La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette [Flickan som lekte med elden - fr]
- Автор: Ларссон Стиг
- Год: 2006
- Язык: французский
- Год: ACTES SUD
- ISBN: 2742765018
- Переводчик: Lena Grumbach
- Жанр: Триллеры
Электронная книга - «La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette [Flickan som lekte med elden - fr]». Краткое содержание книги:
Mikael aimerait surtout revoir Lisbeth. Il la retrouve sur son chemin, mais pas vraiment comme prévu : un soir, dans une rue de Stockholm, il la voit échapper de peu à une agression manifestement très planifiée. Enquêter sur des sujets qui fâchent mafieux et politiciens n'est pas ce qu'on souhaite à de jeunes journalistes amoureux de la vie.
Deux meurtres se succèdent, les victimes enquêtaient pour Millénium. Pire que tout, la police et les médias vont bientôt traquer Lisbeth, coupable toute désignée et qu'on a vite fait de qualifier de tueuse en série au passé psychologique lourdement chargé.
Mais qui était cette gamine attachée sur un lit, exposée aux caprices d'un maniaque et qui survivait en rêvant d'un bidon d'essence et d'une allumette ? S'agissait-il d'une des filles des pays de l'Est, y a-t-il une hypothèse plus compliquée encore ? C'est dans cet univers à cent à l'heure que nous embarque Stieg Larsson qui signe avec ce deuxième volume de la trilogie Millénium un thriller au rythme affolant.
DEUX HEURES PLUS TARD, Mimmi préparait le café, tandis que Lisbeth restait allongée, nue et transpirante, sur le couvre-lit. Elle fuma une cigarette tout en contemplant le dos de Mimmi par l'entrebâillement de la porte. Elle enviait le corps de Mimmi, avec ses muscles impressionnants. Mimmi s'entraînait trois soirs par semaine, dont un à la boxe thaïe ou un truc genre karaté, ce qui avait donné à son corps cette condition physique insolente.
Elle était tout simplement appétissante. Pas belle comme un mannequin, mais véritablement attirante. Mimmi adorait provoquer et exciter. Quand elle faisait la folle dans une fête, vêtue de ses tenues spéciales, elle arrivait à brancher n'importe qui. Elle pouvait obtenir qui elle voulait. Lisbeth ne comprenait pas pourquoi Mimmi s'intéressait à une dinde anorexique comme elle.
Mais elle était contente que ce soit le cas. La baise avec Mimmi, c'était tellement libérateur que Lisbeth se laissait aller, jouissait, prenait et donnait.
Mimmi revint avec deux mugs qu'elle posa sur un tabouret. Elle grimpa dans le lit et se pencha pour embrasser l'un des tétons de Lisbeth.
— Bon, ben, ils font l'affaire, dit-elle.
Lisbeth ne dit rien. Elle regarda les seins de Mimmi devant ses yeux. Mimmi aussi avait des seins plutôt petits mais ils semblaient tout à fait naturels sur son corps.
— Très sincèrement, Lisbeth, tu es vraiment plus qu'attirante.
— Te fiche pas de moi. Les seins n'y changent rien, mais maintenant je les ai.
— Tu fais une fixation sur le corps.
— Et c'est toi qui dis ça, toi qui t'entraînes comme une déjantée.
— Je m'entraîne comme une déjantée parce que j'aime m'entraîner. C'est comme un shoot, presque aussi fort que le sexe. Tu devrais essayer.
— Je fais de la boxe, dit-elle.
— Tu parles. Tu n'y allais qu'une fois tous les deux mois et parce que tu prenais un malin plaisir à tabasser les connards qui frimaient. Ça, ce n'est pas s'entraîner pour se sentir bien.
Lisbeth haussa les épaules. Mimmi s'assit à califourchon sur elle.
— Lisbeth, tu es tellement nombriliste et fixée sur ton corps que tu me mets en pétard. Essaie de comprendre que si j'aimais t'avoir dans mon lit, ce n'était pas pour ton aspect physique mais pour ton comportement. Pour moi, tu es vachement sexy. Et tu sais comment je fonctionne.
— Toi aussi. C'est pour ça que je reviens vers toi.
— Ce n'est pas de l'amour alors ? demanda Mimmi d'une voix qu'elle feignit blessée. Lisbeth secoua la tête.
— Est-ce que t'es avec quelqu'un en ce moment ?
Mimmi hésita un instant avant de hocher la tête.
— Peut-être. D'une certaine façon. On peut dire. C'est un peu compliqué.
— Je ne t'en demande pas plus.
— Je sais. Mais moi, je veux bien t'en parler. Si on peut dire, je suis avec une femme qui bosse en fac, un peu plus âgée que moi. Elle est mariée depuis vingt ans et on se voit en quelque sorte dans le dos de son mari. Tu sais, villa de banlieue, et tout ça. Une gouine inavouée.
Lisbeth hocha la tête.
— Son mari voyage pas mal, alors on se voit de temps en temps. Ça dure depuis l'automne et ça commence à devenir un peu routine. Mais elle est vraiment bien fichue. A part ça, je continue évidemment à voir la bande habituelle.
— Ma question, en fait, c'était : est-ce que je peux revenir te voir ?
Mimmi fit oui de la tête.
— Oui, j'ai très envie que tu donnes de tes nouvelles.
— Même si je disparais pendant six mois encore ?
— Garde le contact. Je tiens à savoir si tu es en vie ou pas. Et, crois-moi ou pas, je me souviens de la date de ton anniversaire.
— Pas d'exigences ?
Mimmi soupira et sourit.
— Tu sais, toi tu es une fille avec qui je pourrais vivre. Tu me laisserais tranquille quand j'ai envie qu'on me laisse tranquille.
Lisbeth ne dit rien.
— A part qu'en réalité tu n'es pas lesbienne. Pas vraiment. Bisexuelle, peut-être. Je crois surtout que sexuellement tu es difficile à définir. Autrement dit : tu aimes le sexe et tu te fous d'avec qui ça peut être. Tu es surtout un facteur de chaos permanent, j'ai l'impression.
— Je ne sais pas ce que je suis, dit Lisbeth. Mais je suis revenue à Stockholm et je ne suis pas douée pour les relations. Pour tout dire, je ne connais absolument personne ici. T'es la première personne avec qui je parle depuis mon retour.
Mimmi la dévisagea d'un air sérieux.
— Tu as vraiment envie de connaître du monde ? Toi, la fille la plus anonyme et inaccessible que je connaisse ?
Elles se turent un moment.
— Mais tes nouveaux seins sont vraiment super.
Elle posa les doigts sous un téton et tira sur la peau.
— Ils te vont très bien. Ni trop gros, ni trop petits.
Lisbeth soupira de soulagement de voir que les critiques allaient dans le bon sens.
— Et au toucher, ça fait vrai sein.
Elle serra si fort que Lisbeth ouvrit la bouche, le souffle coupé. Elles se regardèrent. Puis Mimmi se pencha en avant et l'embrassa goulûment. Lisbeth serra Mimmi contre elle. Le café refroidit avant qu'elles l'aient bu.
7
SAMEDI 29 JANVIER — DIMANCHE 13 FÉVRIER
LE GÉANT BLOND entra dans le village de Svavelsjö entre Järna et Vagnhärad vers 11 heures le samedi matin. L'agglomération comportait une quinzaine de maisons. Il arrêta sa voiture au dernier bâtiment, à environ cent cinquante mètres à l'extérieur du village. C'était une ancienne bâtisse industrielle défraîchie qui avait autrefois été une imprimerie, mais qui selon un panneau se targuait aujourd'hui d'abriter le Moto-Club de Svavelsjö. Bien que la circulation soit inexistante, il regarda attentivement autour de lui avant d'ouvrir la portière. L'air était frais. Il enfila des gants de cuir marron et sortit un sac de sport du coffre arrière.
Il ne craignait pas spécialement d'être repéré. La vieille imprimerie était située de telle façon qu'il était pratiquement impossible de garer une voiture sans que ça se voie. Si des flics voulaient placer le bâtiment sous surveillance, ils seraient obligés d'équiper leurs hommes de tenues de camouflage et de les installer dans un fossé de l'autre côté des champs, munis de télescopes. Ils auraient vite fait d'être aperçus par les gens du village qui en parleraient, et comme trois des maisons appartenaient à des membres du Moto-Club, en peu de temps cela remonterait au patron du club.
Il ne tenait pas à entrer dans la maison, en revanche. Deux-trois fois, les flics avaient fait des descentes dans le local du club et allez savoir s'ils n'avaient pas installé un système d'écoute discret. Cela signifiait que les conversations quotidiennes à l'intérieur étaient limitées aux bagnoles, aux filles et à la bière, voire parfois aux projets économiques, mais rarement des secrets d'une importance primordiale.
Le géant blond attendit donc patiemment que Carl-Magnus Lundin sorte dans la cour. Magge Lundin, trente-six ans, était le président du club. Maigre de constitution au départ, il avait pris en quelques années tant de kilos qu'il affichait le bide caractéristique des buveurs de bière.