, on veut me buter. Ma veine jouant, j’en réchappe.
La serveuse fléchit des cannes. Elle vient de s’accouder délibérément à notre table, le front posé sur ses bras, le cul tendu haut, les jambes écartées. Béru et Violette cigognent à tout-va. Ils ont cessé de m’écouter. Le Gros est apoplectique.
Il grommelle :
— Charogne ! Quelle babasse ! J’t’vas t’l’emplâtrer sans beurre, celle-là ! J’sais pas qui est-ce qui l’a déberlinguée, mais d’vait z’êt’ monté cosaque, l’frangin ! Ou alors, elle s’est dépoté l’trésor à la bett’rave sucrière. Une d’mon village f’sait ça. Elle la pelait qu’ça soye lisse et s’la carrait entièr’ment dans la tirelire ! Elle c’était une bett’rave fourragère. La fourragère est aussi grosse qu’la sucrière, mais plus longue ! Entière, j’vous dis ! Une vaillante, la fille Marchandise ! Jamais feignante du cul, j’vous l’affirme ! On lui f’sait des godes av’c des épis d’ maïs ; elle raffolait !
— Cinquième épisode ! laissé-je tomber en montant le ton pour couvrir les obscénités béruréennes. Nous embarquons Ellena Mencini avec l’intention de la faire parler. Mais, en pleine nuit, deux faux gendarmes viennent la chercher à l’endroit, que nous espérions secret, où nous la détenions. Ils la tuent froidement et placent son corps dans la voiture de Béru. Donc, nous avons la preuve que les effectifs des tueurs de l’institut comportent au moins trois personnes : la femme qui appela la monitrice des quatre électrocutés au téléphone et ces deux gendarmes bidons. Passons maintenant au sixième épisode !
— Oh ! Oh ! là ! Oh ! la la ! Oui, voui, vouiiii ! lance la servante.
Béru dégage sa dextre du piège délicieux où il l’avait engagée.
— J’croive qu’la pauvrette part en sucette ! déclare-t-il. On y est été trop fort, moi et Violette ! Elle contrôle mal des sens. J’vas la terminer su’ l’pouce.
Il se dresse, relève la jupaille de la fille dont Violette a déjà baissé la rude culotte, et béante de la braguette.
Tourné vers les clients, il les harangue avec beaucoup de simplicité.
— Mehâmes, messieurs, apostrophe le Chérubin en déballant sa rapière de quarante centimètres, j’vous d’mande pardon d’mescuser, mais y a des cas dans la vie où les conv’nances on s’assoye d’sus. C’te gamine est à bout d’nerfs, c’est comme si é nous f’rait d’la noyade précoce, et qu’on dusse y pratiquer l’bouche-à-bouche. J’sus pas l’genre d’homme à r’culer d’vant mes responsabilités. Notez qu’si un m’sieur d’ent’ vous aimerait s’charger d’la b’sogne, j’lu laisse la place estrêment volontiers. Non ? Pas d’amateur ? Bon, en c’cadastre, j’vas usiner, prenez pas ombrage, c’est la nature qui cause.
Et il s’attelle.
— J’ai dit que nous passions au sixième épisode ! persévéré-je.
La table tremble, la vaisselle vibre, la serveuse glousse, Béru ahane, Violette pelote les énormes chardons sombres que sont les plantureux testicules du Gros. Et moi, indomptable :
— Sixième épisode : l’assassinat de la dame Gabot, noyée dans sa bassine d’eau ! L’objet de ce meurtre ? Il est clair, il s’impose : la femme savait quelque chose ou, du moins, « les autres » étaient persuadés qu’elle savait. On l’a supprimée par mesure de sécurité. Combien étaient-ils, ses assassins ? Nous n’avons pas de précision sur ce point. La gendarmerie enquête, peut-être découvrira-t-elle des éléments intéressants en questionnant le voisinage ?
« Septième épisode enfin et, provisoirement dernier : Aldo Morituri se pend près du corps de sa mère. Là, il s’agit réellement d’un suicide. Ce qui l’a déterminé ? Le décès de sa vieille maman ? Je ne le crois pas. Je pense plutôt qu’il est consécutif à un appel téléphonique reçu dans la nuit. Sur l’instant, j’ai pensé qu’il émanait d’Ellena Mencini. Je me gourais, puisqu’elle était morte. Voilà, mes amis, nous en sommes là. »
Le patron au tablier bleu qui radine de sa cuistance stoppe en voyant le Mammouth fourrer son employée.
Il regarde ses clients silencieux et, la voix sourde, questionne :
— Qu’est-ce y lui fait ?
Il amorce un pas, étudie le couple, sa position, ses mouvements, ses réactions sonores.
Se tournant à nouveau vers les convives :
— Il la chausse, non ?
Mutisme général.
— En levrette, si je comprends bien ? Hein, dites, c’est ça : en levrette ?
Il tape sur l’épaule du Gros :
— Dites, foutez-la-moi pas enceinte, surtout. Elle est tellement barjot, la Léa, qu’on s’demande où elle en est avec la pilule. Elle est capable de prendre des pastilles Valda à la place !
— Faites-vous pas d’souci, patron, on sait viv’ ; mais vous avez bien fait d’m’préviendre, le rassure Béru.
Il détourne la tête et considère le sol.
— C’est pas d’la moquette, c’est du carrelage, constate Alexandre-Benoît, no problème ! Notez qu’ si ç’aurait été d’la moquette, Mam’zelle Violette se fût fait un plaisir d’m’attend’ Popaul à la sortie des artiss’ pour une dégustation espress. L’sirop d’homme, c’est sa folie !
TOUCHE PAS À MON POTE
— Dix morts et un attentat, déclare Pinuche en un rapide bilan, après avoir renfouillé ses notes. La certitude d’être en présence d’au moins trois malfaiteurs, ainsi que tu l’as observé, cher Antoine.