Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Научная фантастика » La jeune fille et les clones
La jeune fille et les clones - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

La jeune fille et les clones

Электронная книга - «La jeune fille et les clones». Краткое содержание книги:

Sur Stratos, les femmes se reproduisent l'hiver par clonage. En été, les hommes entrent en rut et il faut les enfermer dans les Sanctuaires. Mais quelques-uns échappent à la police sexuelle et s'accouplent, proti pudor ! avec les femmes. Les « vars » qui naissent de ces unions sont élevés jusqu'à la puberté puis chassés du clan ; à eux d'en fonder un autre, s'ils peuvent.
Maia et Leie, sa soeur jumelle, se voient ainsi, très jeunes, réduites à explorer ce monde pastoral et le trouvent plutôt compliqué. Il y a des radicales qui militent pour les droits des hommes ; des Perkinites qui au contraire, pour les éliminer, proposent la parthénogénèse ; et même un visiteur venu des étoiles pour proposer à Stratos de réintégrer le Phylum. Quoi, il y aurait eu sécession ? Pourquoi tous ces mystères : la Porte à Enigmes, le Mur d'Images, le Grand Modeleur ? Et comment faire bouger les choses ?
1 ... 26 27 28 29 30 31 32 33 34 ... 147
Перейти на страницу:

— Euh…, dit-elle fébrilement à la machine. Il faut que je parle à quelqu’un… une Savante, ou quelqu’un de la Guardia.

C’était mal parti…

— Ah oui ! À Caria !

Des cases apparurent sur l’écran qui était jusque-là resté vierge. « Des boîtes de dialogue », songea-t-elle avec un soupir. Elle lut :

Champ Adresse – Caria Recherche – référence catégorielle Indications insuffisantes – « Savante » et/ou « Guardia »

Précision requise – OBJET ?

Maïa sentit qu’elle n’arriverait à rien en essayant de présenter sa question de façon logique. Elle perdrait en temps de connexion ce qu’elle gagnerait en traitement des données. Elle allait parler à la machine ; elle verrait bien.

— Je ne sais pas par où commencer… J’ai vu de drôles de choses, à Lanargh et Argile. Des hommes agissaient comme si c’était l’été. Je crois qu’ils avaient pris une espèce de poudre bleue, dans des flacons de verre…

L’écran tremblota et les cases se réorganisèrent. Certaines contenaient un ou plusieurs des mots qu’elle avait prononcés. Elles étaient raccordées par des lignes qui bougeaient à mesure qu’elle parlait. Maïa fit un effort de concentration pour ne pas se laisser distraire par cette aveuglante énigme.

— Il y avait une fille d’un clan de Plaisir. Leur emblème est un taureau avec une cloche. Elle transporte les bouteilles comme un courrier…

La disposition des cases changea à nouveau, comme si ses pensées s’étaient brusquement résolues en cubes bien nets agencés selon une configuration logique et cohérente. L’image s’évanouit presque aussitôt, à la grande déception de Maïa.

Au diagramme succéda une belle femme entre deux âges, aux cheveux châtains retenus par une élégante barrette d’or. Elle regarda un instant Maïa et prit la parole d’une voix ferme.

— Vous êtes en communication avec les Services de sécurité de l’équilibre planétaire. Veuillez décliner votre nom et votre famille d’origine.

Maïa n’avait jamais entendu parler de cette organisation. Crispée, elle s’exécuta. Les vars s’identifiaient en citant le nom de leur clan maternel, mais elle trouva tout drôle de s’entendre dire : « Maïa des Lamaïs ».

— Très bien. Répétez votre histoire, s’il vous plaît. En commençant par le début.

Maïa constata avec désespoir que la communication avait déjà dévoré la moitié de ses maigres économies.

— Tout a commencé quand ma sœur et moi avons embarqué sur deux bateaux, le Wotan et le Zeus. Sur les quais, à Lanargh, j’ai vu un homme curieusement habillé, enfin, pas un marin. Il a rencontré trois de nos hommes et après ils ont eu une drôle d’attitude : ils m’ont pincée et m’ont dit le genre de trucs qu’ils disent en été, alors que j’étais couverte de crasse et qu’ils n’avaient rien pu sentir. Enfin, je veux dire, je ne suis que…

— Une vierge. Je comprends, dit la femme. Continuez.

— En fait, ma sœur et moi…, fit Maïa en déglutissant.

Elle s’égarait. Et ce satané chrono qui tournait de plus en plus vite…

— On a vu des hommes se comporter comme ça dans toute la ville et c’était pareil devant une maison de Plaisir de Sainte-Ecluse tenue par le même clan et Tizbé…

— Attendez un peu ! fit la femme à l’écran en secouant la tête comme si elle avait perdu le fil. Vous allez trop vite !

Maïa regarda avec consternation le compteur engloutir ses dernières économies. Elle était bonne pour un mois de travaux forcés au service des Joplandes…

— Je n’ai plus d’argent pour vous parler. Je ne savais pas que ce serait si cher. Excusez-moi.

Elle tendit la main vers l’interrupteur.

— Arrêtez ! Mais que faites-vous ? s’écria la femme en levant la main. Attendez… je ne vous demande qu’une seconde !

Elle se pencha, sortant de l’écran. Le chronomètre défila encore un instant, puis il s’arrêta et, devant les yeux sidérés de Maïa, revint à zéro.

— Ça va mieux ? demanda la femme en réapparaissant. Vous vous sentez plus à l’aise pour parler, maintenant ?

— Je… je ne savais pas que vous pouviez faire ça.

— Vos mères ne vous ont jamais dit que si vous aviez quelque chose d’important à signaler aux autorités vous pouviez le faire en PCV ?

Maïa fit non de la tête.

— Elles… elles devaient penser que ça nous inciterait à la dépense, ou à la paresse.

La femme eut un reniflement dédaigneux.

— Eh bien, vous le savez maintenant. Bon, vous êtes calmée ? Alors reprenons : ces bouteilles de poudre bleue…

En fin de compte, Maïa s’aperçut qu’elle n’avait pas grand chose à raconter.

Elle avait tout imaginé, du désastre – si son histoire se révélait sans importance ou ridicule – au miracle, s’il s’agissait du genre de renseignements pour lesquels la Savante de la télé, à Lanargh, avait promis une belle récompense.

La vérité se situait probablement à mi-chemin. La femme – l’inspectrice Foster – promit à Maïa une petite somme pour se présenter à cap Grange d’ici deux semaines afin de raconter son histoire à une magistrate qui devait s’y rendre à ce moment-là. Ses frais lui seraient remboursés, dans des limites raisonnables. L’inspectrice Foster ne lui donna aucune explication. Maïa eut toutefois l’impression, à voir son attitude attentive mais pas inquiète, que son témoignage constituait une piste parmi bien d’autres dans une affaire en cours.

« Quelqu’un tripatouille le cycle sexuel saisonnier et ça ne leur fait ni chaud ni froid », se dit-elle. Il y avait déjà eu un accident, et qu’arriverait-il si la situation dérapait ?

La femme lui donna un numéro à rappeler au cas où et coupa la communication en laissant sur l’écran une demande au clan Joplande de gîte et de couvert pour une nuit, au nom de Maïa, aux frais de la Colonie. Encore une chose dont Maïa n’avait jamais entendu parler.

La matriarche l’attendait derrière la porte, un grand sourire aux lèvres.

— Tu as fini ta consultation, ma fille ? susurra-t-elle comme si elle suçait un bonbon.

— Oui, oui. Merci, ma Mère.

— Bien. Une servante va te montrer la grange. Nous verrons demain quel travail te confier en remboursement de ta dette.

Maïa sourit. Pour la première fois depuis des semaines, elle éprouva un sentiment de Plaisir. Leie aurait adoré ça.

— Pardon, ma Mère, dit-elle avec des airs de chat qui a de la crème sur les moustaches, mais la grange ne saurait convenir. Et demain matin, après un bon petit déjeuner, c’est du moyen de transport que vous mettrez à ma disposition pour me ramener en ville que nous discuterons.

La Joplande blêmit puis rougit, ce qui donna un résultat étonnant sur sa peau sombre. Elle écarta brutalement Maïa et regarda l’écran en émettant des borborygmes de rage.

— Comment as-tu réussi ce tour-là ? Je te préviens, si c’est une plaisanterie de la ville…

— Vous pouvez toujours appeler les Services de sécurité de l’équilibre planétaire, si vous voulez vérifier.

Maïa ignorait ce que ces mots signifiaient, mais ils eurent un effet spectaculaire sur la vieille femme. Qui réussit tout de même à articuler, au prix d’un effort manifeste :

— Je vais te montrer ta chambre.

Dans le couloir, Maïa entendit de la musique et des rires. La soirée avait enfin démarré. La vieille lui fit descendre un escalier menant dans la cour de la ferme. Deux chiens vinrent montrer les dents à Maïa et détalèrent sur un ordre sec de leur maîtresse.

— Je te fais faire le tour de la maison. Je ne tiens pas à ce que tu déranges mes invités.

1 ... 26 27 28 29 30 31 32 33 34 ... 147
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)