Les terrassiers [Diggers - fr]
- Автор: Пратчетт Теренс Дэвид Джон
- Серия: Gnomes (fr) #2
- Год: 1996
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- ISBN: 2-277-24179-4
- Переводчик: Patrick Marcel
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «Les terrassiers [Diggers - fr]». Краткое содержание книги:
Mais la situation change brusquement : la température baisse, du ciel tombent des gouttes et les flaques d’eau deviennent dures, craquantes et glissantes. Bref, l’hiver approche.
Et pour tout compliquer, ces idiots d’humains ont décidés de rouvrir la carrière. Que faire ? Quand on mesure dix centimètres de haut et qu’on vit dix fois plus vite qu’un humain, on n’est pas de taille à repousser de tels envahisseurs.
Heureusement, les gnomes ont peut-être sur la colline un allié de poids : Jekub, le terrible dragon qui sommeille là depuis la construction du Monde…
Par un nœud du bois situé presque au niveau du sol, les gnomes l’épiaient avec attention. On voyait des chaussures énormes, d’interminables pans de pantalon, la chaîne montagneuse d’une veste et, tout là-haut, le lointain reflet de l’ampoule électrique sur une cime dégarnie.
Au bout d’un long moment, l’humain posa les papiers et tendit la main vers le bureau à côté de lui. Les gnomes à l’affût aperçurent un paquet de sandwiches plus haut qu’eux, et une bouteille Thermos qui fumait quand on l’ouvrit et qui emplit la cabane d’une bonne odeur de soupe.
Ils redescendirent faire leur rapport à Grimma. Elle était assise à côté du plateau de nourriture et avait ordonné à six des gnomes les plus âgés et les plus raisonnables de monter la garde pour empêcher les enfants d’approcher.
— Il ne fait rien, lui dit-on. Il est simplement assis là. Nous l’avons vu jeter un coup d’œil par la fenêtre, une ou deux fois.
— Alors, il va passer toute la nuit ici, conclut Grimma. Je suppose que les humains se demandent qui est à l’origine de tous leurs problèmes.
— Mais qu’est-ce qu’on va faire ?
Grimma resta assise, le menton posé sur les mains.
— Il y a les grands hangars en ruine de l’autre côté de la carrière, finit-elle par dire. Nous pourrions aller là-bas.
— Dorcas dit… Dorcas disait que c’était très dangereux, dans ces vieux hangars, risqua un gnome. À cause de toutes les saletés qui traînent et tout ça. Très dangereux, il disait.
— Plus dangereux qu’ici ? demanda Grimma avec un vague reliquat de son ancien ton sarcastique.
— Remarque pertinente.
— M’dame, s’il vous plaît ?
C’était une des jeunes gnomettes. Elles étaient toutes pétrifiées devant Grimma, à cause de cette façon qu’elle avait d’enguirlander les hommes et de savoir lire mieux que n’importe qui. Celle-ci tenait un bébé dans ses bras et ponctuait la fin de chaque phrase par une courbette.
— Qu’y a-t-il, Sorritt ? demanda Grimma.
— M’dame, s’il vous plaît, les enfants ont très faim. Il n’y a rien de bon à manger, ici, vous comprenez, m’dame.
Elle jeta à Grimma un regard implorant.
Grimma hocha la tête. Les provisions étaient stockées dans les profondeurs des autres hangars, pour ce qu’il en restait. Le principal magasin de patates avait été découvert par quelques humains, ce qui expliquait peut-être pourquoi ils avaient mis du poison. De toute façon, pas question d’allumer un feu, et il n’y avait pas de viande. Personne n’était allé chasser sérieusement depuis des jours, parce que Arnold Frères (fond. 1905) veillait à tout, selon Nisodème.
— Dès qu’il fera jour, je crois que tous les chasseurs disponibles devraient sortir, annonça Grimma.
Ils y réfléchirent. L’aube était encore bien loin. Pour un gnome, une nuit était aussi longue que trois jours complets…
— Il y a beaucoup de neige, fit un gnome. Ça signifie qu’on ne manquera pas d’eau.
— Nous pourrons éventuellement nous passer de nourriture, mais pas les enfants, objecta Grimma.
— Ni les vieux, intervint une autre voix. Il va de nouveau geler, cette nuit. Nous n’avons pas d’électrique, et on ne peut pas faire du feu dehors.
Ils considérèrent d’un air morose la terre battue à leurs pieds.
Quant à Grimma, elle était en train de se dire : ils ne se chamaillent pas. Ils ne ronchonnent pas. La situation est si grave qu’ils ne se disputent plus, et qu’ils ne s’accusent plus mutuellement.
— Très bien, reprit-elle à haute voix. Et à votre avis, que devrions-nous faire ?
11
I. Nous surgirons des boiseries.
II. Nous émergerons des parquets.
III. Ils regretteront de nous avoir vus.