Sans parler du chien
- Автор: Уиллис Конни
- Год: 2003
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- ISBN: 2-290-32491-4
- Переводчик: Jean-Pierre Pugi
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Sans parler du chien». Краткое содержание книги:
Terence étendit une nappe et y disposa des assiettes et des timbales en fer-blanc.
— Je peux vous aider ? lui proposai-je.
Je salivais déjà. Quand avais-je mangé décemment pour la dernière fois ? Une tasse de thé et un gâteau sec à la kermesse de l’Institut féminin pour la victoire, et il y avait de cela au moins deux jours et cinquante-deux ans.
Il fouilla dans la bourriche et en sortit un chou et un gros citron.
— Nous aurons besoin de couvertures. Il y a deux places dans le canot, et l’un de nous dormira sur la rive. Et si vous dénichez les couverts et la ginger beer, n’hésitez pas à les apporter.
J’allai prendre les couvertures et les étalai sur le sol. L’île devait être la propriété du marguillier d’Iffley, car je voyais des pancartes sur la quasi-totalité des arbres ainsi que sur des piquets plantés au bord des flots. « Terrain privé », « Eaux privées », « Accès interdit », « Mouillage interdit », « Pêche interdite », « Décharge interdite », « Camping interdit », « Pique-nique interdit » et « Accostage interdit ».
Je fouillai dans les bagages de Terence et trouvai un assortiment d’étranges ustensiles. Je pris ceux qui ressemblaient le plus à des fourchettes, des cuillers et des couteaux.
— Je crains que cet en-cas ne soit frugal, m’annonça-t-il. J’avais l’intention d’acheter des provisions en cours de route, et nous devrons nous en contenter. Dites au professeur que le dîner est servi, si on peut appeler ça un dîner.
Accompagné par Cyril, j’allai chercher Peddick qui se penchait au-dessus des flots.
L’en-cas frugal de Terence consistait en un pâté de porc, un pâté de veau, du rôti froid, un jambon, des pickles, des œufs et des betteraves au vinaigre, du fromage, du pain et du beurre, le tout étant arrosé de ginger beer et d’une bouteille de porto. Ce devait être le meilleur repas que j’avais fait de toute mon existence.
Terence donna les derniers morceaux de rosbif à Cyril, prit une boîte de conserve et s’exclama :
— Saperlipopette ! J’ai oublié l’ouvre-boîte et j’ai ici des…
— Ananas, devinai-je.
Il lut l’étiquette.
— Perdu. Pêches au sirop.
Il se pencha sur la bourriche.
— Mais il doit y avoir des ananas quelque part. Notez bien que le goût sera le même, sans ouvre-boîte.
Nous pourrions essayer de l’ouvrir avec la gaffe, me dis-je en souriant. Comme les trois hommes dans un bateau. Ce qui aurait été fatal à George, s’il n’avait eu son canotier.
— Nous avons un canif, suggéra Terence.
Avant d’opter pour la gaffe, ils en avaient utilisé un, ainsi qu’une paire de ciseaux et une grosse pierre.
— Nous nous en passerons, dis-je avec sagesse.
— Ma foi, Ned, n’auriez-vous pas un ouvre-boîte ?
Connaissant Finch, il avait dû y penser. Je dépliai mes jambes ankylosées et descendis vers les saules pour inventorier le contenu de mes bagages.
Il y avait dans la sacoche trois chemises sans col, une tenue de soirée trop étriquée pour moi et un chapeau melon quant à lui bien trop grand.
Je m’intéressai à la bourriche et y trouvai d’énormes cuillers et divers objets, dont un muni d’une lame digne d’un cimeterre et un autre avec deux poignées et un barillet. Des armes de poing, conclus-je.
Cyril vint m’aider.
— Je présume que tu ignores à quoi ressemble un ouvre-boîte ?
Je lui montrai une grille fixée à l’extrémité d’un long manche.
Cyril regarda dans la sacoche puis alla renifler le panier d’osier.
— Là-dedans ?
Je retirai la cheville glissée dans une boucle et soulevai le couvercle.
La Princesse Arjumand leva vers moi de grands yeux gris et bâilla.
Chapitre huit
Un chat, a-t-on dit avec justesse, sera toujours un chat, et tout semble indiquer qu’on n’y pourra jamais rien changer.