Les soupers du prince
- Автор: Дар Фредерик
- Серия: Sous le nom de San-Antonio #7
- Год: 1992
- Язык: французский
- Год: Éditions Fleuve Noir
- ISBN: 978-2265048287
- Жанр: Современная русская и зарубежная проза
Электронная книга - «Les soupers du prince». Краткое содержание книги:
« Je t’attendais depuis sept mois quand la princesse Gertrude m’a fait venir dans son petit boudoir. Elle m’a parlé gentiment. C’était une femme douce mais ferme, implacable. Elle m’a expliqué qu’elle m’avait aidée, bien que je fusse en situation irrégulière par rapport aux autorités helvétiques, qu’elle s’apercevait que j’étais enceinte et qu’il me serait impossible d’accoucher dans ce pays où je séjournais sans permis. Le moment était venu de nous séparer. Elle ajouta : « Nous vous regretterons beaucoup », en appuyant sur le « Nous ». Miss Maléva allait me remettre trois mois de gages (de vraiment pauvres gages) et le nouveau chauffeur me conduirait à Bellegarde d’où je pourrais prendre un train pour Paris. Elle me conseillait de reprendre contact avec ma mère, les mamans se montrant la plupart du temps compréhensives dans des cas semblables.
« J’ai tout encaissé sans broncher ni verser une larme. L’auto sans freins venait de se fracasser contre le mur de l’aristocratie ! Il fut convenu que je quitterais le château le lendemain très tôt. J’espérais en une dernière soirée avec Sigismond, mais quand j’entrai dans ma petite chambre, il y avait cette lettre sur mon oreiller. Je te la remets, Doudou, parce qu’elle te concerne davantage que moi… Je te supplie de la conserver. »
Il se sentait sec et ne partageait pas l’émotion de Rosine. Il en voulait à cet exilé dont sa mère avait servi le caprice. Un dandy pétaradant à qui ses frasques servaient d’éthique. Il se saisit de la lettre avec répulsion et se mit à déchiffrer l’écriture verte que le temps avait pâlie jusqu’à rendre certains mots à peine discernables. Il lut :
Petite Rosine,
Voilà donc que le temps est venu de nous séparer. Vous avez bien raison de vouloir garder cet enfant qui sera, je le pressens, mon unique descendant. Je devine un garçon. Vous l’appellerez Édouard, qui est mon second prénom. Ne cherchez jamais à me le montrer, vous vous feriez éconduire.
Votre merveilleux comportement au lit me donne à penser que vous avez une charmante carrière à faire dans la galanterie feutrée. Mes vœux et mes prières vous accompagnent.