365 expressions de nos grands-mères
- Автор: Maillet Jean
- Год: 2012
- Язык: французский
- Год: Éditions de l’Opportun
- ISBN: 978-2360751709
- Жанр: Лингвистика
Электронная книга - «365 expressions de nos grands-mères». Краткое содержание книги:
Ethnologue de la langue française, il mène l’enquête au fil des pages pour nous révéler ce qu'était un patachon, un as de pique ou de la gnognotte. Malicieuses, imagées, ces expressions sans âge font encore notre bonheur quotidien et témoignent de la richesse de notre langue. Jean Maillet nous offre ainsi un merveilleux voyage dans l’histoire populaire du français !
Jean Maillet est spécialiste de la langue française, il a publié de nombreux ouvrages dont Langue française : Arrêtez le massacre !
On a dit aussi Avoir les yeux plus grands que la panse et Avoir plus grands yeux que grand’ panse, deux variantes encore mentionnées par Littré (1863-72).
Être zirou
C’est ce que grand-mère reprochait à mon frère qui, devant un bifteck, passait un temps infini à extraire méticuleusement le moindre petit morceau de nerf qu’il écartait sur le côté de l’assiette : « Qu’est-ce qu’il est zirou ! » Vous ne trouverez ce mot dans aucun dictionnaire, sauf de saintongeais, de poitevin et de vendéen.
Dans ces parlers régionaux, être zirou signifie « être délicat, difficile, facilement dégoûté », surtout en parlant de la nourriture. « Tu me fais zire ! » s’écriera celui qui n’aime pas les anguilles et voit son voisin s’en régaler. Le zire, c’est donc l’horreur, le dégoût, l’aversion. On trouve ce mot dès 1665 dans La Ministresse Nicole, dialogue poictevin : « Tout mon quieu en souffrene et qu’o me foit grond zire » (Tout mon cœur en souffre et cela me fait grand dégoût).
PAROLES
Mentir comme un arracheur de dents
Le mot « dentiste » ne fait son entrée au dictionnaire qu’en 1728 lorsque Pierre Fauchard (1679–1761) publie Le Chirurgien dentiste, ou Traité des dents, ouvrage considéré comme ouvrant la voie à l’odontologie moderne. Auparavant, on parlait plus communément d’arracheurs de dents, le seul et unique moyen de traiter une dent gâtée étant alors de l’arracher. Ces arracheurs de dents étaient aussi le plus souvent chirurgiens (pratiquant essentiellement la saignée), barbiers et marchands ambulants. Ils exerçaient leur « art » sur les places publiques, dans les foires ou les marchés. Les opérations s’effectuant sans anesthésie, ces « praticiens » devaient affirmer qu’elles étaient indolores pour éviter que le client terrorisé ne se carapate.