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Route de la gloire [=En route pour la gloire / Glory Road - fr]

Электронная книга - «Route de la gloire [=En route pour la gloire / Glory Road - fr]». Краткое содержание книги:

Je n'étais pas très chaud pour partir en colonie de vacances dans le Sud-Est asiatique, mais on ne m'avait pas donné le choix. Enfin, à mon retour, j'avais une belle cicatrice toute neuve sur la figure et un billet de Sweepstake gagnant dans la poche grâce auquel j'ai rencontré la plus belle sorcière des Vingt Univers. C'est là que mes ennuis ont commencé : je me suis retrouvé dans un monde parallèle, à pourchasser des rats gros comme des loups, des dragons cracheurs de feu (évidemment), et même un Ogre, tout en essayant d'échapper aux Fantômes à Longues Cornes et autres Ecumeurs des Eaux Glacées. Sans compter Celui-Qui-N'a-Jamais-Vu-Le-Jour et Celui-Qui-Dévore-Les-Âmes. Et tout ça pour récupérer un oeuf de Phénix…
Vous allez dire que je ne suis jamais content, mais vous ne croyez pas qu'il y a de quoi vous faire regretter notre bonne vieille Terre, Sud-Est asiatique ou pas ? Et encore, je ne vous raconte pas tout !
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— « Je ferai attention. » Je m’approchai plus près de l’invisible barrière pour regarder cette créature. Elle me regarda en émettant des grognements, aussi me pris-je le nez entre les doigts, tout en le regardant, et le huai-je copieusement, à grand renforts de bruits incongrus. J’étais sous le vent et il me sembla qu’il ne devait pas avoir pris de bain depuis trente ou quarante ans ; il puait plus que cent putois réunis.

Cela fit germer en moi une idée. « Star, est-ce que ce chérubin sait nager ? »

Elle parut surprise : « Vraiment, je ne le sais pas. »

— « Peut-être ont-ils oublié de le programmer pour cela. Et vous, Rufo ? »

Rufo parut choqué : « Mettez-moi à l’épreuve, c’est tout ce que je demande. Je pourrais en remontrer aux poissons. Igli ! Dis-nous pourquoi les truies refusent de t’embrasser ! »

Star savait nager comme une otarie. Moi, je nage plutôt comme un ferry-boat, mais j’y arrive tout de même. « Star, il est possible que cette chose ne puisse pas être tuée, mais elle respire tout de même. Elle a donc une sorte de métabolisme oxygéné, même si elle brûle du kérosène. Si nous lui tenons la tête sous l’eau pendant un certain temps, – aussi longtemps qu’il le faudra, – je parie que le feu s’éteindra. »

Elle me regarda en ouvrant les yeux. « Seigneur Oscar… mon champion… Je ne me suis pas trompée à votre sujet. »

— « Bon ! il va y avoir du travail. Avez-vous jamais joué au water-polo, Rufo ? »

— « C’est moi qui l’ai inventé ! »

J’espérais qu’il disait vrai. J’y avais joué, une seule fois. C’est un peu comme lorsque vous montez à cheval, c’est intéressant, une fois. « Rufo, pouvez-vous attirer notre petit copain vers le rivage ? J’ai cru comprendre que les lignes de défenses suivaient la ligne de bataille, et continuaient de nous protéger quand nous nous déplacions ? Si c’est exact, nous pouvons l’entraîner presque jusqu’à ce bout de terrain avec l’eau profonde juste en dessous… Vous savez bien, Star, à l’endroit où vous m’avez aspergé la première fois. »

— « Pas difficile, » dit Rufo. « Nous nous déplaçons et il va nous suivre. »

— « J’aimerais bien qu’il soit en train de courir. Star, combien de temps vous faut-il pour débrancher vos défenses ? »

— « Je peux le faire en un clin d’œil, seigneur. »

— « Très bien. Voici ce que je vais faire. Rufo, je voudrais qu’Igli vous poursuive, aussi vite que possible… Alors, il faut couper tout droit vers cette falaise juste avant d’atteindre la rivière. Star, lorsque Rufo y sera, vous coupez les défenses, – vous les débranchez, – immédiatement. N’attendez pas que je vous dise de le faire. Rufo, vous plongez et nagez aussi vite que possible ; ne le laissez pas vous attraper. Avec un peu de chance, si Igli va assez vite, gros et lourdaud comme il est, il ira, lui aussi, qu’il le veuille ou non. Moi, je vais avec vous, de côté et un peu derrière. Si Igli veut freiner, je le frappe aussi fort que possible et l’envoie dans la flotte. À ce moment, nous aurons notre partie de water-polo. »

— « Je n’ai jamais vu jouer au water-polo, » dit Star, songeuse.

— « Il n’y aura pas de règle. Ce que nous avons à faire, c’est simplement de sauter tous les trois sur lui, dans l’eau, de lui enfoncer la tête et de la maintenir sous l’eau, – et de nous entraider pour l’empêcher de nous enfoncer la tête dans l’eau, à nous. Gros comme il est, à moins qu’il ne puisse nager plus vite que nous, il aura un désavantage terrible. Nous continuons comme cela jusqu’à ce qu’il devienne mou, et qu’il le reste, sans jamais le laisser respirer. Alors, pour plus de sécurité, nous le chargerons avec des pierres, et cela n’aura pas beaucoup d’importance qu’il soit vraiment mort ou non. Avez-vous des questions à poser ? »

Rufo grimaça comme une vraie gargouille :

— « Cela promet d’être amusant ! »

Comme ces deux pessimistes semblaient penser que cela allait marcher, nous commençâmes. Rufo cria une injure concernant les mœurs personnelles d’Igli, une allusion que même Olympia Press[33] aurait censurée, puis provoqua Igli à la course, lui offrant une récompense parfaitement obscène.

Il fallut pas mal de temps à Igli pour mettre sa grosse carcasse en mouvement, mais quand il fut lancé, il se montra plus rapide que Rufo et provoqua derrière lui une vraie panique chez les animaux et les oiseaux demeurés sur place. Je suis assez rapide mais j’eus beaucoup de mal à garder ma place à côté du géant, à quelques pas en arrière, et j’espérais que Star ne débrancherait pas les défenses s’il semblait qu’Igli fût capable de rattraper Rufo en terrain sec.

Star débrancha les défenses juste au moment où Rufo coupa pour s’éloigner de la barrière ; Rufo se précipita alors sur le rivage et plongea parfaitement, sans même ralentir, comme je l’avais demandé.

Mais ce fut la seule chose qui marcha selon mes plans.

Je pense qu’Igli était trop stupide pour sentir immédiatement que les défenses avaient été abaissées. Il continua pendant quelques pas après que Rufo eut obliqué, puis tourna vers la gauche, presque à angle droit. Mais il avait perdu de la vitesse et il ne sembla avoir aucune difficulté à s’arrêter sur la terre ferme.

Je le frappai en plongeant, par un coup bas parfaitement illégal, et nous tombâmes, mais pas au-dessus de l’eau. Et, tout à coup, je fus obligé de lutter avec un Golem puant et armé de deux bras puissants.

Heureusement une sorte de locomotive vint immédiatement à mon aide car Rufo, encore tout humide, vint me secourir.

Mais nous ne pouvions pas prendre ainsi l’avantage et, avec le temps, nous allions devoir perdre. Igli nous surpassait tous en poids et semblait n’être qu’un amas de muscles, de puanteur, de griffes et de dents. Nous étions déjà couverts de bleus, de contusions, de blessures, et nous n’arrivions pas à causer le moindre mal à Igli. Évidemment, il hurlait comme un mauvais acteur de film à la télévision, chaque fois que l’un de nous lui tordait une oreille ou lui retournait un doigt mais nous n’arrivions pas vraiment à le blesser et c’était bien lui qui nous mettait à mal. Il n’y avait aucune chance de flanquer cette énormité dans l’eau.

J’avais commencé en lui entourant les genoux avec les bras et je continuai de cette façon, par nécessité, aussi longtemps que je le pus, tandis que Star essayait de le tenir par un bras et que Rufo se pendait à l’autre. La situation était « fluide ». Igli se remuait comme un serpent à sonnettes auquel on a brisé la colonne vertébrale et se dégageait sans arrêt un membre, ou un autre, cherchant toujours à griffer ou à mordre. Il parvenait à nous mettre en mauvaise position et, à un moment, je me suis retrouvé pendu à un pied calleux, m’acharnant à le tordre, quand je vis qu’il avait la bouche grande ouverte, grande comme une fosse aux ours et fort peu engageante. Il avait besoin de se brosser les dents.

Je lui enfournai son pied dans la bouche.

Igli hurla, mais je continuai à lui enfoncer le pied et, très rapidement, il eut la gueule tellement encombrée qu’il fut incapable de hurler. Je continuai de pousser.

Quand il eut avalé sa propre jambe gauche jusqu’au genou, il s’arrangea pour libérer son bras droit de l’emprise de Star et agrippa sa jambe qui était en train de disparaître… Je lui agrippai le poignet. « Aidez-moi, » criai-je à Star. « Poussez ! »

Elle comprit mon idée et poussa en même temps que moi. Le bras entra dans la gueule jusqu’au coude, la jambe plus profondément encore, jusqu’à un morceau de fesse. Pendant ce temps, Rufo s’était mis au travail avec nous et avait pu introduire la main gauche d’Igli dans sa gueule, entre ses mâchoires. Déjà Igli ne se débattait plus autant ; il devait commencer à manquer d’air, c’est pourquoi il ne fallut qu’un peu de volonté pour lui mettre le pied droit dans la gueule ; en même temps, Rufo écrasait ses narines poilues et j’appuyai, en appliquant mon genou sur son menton, pendant que Star poussait.

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Célèbre collection d’ouvrages érotiques. (N.D.T.)

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