Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Классическая проза » La Dame de Monsoreau Tome II
La Dame de Monsoreau Tome II - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

La Dame de Monsoreau Tome II

Электронная книга - «La Dame de Monsoreau Tome II». Краткое содержание книги:

Le dimanche gras de l'année 1578, après la fête du populaire, et tandis que s'éteignaient dans les rues les rumeurs de la joyeuse journée, commençait une fête splendide dans le magnifique hôtel que venait de se faire bâtir, de l'autre côté de l'eau et presque en face du Louvre, cette illustre famille de Montmorency qui, alliée à la royauté de France, marchait l'égale des familles princières. Cette fête particulière, qui succédait à la fête publique, avait pour but de célébrer les noces de François d'Epinay de Saint-Luc, grand ami du roi Henri III et l'un des favoris les plus intimes, avec Jeanne de Cossé-Brissac, fille du maréchal de France de ce nom. Le repas avait eu lieu au Louvre, et le roi, qui avait consenti à grand-peine au mariage, avait paru au festin avec un visage sévère qui n'avait rien d'approprié à la circonstance …' 'La Dame de Monsoreau' est, à la suite de 'La Reine Margot', le deuxième volet du somptueux ensemble historique que Dumas écrivit sur la Renaissance.
1 ... 25 26 27 28 29 30 31 32 33 ... 80
Перейти на страницу:

– Oh! sire, celui que j'hésite à nommer a aussi des amis bien puissants…

– Près de moi?

– Partout.

– Sont-ils plus puissants que moi? s'écria Henri pâle de colère et d'inquiétude.

– Sire, un secret ne se dit pas à haute voix. Excusez-moi, je suis homme d'État.

– C'est juste.

– C'est fort sensé! dit Chicot, mais nous sommes tous hommes d'État.

– Monsieur, dit le duc d'Anjou, nous allons présenter au roi nos très humbles respects, si la communication ne peut être faite en notre présence.

M. de Morvilliers hésitait. Chicot guettait jusqu'au moindre geste, craignant que le chancelier, tout naïf qu'il semblait être, n'eût réussi à découvrir quelque chose de moins simple que ses premières révélations.

Le roi fit signe au chancelier de s'approcher, au duc d'Anjou de demeurer en place, à Chicot de faire silence, aux trois favoris de détourner leur attention.

Aussitôt M. de Morvilliers se pencha vers l'oreille de Sa Majesté; mais il n'avait pas fait la moitié du mouvement compassé selon toutes les règles de l'étiquette, qu'une immense clameur retentit dans la cour du Louvre. Le roi se redressa subitement; MM. de Quélus et d'Épernon se précipitèrent vers la fenêtre; M. d'Anjou porta la main à son épée, comme si tout ce bruit menaçant eût été dirigé contre lui.

Chicot, se haussant sur les pieds, voyait dans la cour et dans la chambre.

– Tiens! M. de Guise, s'écria-t-il le premier, M. de Guise qui entre au Louvre!

Le roi fit un mouvement.

– C'est vrai, dirent les gentilshommes.

– Le duc de Guise? balbutia M. d'Anjou.

– Voilà qui est bizarre… n'est-ce pas? que M. le duc de Guise soit à Paris, dit lentement le roi, qui venait de lire dans le regard presque hébété de M. de Morvilliers le nom que ce dernier voulait lui dire à l'oreille.

– Est-ce que la communication que vous vouliez me faire avait trait à mon cousin de Guise? demanda-t-il à voix basse au magistrat.

– Oui, sire, c'est lui qui présidait la séance, répondit le chancelier sur le même ton.

– Et les autres?…

– Je n'en connais pas d'autres…

Henri consulta Chicot d'un coup d'œil.

– Ventre de biche! s'écria le Gascon en se posant royalement; faites entrer mon cousin de Guise!

Et, se penchant vers Henri:

– En voilà un, lui dit-il à l'oreille, dont tu connais assez le nom, à ce que je crois, pour n'avoir pas besoin de l'inscrire sur tes tablettes.

Les huissiers ouvrirent la porte avec fracas.

– Un seul battant, messieurs, dit Henri, un seul! les deux sont pour le roi!

Le duc de Guise était assez avant dans la galerie pour entendre ces paroles; mais cela ne changea rien au sourire avec lequel il avait résolu d'aborder le roi.

XII Ce que venait faire M. de Guise au Louvre.

Derrière M. de Guise venaient en grand nombre des officiers, des courtisans, des gentilshommes; derrière cette brillante escorte venait le peuple, escorte moins brillante, mais plus sûre et surtout plus redoutable. Seulement les gentilshommes étaient entrés au palais et le peuple était resté à la porte.

C'était des rangs de ce peuple que les cris partaient encore au moment même où le duc de Guise, qu'il avait perdu de vue, pénétrait dans la galerie.

À la vue de cette espèce d'armée qui faisait cortège au héros parisien chaque fois qu'il apparaissait dans les rues, les gardes avaient pris les armes, et, rangés derrière leur brave colonel, lançaient au peuple des regards menaçants, au triomphateur des provocations muettes.

Guise avait remarqué l'attitude de ces soldats que commandait Grillon; il adressa un petit salut plein de grâce au colonel, qui, l'épée au poing, se tenait à quatre pas en avant de ses hommes, et qui demeura roide et impassible dans sa dédaigneuse immobilité.

Cette révolte d'un homme et d'un régiment contre son pouvoir si généralement établi frappa le duc. Son front devint un instant soucieux; mais, à mesure qu'il s'approchait du roi, son front s'éclaircit: si bien que, comme nous l'avons vu arriver au cabinet de Henri III, il y entra en souriant.

– Ah! c'est vous, mon cousin, dit le roi, comme vous menez grand bruit! Est-ce que les trompettes ne sonnent pas? Il m'avait semblé les entendre.

– Sire, répondit le duc, les trompettes ne sonnent à Paris que pour le roi, en campagne que pour le général, et je suis trop familier à la fois avec la cour et avec les champs de bataille pour m'y tromper. Ici les trompettes feraient trop de bruit pour un sujet; là-bas elles n'en feraient point assez pour un prince.

Henri se mordit les lèvres.

– Par la mordieu! dit-il après un silence employé à dévorer des yeux le prince lorrain, vous êtes bien reluisant, mon cousin? est-ce que vous arrivez du siège de la Charité d'aujourd'hui seulement?

– D'aujourd'hui seulement, oui, sire, répondit le duc avec une légère rougeur.

– Ma foi, c'est beaucoup d'honneur pour nous, mon cousin, que votre visite, beaucoup d'honneur, beaucoup d'honneur.

Henri III répétait les mots quand il avait trop d'idées à cacher, comme on épaissit les rangs des soldats devant une batterie de canons qui ne doit être démasquée qu'à un certain moment.

– Beaucoup d'honneur, répéta Chicot avec une intonation si exacte, qu'on eût pu croire que ces deux mots venaient encore du roi.

– Sire, dit le duc, Votre Majesté veut railler sans doute: comment ma visite pourrait-elle honorer celui de qui vient tout honneur?

– Je veux dire, monsieur de Guise, répliqua Henri, que tout bon catholique a l'habitude, au retour de la campagne, d'aller voir Dieu d'abord, dans quelqu'un de ses temples; le roi ne vient qu'après Dieu. Honorez Dieu, servez le roi: vous savez, mon cousin, c'est un axiome moitié religieux, moitié politique.

La rougeur du duc de Guise fut cette fois plus distincte; le roi, qui avait parlé en regardant le duc bien en face, vit cette rougeur, et, son regard, comme guidé par un mouvement instinctif, étant passé du duc de Guise au duc d'Anjou, il vit avec étonnement que son bon frère était aussi pâle que son beau cousin était rouge.

Cette émotion, se traduisant de deux façons si opposées, le frappa. Il détourna les yeux avec affectation, et prit un air affable, velours sous lequel personne mieux que Henri III ne savait cacher ses griffes royales.

– En tout cas, duc, dit-il, rien n'égale ma joie de vous voir échappé à toutes ces mauvaises chances de la guerre, quoique vous cherchiez le danger, dit-on, d'une façon téméraire. Mais le danger vous connaît, mon cousin, il vous fuit.

Le duc s'inclina devant le compliment.

– Aussi je vous dirai, mon cousin, ne soyez pas si ambitieux de périls mortels; car ce serait en vérité bien dur pour des fainéants comme nous, qui dormons, qui mangeons, qui chassons, et qui, pour toutes conquêtes, inventons de nouvelles modes et de nouvelles prières…

– Oui, sire, dit le duc, se rattachant à ce dernier mot. Nous savons que vous êtes un prince éclairé et pieux, et qu'aucun plaisir ne peut vous faire perdre de vue la gloire de Dieu et les intérêts de l'Église. C'est pourquoi nous sommes venus avec tant de confiance vers Votre Majesté.

1 ... 25 26 27 28 29 30 31 32 33 ... 80
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)