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Электронная книга - «Chroniques». Краткое содержание книги:

C'est le besoin d'argent qui, très tôt, pousse le jeune Maupassant, alors employé de ministère, à donner des articles de critique littéraire. Mais il rechigne un peu à se lier à un journal comme à se livrer à une écriture trop hâtive : « Jamais mon nom au bas d'une chronique écrite en moins de deux heures. » Et cependant, après la publication de « Boule de suif » au printemps de 1880 - il a trente ans tout juste -, sa réputation de conteur change la donne : c'est une rémunération d'écrivain reconnu qu'on lui offre et, l'année suivante, une soixantaine de chroniques paraissent dans Le Gaulois. D'autres journaux accueilleront aussi sa signature jusqu'à ce que, en 1887, il décide de pleinement se consacrer à ses derniers livres. Mais il aura écrit près de deux cent cinquante chroniques, dont le présent volume offre une anthologie ordonnée selon quatre grands thèmes : société et politique, murs du jour, flâneries et voyages, lettres et arts. Ainsi se dessine un témoignage capital sur son époque, mais ainsi se construit aussi une part de son uvre qu'on ne saurait négliger : dans les journaux, les chroniques alternent avec les contes ou les nouvelles, et des parentés de structure ou de thèmes ne manquent pas d'apparaître au point que l'on hésite à faire de tel texte une nouvelle plutôt qu'une chronique. Assurément, l'unité est ici celle d'un monde et d'une époque : mais c'est aussi bien celle que leur imposent le regard et la plume d'un homme qui a pu se dire « acteur et spectateur de lui-même et des autres ».
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L. VEUILLOT, Libres Penseurs, p. 11.

Injures aux grands hommes

C’est (Bonaparte) en effet un grand gagneur de batailles ; mais, hors de là, le moindre général est plus habile que lui.

CHATEAUBRIAND, De Buonaparte et des Bourbons.

Bonaparte

On a cru qu’il (Bonaparte) avait perfectionné l’art de la guerre, et il est certain qu’il l’a fait rétrograder vers l’enfance de l’art.

CHATEAUBRIAND, De Buonaparte et des Bourbons.

Bacon

Bacon est absolument dépourvu de l’esprit d’analyse, non seulement ne savait pas résoudre les questions, mais ne savait pas même les poser.

DE MAISTRE, Examen de la Philosophie de Bacon, t. I, p. 37.

Bacon, homme étranger à toutes les sciences et dont toutes les idées fondamentales étaient fausses.

DE MAISTRE, Examen de la Philosophie de Bacon, t. I, p. 82.

Bacon avait l’esprit éminemment faux et d’un genre de fausseté qui n’a jamais appartenu qu’à lui. Son incapacité absolue, essentielle, radicale dans toutes les branches des sciences naturelles.

DE MAISTRE, Examen de la philosophie de Bacon, t. I, p. 285.

Voltaire

Voltaire est nul comme philosophe, sans autorité comme critique et historien, arriéré comme savant, percé à jour dans sa vie privée et déconsidéré par l’orgueil, la méchanceté et les petitesses de son âme et de son caractère.

DUPANLOUP, Haute Éducation intellectuelle.

Gœthe

La postérité, à laquelle Gœthe a donné son œuvre à juger, fera ce qu’elle a à faire. Elle écrira sur ses tablettes d’airain :

« Gœthe, né à Francfort en 1749, mort à Weimar en 1832, grand écrivain, grand poète, grand artiste. »

Et, lorsque les fanatiques de la forme pour la forme, de l’art pour l’art, de l’amour quand même et du matérialisme, viendront lui demander d’ajouter :

« Grand homme ! » elle répondra : Non !

A. DUMAS fils - 23 juillet 1873.

IDÉES SUR L’ART

Imbéciles

Nul doute que les hommes extraordinaires, en quelque genre que ce soit, ne doivent une partie de leur succès aux qualités supérieures dont leur organisation est douée.

DAMIRON, Cours de Philosophie, t. II, p. 35.

Jocrisses

Sitôt qu’un Français a passé la frontière, il entre sur le territoire étranger.

L. HAVIN, Courrier du Dimanche - 15 décembre.

Quand la borne est franchie, il n’est plus de limites.

PONSARD.

Imbéciles

L’épicerie est respectable. C’est une branche du commerce. L’armée est plus respectable encore, parce qu’elle est une institution dont le but est l’ordre.

L’épicerie est utile, l’armée est nécessaire.

Les Nouvelles, Jules NORIAC - 26 octobre 1865.

Il existe environ la valeur de trois volumes de ces notes. L’aptitude de Gustave Flaubert pour découvrir ce genre de bêtises était surprenante. Un exemple est caractéristique. En lisant le discours de réception de Scribe à l’Académie française, il s’arrêta net devant cette phrase qu’il nota immédiatement :

“La comédie de Molière nous instruit-elle des grands événements du siècle de Louis XIV ? Nous dit-elle un mot des erreurs, des faiblesses ou des fautes du grand roi ? Nous parle-t-elle de la révocation de l’Édit de Nantes ?”

Il écrivit au-dessous de cette citation :

“Révocation de l’Édit de Nantes, 1685.

Mort de Molière, 1673.”

Comment se peut-il qu’aucun des académiciens, réunis en Comité pour entendre la lecture de ce discours avant qu’il fût prononcé, ne fit ce simple rapprochement de dates ? Gustave Flaubert comptait donc former un volume entier de ces documents justificatifs. Pour rendre moins lourd et fastidieux ce recueil de sottises, il y aurait intercalé deux ou trois contes, d’un idéalisme poétique, copiés aussi par Bouvard et Pécuchet.

On a trouvé dans ses papiers le plan d’une de ces nouvelles, qui aurait été intitulée : Une Nuit de Don Juan.

Ce plan, indiqué en phrases courtes, souvent même par des mots sans suite, révèle mieux que toute dissertation sa manière de concevoir et de préparer son travail. A ce point de vue, il peut être intéressant. Le voici :

UNE NUIT DE DON JUAN

I

Le faire sans parties, d’un seul trait.

Commencement mouvementé comme action, – en tableau deux cavaliers arrivent sur les chevaux essoufflés. Aperçu de paysage, mais pas encore trop indiqué, seulement comme lumière, dans les arbres, – on laisse paître les chevaux dans les broussailles, – ils s’y empêtrent la gourmette, etc. – Cela au milieu du dialogue, coupé, de temps à autre, par de petits détails d’action.

Don Juan se déboutonne et jette son épée qui sort un peu du fourreau sur le gazon. – Il vient de tuer le frère de dona Elvire. – Ils sont en fuite. – La conversation commence par des aigreurs et des brusqueries.

Paysage. – Le couvent derrière eux. – Ils sont assis sur une pelouse en pente sous des orangers. – Cercle des bois autour d’eux. – Terrain d’une pente légère devant eux. – Horizon de montagnes pelées par le sommet. – Coucher de soleil.

Don Juan est las et s’en prend à Leporello. – Mais est-ce ma faute, la vie que vous menez et me faites mener ? – Eh bien, la vie que je mène, est-ce ma faute aussi ? – Comment, ce n’est pas votre faute ! – Leporello le croit, car il lui a souvent w de bonnes intentions de mener une vie plus rangée. – Oui, et le hasard en dispose autrement. Exemples. – Leporello reprend les exemples : désir qu’il a de connaître à toutes les femmes qu’il voit, jalousie universelle du genre humain. – Vous voudriez que tout fût à vous. – Vous cherchez les occasions. – Oui, une inquiétude me pousse. Je voudrais... aspiration. – Moins que jamais il ne sait pas ce qu’il voudrait, ce qu’il veut. – Leporello depuis longtemps ne comprend plus rien à ce que dit son maître. – Don Juan souhaite d’être pur, d’être un adolescent vierge. – Il ne l’a jamais été, car il a toujours été hardi, impudent, positif. – Il a voulu souvent se donner les émotions de l’innocence. – Dans tout et partout c’est la femme qu’il cherche. – Mais pourquoi les quittez-vous ? – Ah ! Pourquoi ! – Don Juan répond par l’ennui de la femme possédée. – Embêtement que cause son œil, tentation de battre celles qui pleurent. – Comme vous les repoussez, les pauvres petites biches. – Comme vous oubliez. Don Juan s’étonne lui-même de l’oubli et sonde cette idée, c’est une chose triste. – J’ai retrouvé des gages d’amour que je ne savais plus d’où ils me venaient. – Vous vous plaignez de la vie, maître, c’est injuste. – Leporello jouit scélératement à l’idée du bonheur de Don Juan. – Les jeunes gens le regardent avec envie, lui, Leporello, comme participant à quelque chose de la poésie de son maître.

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