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La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette [Flickan som lekte med elden - fr]

Электронная книга - «La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette [Flickan som lekte med elden - fr]». Краткое содержание книги:

Tandis que Lisbeth Salander coule des journées supposées tranquilles aux Caraïbes, Mikael Blomkvist, réhabilité, victorieux, est prêt à lancer un numéro spécial de Millénium sur un thème brûlant pour des gens haut placés : une sombre histoire de prostituées exportées des pays de l'Est.
Mikael aimerait surtout revoir Lisbeth. Il la retrouve sur son chemin, mais pas vraiment comme prévu : un soir, dans une rue de Stockholm, il la voit échapper de peu à une agression manifestement très planifiée. Enquêter sur des sujets qui fâchent mafieux et politiciens n'est pas ce qu'on souhaite à de jeunes journalistes amoureux de la vie.
Deux meurtres se succèdent, les victimes enquêtaient pour Millénium. Pire que tout, la police et les médias vont bientôt traquer Lisbeth, coupable toute désignée et qu'on a vite fait de qualifier de tueuse en série au passé psychologique lourdement chargé.
Mais qui était cette gamine attachée sur un lit, exposée aux caprices d'un maniaque et qui survivait en rêvant d'un bidon d'essence et d'une allumette ? S'agissait-il d'une des filles des pays de l'Est, y a-t-il une hypothèse plus compliquée encore ? C'est dans cet univers à cent à l'heure que nous embarque Stieg Larsson qui signe avec ce deuxième volume de la trilogie Millénium un thriller au rythme affolant.
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— Le livre est prêt ? demanda Mikael.

— Non. J'ai le synopsis du début à la fin, mais la moitié seulement est rédigée. Si vous êtes d'accord pour le publier et que vous me donnez une avance, je peux m'y mettre à plein temps. Quasiment toute la recherche est terminée. Il ne me reste que quelques petits trucs annexes à compléter — en fait seulement des confirmations de ce que je sais déjà — et il faut que je rencontre les michetons que je vais exposer au grand jour.

— On fera comme avec le livre de Wennerström. Je n'ai jamais compris pourquoi les éditeurs ordinaires exigent dix-huit mois de délai de production pour sortir quelques centaines de pages. Il faut une semaine pour faire la mise en pages — Christer Malm acquiesça de la tête — et deux semaines pour imprimer. On procédera aux confrontations en mars-avril et on résumera sur quinze pages qui seront les dernières. Il nous faut donc le manuscrit bouclé pour le 15 avril pour qu'on ait le temps de passer toutes les sources en revue.

— Comment on fait pour le contrat et les trucs comme ça?

Erika Berger fronça les sourcils :

— Je n'ai jamais rédigé de contrat d'édition jusqu'à présent, il faut que je voie ça avec notre avocat. Mais je te propose une embauche pendant quatre mois, de février à mai, le temps que tu boucles le projet. Mais sache que nous ne proposons pas de salaires mirobolants.

— Ça me va. J'ai besoin d'un salaire de base pour pouvoir me concentrer sur le livre à temps plein.

— Sinon, la règle, c'est fifty-fifty sur les recettes du livre une fois les dépenses payées. Qu'est-ce que tu en dis ?

— Ça me semble impeccable, dit Dag Svensson.

— Répartition des tâches, dit Erika Berger. Malou, je te veux comme secrétaire d'édition de ce numéro à thème. Ça sera ta mission principale dès le mois prochain ; tu travailleras avec Dag Svensson à la rédaction du manuscrit. Lottie, ça veut dire que tu bosseras comme secrétaire de rédaction temporaire pendant la période de mars à mai. Tu passeras à temps plein et Malou ou Mikael t'épauleront selon leurs disponibilités.

Malou Eriksson hocha la tête.

— Mikael, je tiens à ce que tu sois l'éditeur de ce livre. Elle regarda Dag Svensson. Mikael ne veut pas l'admettre, mais il écrit remarquablement bien et de plus il s'y connaît en recherche. Il passera le moindre mot de ton livre au microscope. Je suis flattée que tu veuilles publier le livre chez nous, mais sache qu'on a des problèmes assez particuliers à Millenium. On a un certain nombre d'ennemis qui ne souhaitent que de nous voir mettre les pieds dans le plat. Quand on relève la tête et qu'on publie quelque chose, il faut que ça soit impeccable à cent pour cent. On ne peut pas se permettre autre chose.

— Et je ne voudrais pas qu'il en aille autrement.

— Bien. Mais est-ce que tu vas supporter d'avoir quelqu’un sur le dos en train de t'inonder de critiques tout au long du printemps ?

Dag Svensson rit et regarda Mikael.

— Vas-y, tu peux commencer.

Mikael hocha la tête. Erika reprit la parole :

— Si on doit sortir un numéro à thème, il nous faut d'autres articles. Mikael, je veux que tu écrives sur les finances du commerce du sexe. Combien est-ce que ça draine d'argent annuellement ? Qui engrange les bénéfices et où atterrit l'argent ? Est-ce qu'on peut prouver qu'une partie de l'argent se retrouve dans les caisses de l'Etat ? Monika, je veux que tu travailles sur les abus sexuels en général. Contacte SOS-Femmes en détresse, les chercheurs, les médecins et les autorités. Monika et Mikael donc, plus Dag, vous signez les textes porteurs. Henry, je veux une interview de la compagne de Dag, Mia Bergman. Dag ne peut raisonnablement pas le faire. Un portrait : qui elle est, sujets de ses recherches et quelles sont ses conclusions. J'aimerais aussi que tu te penches sur quelques cas pioches dans des enquêtes de police. Christer : des photos. Je ne sais pas comment on pourra illustrer ça. Réfléchis-y.

— Voilà bien le thème le plus facile à illustrer qu'on puisse trouver. Haut en couleur. Pas de problèmes.

— Si je peux me permettre d'ajouter quelque chose, dit Dag Svensson. Quelques flics font vraiment de l'excellent boulot. Ça vaudrait peut-être le coup d'en interviewer un.

— Tu as des noms ? demanda Henry Cortez.

— Et même les numéros de téléphone, répondit Dag Svensson.

— Parfait, dit Erika Berger. Le thème du numéro de mai sera donc le commerce du sexe. Il faudrait qu'il en ressorte que le trafic des femmes est une vraie atteinte aux droits humains et que les criminels qui l'organisent doivent être épingles et traités comme n'importe quels criminels de guerre ou escadrons de la mort. Allez, on s'y met, les petits !

5

MERCREDI 12 JANVIER-VENDREDI 14 JANVIER

ÄPPELVIKEN LUI PARUT UN ENDROIT INCONNU et étranger lorsque Lisbeth, pour la première fois en un an et demi, monta vers les bâtiments au volant de sa Nissan Micra de location. Depuis l'âge de quinze ans, quelques fois par an, elle avait régulièrement rendu visite à sa mère accueillie dans cette maison de santé après que Tout Le Mal était arrivé. Malgré la rareté de ses visites, Äppelviken avait constitué un point fixe dans l'existence de Lisbeth. C'était l'endroit où sa mère avait passé les dix dernières années de sa vie et où finalement elle était décédée, à quarante-trois ans seulement, après une dernière hémorragie cérébrale fatale.

Elle s'appelait Agneta Sofia Salander. Ses quatorze dernières années avaient été marquées par une suite répétée de petites hémorragies cérébrales, des ruptures de vaisseaux sanguins fins comme des cheveux, qui l'avaient empêchée de s'occuper d'elle-même et de maîtriser les tâches quotidiennes. Par moments, elle avait été incapable de communiquer, avait eu du mal à reconnaître Lisbeth et à formuler ses pensées en paroles.

Lisbeth Salander ne pensait pas volontiers à sa mère. De telles pensées menaient invariablement à un sentiment de vulnérabilité et de nuit noire. Sa position sur la question était profondément ambivalente. D'un côté, elle avait réellement essayé d'établir un contact avec sa mère. Au cours de son adolescence, elle avait fantasmé sur une guérison possible de sa mère et une forme de relation qu'elles auraient pu avoir. Intellectuellement, elle savait que ce ne serait jamais le cas.

Petite de taille, sa mère avait été mince, mais pas du genre anorexique comme Lisbeth, loin s'en faut. Au contraire, elle avait été une belle femme, bien proportionnée. Comme la sœur de Lisbeth.

Camilla.

Lisbeth évitait de penser à sa sœur.

Elle considérait la différence entre elle et sa sœur comme une plaisanterie du destin. Elles étaient jumelles, nées à vingt minutes d'intervalle.

Lisbeth était la première. Camilla était belle.

Elles étaient tellement différentes qu'il semblait invraisemblable qu'elles aient poussé dans le même utérus et encore plus étrange que génétiquement il faille les considérer comme des jumelles monozygotes qui auraient dû être identiques. S'il n'y avait pas eu un défaut dans le code génétique de Lisbeth Salander, elle aurait été aussi superbe que sa sœur.

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