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La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette [Flickan som lekte med elden - fr]

Электронная книга - «La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette [Flickan som lekte med elden - fr]». Краткое содержание книги:

Tandis que Lisbeth Salander coule des journées supposées tranquilles aux Caraïbes, Mikael Blomkvist, réhabilité, victorieux, est prêt à lancer un numéro spécial de Millénium sur un thème brûlant pour des gens haut placés : une sombre histoire de prostituées exportées des pays de l'Est.
Mikael aimerait surtout revoir Lisbeth. Il la retrouve sur son chemin, mais pas vraiment comme prévu : un soir, dans une rue de Stockholm, il la voit échapper de peu à une agression manifestement très planifiée. Enquêter sur des sujets qui fâchent mafieux et politiciens n'est pas ce qu'on souhaite à de jeunes journalistes amoureux de la vie.
Deux meurtres se succèdent, les victimes enquêtaient pour Millénium. Pire que tout, la police et les médias vont bientôt traquer Lisbeth, coupable toute désignée et qu'on a vite fait de qualifier de tueuse en série au passé psychologique lourdement chargé.
Mais qui était cette gamine attachée sur un lit, exposée aux caprices d'un maniaque et qui survivait en rêvant d'un bidon d'essence et d'une allumette ? S'agissait-il d'une des filles des pays de l'Est, y a-t-il une hypothèse plus compliquée encore ? C'est dans cet univers à cent à l'heure que nous embarque Stieg Larsson qui signe avec ce deuxième volume de la trilogie Millénium un thriller au rythme affolant.
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Elle sollicita de nouveau les services de MacMillan. Cette fois-ci, elle lui demanda d'agir pour le compte de sa société Wasp Enterprises, et d'engager des pourparlers avec l'agence Nobel en vue d'acquérir le coquet appartement de Fiskaregatan près de Mosebacke Torg. Les tractations durèrent quatre jours, et la note finale représentait une somme qui lui fit hausser un sourcil. Plus cinq pour cent de commission pour MacMillan. Avant la fin de la semaine, elle avait déménagé deux cartons de vêtements, de la literie, un matelas et quelques ustensiles de cuisine. Ensuite elle avait habité — du moins dormi sur un matelas — dans l'appartement pendant trois semaines, durant lesquelles elle s'était employée à chercher des cliniques de chirurgie esthétique, à mener à terme quelques affaires administratives en cours (dont une conversation nocturne avec un certain maître Nils Bjurman), et à avancer des frais fixes, charges, électricité, etc.

ENSUITE, ELLE AVAIT ACHETÉ SON BILLET pour rejoindre la clinique en Italie. Une fois l'opération terminée et qu'elle avait pu quitter la clinique, elle avait pris une chambre d'hôtel à Rome pour réfléchir à ce qu'elle allait faire. Elle aurait dû retourner en Suède et se mettre à réorganiser sa vie mais, pour plusieurs raisons, la seule pensée de Stockholm lui donnait des nausées.

Elle n'avait pas de véritable métier. Il lui semblait qu'elle n'avait pas d'avenir à Milton Security. Ce n'était pas la faute de Dragan Armanskij. Il aurait voulu qu'elle fasse partie des employés permanents et devienne un élément moteur de l'entreprise, mais à vingt-cinq ans, elle n'avait toujours aucune formation et elle n'avait pas envie de découvrir, vers ses cinquante ans, qu'elle passait toujours son temps à réaliser des enquêtes sur des voyous du monde des PDG. C'était un passe-temps amusant — pas la vocation d'une vie.

Une des raisons de son hésitation à retourner à Stockholm s'appelait aussi Mikael Blomkvist. A Stockholm, elle risquait fort de tomber sur ce Foutu Super Blomkvist et c'était pour le moment une des dernières choses qu'elle souhaitait. Il l'avait blessée. Elle avait l'honnêteté de reconnaître qu'il n'en avait pas eu l'intention. Elle ne pouvait que s'en prendre à elle-même d'être tombée amoureuse de lui. Rien que le mot « amoureuse » était une contradiction en ce qui concernait cette Foutue Dinde de Lisbeth Salander, un mètre cinquante et une apparence physique qui éveillait forcément des commentaires, sans oublier un bagage social qui la transformait en singe où qu'elle se montre.

Mikael Blomkvist était un homme à femmes notoire. Elle était au mieux un divertissement sympathique accueilli par pitié à un moment où il avait eu besoin d'elle et où il n'avait rien trouvé de mieux, mais il aurait vite fait de passer dans un autre lit avec une compagnie plus distrayante. Elle n'avait aucune chance sur ce terrain-là et elle se maudit d'avoir baissé la garde et de l'avoir laissé approcher. Comment avait-elle pu s'imaginer autre chose ?

Quand elle avait retrouvé ses esprits, elle avait coupé tout contact avec lui. Douloureux, mais elle s'était blindée. La dernière fois qu'elle l'avait vu, c'était à la station de métro Gamla Stan, elle était sur le quai et lui dans une rame en direction du centre-ville. Elle l'avait regardé pendant une minute et avait décidé qu'elle n'éprouvait pas la moindre once de sentiment pour lui, parce que cela équivaudrait à saigner à mort. Va te faire foutre ! Il l'avait vue juste au moment de la fermeture des portes et l'avait fixée du regard avant qu'elle tourne les talons et s'en aille alors que la rame repartait.

Elle ne comprenait pas pourquoi il s'était entêté à vouloir garder le contact avec elle et à lui envoyer des mails, comme si pour lui elle était un foutu projet social. Elle pestait de constater qu'il ne semblait pas se rendre compte que chaque fois qu'il lui envoyait un mail, qu'elle supprimait sans le lire, elle avait l'impression que son cœur se brisait.

Non, Stockholm ne l'attirait pas une seconde. A part le patron de Milton Security, quelques anciens partenaires au lit et les filles de l'ex-groupe de rock des Evil Fingers, avec qui elle entretenait une amitié superficielle et prenait une bière au Moulin une fois par mois, elle ne connaissait pratiquement personne dans sa ville natale.

La seule personne pour qui elle ressentait un respect inconfortable était Dragan Armanskij. Elle avait du mal à définir ses sentiments pour lui. Elle s'était toujours sentie vaguement confuse d'éprouver une attirance si peu commode. S'il n'avait pas été marié, et un peu plus jeune et un peu moins conservateur dans sa façon de concevoir la vie, elle aurait pu envisager d'aller voir de plus près.

Finalement, elle avait sorti son agenda et ouvert la partie atlas. Elle n'était jamais allée en Australie ni en Afrique. Elle avait vu les pyramides ou Angkor Vat en images, mais jamais en vrai. Elle n'avait jamais pris le Star Ferry entre Kowloon et Victoria à Hong-Kong, elle n'avait jamais fait de plongée aux Antilles, elle n'avait jamais fréquenté de plage en Thaïlande. A part quelques voyages rapides pour le boulot, où elle s'était rendue dans les pays baltes et les autres pays nordiques, et évidemment Zurich et Londres, elle n'avait guère quitté la Suède de toute sa vie. En réalité, elle avait rarement quitté Stockholm.

Elle n'en avait pas eu les moyens. A l'hôtel à Rome, elle s'était approchée de la fenêtre pour contempler la via Garibaldi. Rome était une ville qui ressemblait à un tas de ruines. Puis elle s'était décidée, avait mis sa veste et était descendue à la réception demander s'il y avait une agence de voyages dans les parages. Là, elle avait pris un aller simple pour Tel-Aviv et passé les jours suivants à se promener dans le vieux Jérusalem, à regarder la mosquée Al-Aqsa et le mur des Lamentations. Avec méfiance, elle avait contemplé les soldats armés jusqu’aux dents à tous les coins de rue et ensuite elle s'était envolée pour Bangkok, puis elle avait continué ainsi jusqu'à la fin de l'année.

Il ne lui restait plus qu'une chose importante à faire. Elle se rendit à Gibraltar, pour voir qui était l'homme à qui elle avait confié la gestion de son argent, et vérifier qu'il faisait bien son boulot.

TOURNER LA CLÉ DE L'APPARTEMENT dont elle était propriétaire fut une sensation bizarre.

Elle posa le sac de provisions et son sac de voyage dans l'entrée et pianota vite le code à quatre chiffres qui coupait l'alarme électronique. Elle retira tous ses vêtements mouillés et les laissa tomber par terre. Entièrement nue, elle fit un petit tour dans la cuisine, brancha le frigo et rangea les courses avant d'aller visiter la salle de bains. Elle passa les dix minutes suivantes sous la douche. Elle fit un repas d'une pomme en tranches et d'une Billys Pan Pizza qu'elle réchauffa dans le micro-ondes. Elle ouvrit un carton de déménagement et trouva un oreiller, des draps et une couverture à l'odeur suspecte d'avoir passé un an dans le carton. Elle fit son lit sur un matelas par terre dans la chambre jouxtant la cuisine.

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