Colonie 2 [Colony - fr]
- Автор: Бова Бен
- Серия: Chet Kinsman (fr) #3
- Год: 1980
- Язык: французский
- Год: J'AI LU
- ISBN: 2-277-21029-3
- Переводчик: Michel Deutsch
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Colonie 2 [Colony - fr]». Краткое содержание книги:
Déjà la Terre est à feu et à sang, le Front Révolutionnaire des Peuples frappe partout, la navette spatiale de David est détournée… et il se retrouve dans une région perdue de l'Argentine.
Vers lui le hasard a conduit Bahjat, une jeune Irakienne, membre du F.R.P. Durant leur marche héroïque, une tendresse naît, qui n'empêche pas Bahjat de livrer David au chef de Front, à New York.
Maître de la Terre, le F.R.P. veut plus : conquérir Île Un — source de toutes les énergies.
Dans le vaisseau qui fonce vers sa patrie, David, gardé en otage, imagine une riposte. D'une perfection technologique sans pitié. Bahjat périrait...
Il y va de la suivie d'Île Un — espoir et avenir de l'homme !
— Il est venu, insista David.
— Eh, regardez, s’écria l’un des jeunes debout à l’arrière du bateau. Des avions !
Leo passa devant David et Bahjat pour sortir de la cabine. La jeune fille le suivit. Le garçon se retourna, et, le coude posé sur le plat-bord, il scruta le ciel. Des sillages d’argent semblables à des panaches de plumes y traçaient leurs arabesques. David compta cinq groupes de douze appareils. Soixante en tout.
— Mettez le moteur en marche ! ordonna Leo.
— Y a rien à craindre, fit l’un des jeunots. Ils sont trop haut.
— S’ils sont là, c’est mauvais signe. Je ne sais pas ce qu’ils veulent faire mais, une chose, en tout cas, est certaine : New York va en prendre un sacré coup. Faut les mettre tout de suite. En avant toute !
Quelques minutes plus tard une impalpable poussière dorée commença à tomber du ciel mais le cabin cruiser, la proue hors de l’eau, filait si vite qu’elle se dispersait avant de l’atteindre. L’avalanche d’or ne tarda pas à cesser et Leo autorisa le gars qui tenait la barre à réduire les gaz.
Quand ils longèrent la ville plongée dans la nuit, ils virent les rues engorgées de vapeurs d’un gris verdâtre. Leo porta une paire de jumelles à ses yeux. De longues minutes s’écoulèrent en silence, puis, toujours sans un mot, il les tendit à Bahjat.
Le spectacle arracha à la jeune femme une exclamation étranglée et elle dit quelque chose en arabe.
— Qu’est-ce qu’il y a ? s’enquit David.
Elle lui passa les jumelles. Tout d’abord, il ne vit pas grand-chose mais quand il eut saisi le truc pour les tenir solidement sans être gêné par les foucades du bateau, il commença à distinguer des silhouettes au milieu des tentacules de gaz tourbillonnant. Qui trébuchaient, qui s’écroulaient, se tordaient dans des convulsions spasmodiques. Où qu’il portât ses regards, dans les rues, dans la zone verte qui longeait la rive, ce n’était que chaos. Les gens qui s’étaient réfugiés sur les toits pour échapper aux exactions des guérilleros se griffaient au sang en se démenant dans l’espoir de se dégager de ces gaz et de Dieu sait quoi qui les transformait en convulsionnaires épileptiques. Quelqu’un se jeta dans le vide et David le vit tomber en tournoyant et en hurlant d’une hauteur de vingt étages.
Il rendit les jumelles à Leo qui leva imperceptiblement le menton vers le ciel.
— Et ils prétendent aider les culs-blancs, fit-il d’une voix caverneuse où perçait une ombre de tristesse. Ils se foutent éperdument de tuer les leurs pour nous liquider. Ce qui prouve que la situation n’est pas si tocarde que ça.
32
Ça a été le jour le plus étrange, le plus triste et le plus merveilleux de mon existence !Les instructeurs nous ont réunis dans une salle de conférences de la Station Alpha et, là, ils nous ont annoncé que notre entraînement pour Île Un était quasiment terminé et qu’on partirait pour la colonie dès qu’elle aurait envoyé une navette pour nous prendre. Finis les amphis, finis les tests. On avait réussi !On nous a autorisés à vidéophoner chez nous. J’ai eu papa et maman sans problèmes. Tout était calme dans le Minnesota — pour une fois, le mauvais temps servait à quelque chose. Ruth n’a obtenu la communication avec la Californie qu’au bout de plusieurs heures. La Société lui a finalement donné une ligne spéciale à priorité plus-plus. Ses parents sont sains et saufs mais leur maison a brûlé de fond en comble. On les avait hébergés dans une caserne.
Trois élèves ont demandé à rentrer chez eux. Ils ne voulaient pas aller sur Île Un alors que leurs familles étaient en danger, ce qui fait que nous ne sommes plus que huit sur les soixante qu’on était au début du stage, il y a quelques mois.
J’ai parlé d’Île Un avec Ruth. Brusquement je me suis entendu dire qu’il fallait qu’on se marie, comme ça on pourrait vivre ensemble à la colonie, il n’y aurait pas d’histoires. Et elle a dit oui ! Alors, on est allé à la chapelle, sous le niveau 1 (gravité terrienne 100 %), pour la cérémonie. Deux de nos camarades nous ont servi de témoins et papa et maman y ont assisté par vidéophone. Nous n’avons pas pu joindre les parents de Ruth mais les miens ont promis de leur envoyer le bobinot.
Hier, ça a été notre lune de miel. Sur le niveau 6 (presque sous gravité nulle… youpee !).Et, aujourd’hui, on part pour Île Un commencer notre nouvelle vie. Comme mari et femme.