Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
Maupassant - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Maupassant

Электронная книга - «Maupassant». Краткое содержание книги:

Ce livre des œuvres complètes de Guy de Maupassant est exhaustif. Il réunit ses huit romans (dont deux inachevés), ses quelques 350 nouvelles réunies en 24 recueils, ses sept pièces de théâtre (dont deux inachevées), toutes ses poésies (réunies en deux volumes), ses carnets de voyages ainsi que les centaines d’articles qu’il écrivit pour la presse entre 1876 et 1891 (classées par dates de publication et par recueils annuels). Une introduction de l’éditeur explique le parcours et l’œuvre de Guy de Maupassant. Ce livre est le fruit d'une somme de travail considérable. Les quelques milliers de pages de « Maupassant : Œuvres complètes » sont réparties en 57 volumes, ayant chacun un sommaire interactif propre. Aussi, un sommaire général permet d’accéder instantanément à n'importe lequel de ses volumes, ou, au choix, à un de ses chapitres, nouvelles, contes fantastiques, poésies, articles de presse, etc. Toutes ces œuvres ont été relues, corrigées lorsque cela était nécessaire, et mises en page avec soin pour en rendre leur lecture aussi agréable que possible.
Au-delà d’une simple compilation, « Maupassant : Œuvres complètes » constitue également un formidable outil de recherche, facile et agréable à utiliser pour quiconque s’intéresse à l’œuvre de Guy de Maupassant. Pour le simple lecteur, il est une source de plaisir et de curiosité quasiment inépuisable.
• Edition complétée d’une étude de l’éditeur.
• Edition enrichie de notes explicatives interactives.
1 ... 334 335 336 337 338 339 340 341 342 ... 1460
Перейти на страницу:

Puis la conversation redevint générale, mais languissante, étouffée par les idées qui avaient passé dans l’air de ce joli salon meublé d’objets précieux.

Prédolé s’en alla de bonne heure, en donnant pour raison qu’il était au travail tous les matins au lever du jour.

Lorsqu’il fut parti, Lamarthe, enthousiasmé, demanda à Mme de Burne :

— Eh bien ! Comment le trouvez-vous ?

Elle répondit, en hésitant, d’un air mécontent et peu séduit :

— Assez intéressant, mais raseur.

Le romancier sourit et pensa : « Parbleu, il n’a pas admiré votre toilette, et vous êtes le seul de vos bibelots qu’il ait à peine regardé ». Puis, après quelques phrases aimables, il alla s’asseoir auprès de la princesse de Malten, afin de lui faire la cour. Le comte de Bernhaus s’approcha de la maîtresse de la maison, et, prenant un petit tabouret, parut s’affaisser à ses pieds. Mariolle, Massival, Maltry et M. de Pradon continuaient à parler du sculpteur, qui avait fait sur leurs esprits une forte impression. M. de Maltry le comparait aux maîtres anciens, dont toute la vie fut embellie et illuminée par l’amour exclusif et dévorant des manifestations de la Beauté ; et il philosophait là-dessus, avec des phrases subtiles, justes et fatigantes.

Massival, las d’écouter parler d’un art qui n’était point le sien, se rapprocha de Mme de Malten et s’assit auprès de Lamarthe, qui lui céda bientôt la place pour aller rejoindre les hommes.

— Partons-nous ? dit-il à Mariolle.

— Oui, bien volontiers.

Le romancier aimait parler, la nuit, sur les trottoirs en reconduisant quelqu’un. Sa voix brève, stridente, mordante, semblait s’accrocher et grimper aux murs des maisons. Il se sentait éloquent et clairvoyant, spirituel et imprévu en ces tête-à-tête nocturnes, où il monologuait plutôt qu’il ne causait. Il y obtenait pour lui-même des succès d’estime qui lui suffisaient, et il se préparait au bon sommeil par cette légère fatigue des poumons et des jambes.

Mariolle, lui, était à bout de forces. Toute sa misère, tout son malheur, tout son chagrin, toute son irrémédiable déception bouillonnaient en son cœur depuis qu’il avait franchi cette porte.

Il n’en pouvait plus, il n’en voulait plus. Il allait partir pour ne point revenir.

Quand il prit congé de Mme de Burne, elle lui dit adieu d’un air distrait.

Les deux hommes se trouvèrent seuls dans la rue. Le vent ayant tourné, le froid de la journée avait cessé. Il faisait chaud et doux, ainsi qu’il fait doux deux heures après une giboulée, au printemps. Le ciel, plein d’étoiles, vibrait comme si, dans l’espace immense, un souffle d’été eût avivé le scintillement des astres.

Les trottoirs étaient redevenus gris et secs, tandis que, sur les chaussées, des flaques d’eau luisaient encore sous le gaz.

Lamarthe dit :

— Quel homme heureux, ce Prédolé !.. Il n’aime qu’une chose, son art, ne pense qu’à cela, ne vit que pour cela, et cela emplit, console, égaye, fait heureuse et bonne son existence. C’est vraiment un grand artiste de la vieille race. Ah ! Il ne s’inquiète guère des femmes, celui-là, de nos femmes à colifichets, à dentelles et à déguisements. Avez-vous vu comme il a fait peu d’attention à nos deux belles dames, qui étaient pourtant très séduisantes ? Mais il faut de la pure plastique, à lui, et non de l’artificiel. Il est vrai que notre divine hôtesse l’a jugé insupportable et imbécile. Pour elle, un buste de Houdon, des statuettes de Tanagra ou un encrier de Benvenuto ne sont que les petites parures nécessaires à l’encadrement naturel et riche d’un chef-d’œuvre qui est Elle : Elle et sa robe, car sa robe fait partie d’Elle ; c’est la note nouvelle qu’elle donne chaque jour à sa beauté. Comme c’est futile et personnel, une femme !

Il s’arrêta ; en frappant le trottoir d’un coup de canne si sec que le bruit courut quelque temps dans la rue. Puis il continua :

— Elles connaissent, comprennent et savourent ce qui les fait valoir : la toilette et le bijou qui changent de mode tous les dix ans ; mais elles ignorent ce qui est d’une sélection rare et constante, ce qui exige une grande et délicate pénétration artiste, et un exercice désintéressé, purement esthétique de leurs sens. Elles ont d’ailleurs des sens très rudimentaires, des sens de femelles, peu perfectibles, inaccessibles à ce qui ne touche pas directement l’égotisme féminin qui absorbe tout en elles. Leur finesse est de sauvage, d’indien, de guerre, de piège. Elles sont même presque impuissantes à goûter les jouissances matérielles d’ordre inférieur qui exigent une éducation physique et une attention raffinée d’un organe, comme la gourmandise. Quand elles arrivent, par exception, à respecter la bonne cuisine, elles demeurent toujours incapables de comprendre les grands vins, qui parlent seulement au palais des hommes, car le vin parle.

Il donna sur le pavé un nouveau coup de canne, qui scanda ce dernier mot, et mit un point à sa phrase.

Puis il reprit :

— Il ne faut pas leur demander tant d’ailleurs. Mais cette absence de goût et de compréhension qui obscurcit leur vue intellectuelle quand il s’agit de choses élevées, les aveugle souvent bien davantage encore quand il s’agit de nous. Il est inutile, pour les séduire, d’avoir de l’âme, du cœur, de l’intelligence, des qualités et des mérites exceptionnels, comme autrefois, où on s’éprenait d’un homme pour sa valeur et son courage. Celles d’aujourd’hui sont des cabotines, les cabotines de l’amour, répétant de chic une pièce qu’elles jouent par tradition et à laquelle elles ne croient plus. Il leur faut des cabotins pour leur donner la réplique et mentir leur rôle comme elles. J’entends par cabotins les pitres du monde ou d’ailleurs.

Ils marchèrent quelques moments en silence, l’un à côté de l’autre. Mariolle l’avait écouté avec attention, répétant mentalement ses phrases, l’approuvant de toute sa douleur. Il savait, d’ailleurs, qu’une sorte d’aventurier italien venu pour donner des assauts à Paris, le prince Epilati, gentilhomme de salles d’armes, dont on parlait partout et dont on vantait beaucoup l’élégance et la souple vigueur, exhibées au high-life et à la cocoterie d’élite sous des maillots collants de soie noire, accaparait en ce moment l’attention et la coquetterie de la petite baronne de Frémines.

Comme Lamarthe continuait à se taire, il lui dit :

— C’est notre faute ; nous choisissons mal, il y a d’autres femmes que celles-là !

Le romancier répliqua :

— Les seules encore capables d’attachement sont les demoiselles de magasin ou les petites bourgeoises sentimentales, pauvres et mal mariées. J’ai porté quelquefois secours à une de ces âmes en détresse. Elles sont débordantes de sentiment, mais de sentiment si vulgaire que le troquer contre le nôtre c’est faire l’aumône. Or je dis que dans notre jeune société riche, où les femmes n’ont envie et besoin de rien et n’ont d’autre désir que d’être un peu distraites, sans dangers à courir, où les hommes ont réglementé le plaisir comme le travail, je dis que l’antique, charmant et puissant attrait naturel qui poussait jadis les sexes l’un vers l’autre a disparu.

Mariolle murmura :

— C’est vrai.

Son envie de fuir s’accrut, de fuir loin de ces gens, de ces fantoches qui mimaient, par désœuvrement, la vie passionnée, belle et tendre d’autrefois, et ne goûtaient plus rien de sa saveur perdue.

— Bonsoir ! dit-il, je vais me coucher.

Il rentra chez lui, s’assit à sa table, et écrivit :

« Adieu, Madame. Vous rappelez-vous ma première lettre ? Je vous disais adieu aussi ; mais je ne suis pas parti. Comme j’ai eu tort ! J’aurai quitté Paris quand vous recevrez celle-ci. Ai-je besoin de vous expliquer pourquoi ? Les hommes comme moi ne devraient jamais rencontrer les femmes comme vous. Si j’étais un artiste et si mes émotions pouvaient être exprimées de manière à m’en soulager, vous m’auriez peut-être donné du talent ; mais je ne suis rien qu’un pauvre garçon en qui est entré, avec mon amour pour vous, une atroce et intolérable détresse. Quand je vous ai rencontrée, je ne me serais pas cru capable de sentir et de souffrir de cette façon. Une autre, à votre place, aurait versé en mon cœur une allégresse divine en le faisant vivre. Mais vous n’avez pu que le torturer. C’est malgré vous, je le sais ; je ne vous reproche rien, et je ne vous en veux pas. Je n’ai même pas le droit de vous écrire ces lignes. Pardonnez-moi. Vous êtes ainsi faite que vous ne pouvez pas sentir comme je sens, que vous ne pouvez pas seulement deviner ce qui se passe en moi quand j’entre chez vous, quand vous me parlez et quand je vous regarde. Oui, vous consentez, vous m’acceptez, et vous m’offrez même un paisible et raisonnable bonheur dont je devrais vous remercier à genoux toute ma vie. Mais je n’en veux pas. Ah ! Quel amour, horrible et torturant, celui qui demande sans cesse l’aumône d’une chaude parole ou d’une caresse émue, et qui ne la reçoit jamais ! Mon cœur est vide comme le ventre d’un mendiant qui courut longtemps, la main tendue, derrière vous. Vous lui avez jeté de belles choses, mais pas de pain. C’est du pain, c’est de l’amour qu’il me fallait. Je m’en vais misérable et pauvre, pauvre de votre tendresse, dont quelques miettes m’auraient sauvé. Je n’ai plus rien au monde qu’une pensée cruelle attachée à moi et qu’il faut tuer. C’est ce que je vais essayer de faire.

1 ... 334 335 336 337 338 339 340 341 342 ... 1460
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)