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READ-E-BOOK » Космическая фантастика » Au tréfonds du ciel [A Deepness in the Sky - ru]
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Au tréfonds du ciel [A Deepness in the Sky - ru]

Электронная книга - «Au tréfonds du ciel [A Deepness in the Sky - ru]». Краткое содержание книги:

Dans la Galaxie, l’étoile MarcheArrêt représente une énigme : elle observe un cycle de deux cent cinquante ans, s’éteint pendant deux cent quinze puis se rallume pour trente-cinq ans. Son unique planète est habitée par des araignées intelligentes qui viennent d’inventer la radio.
Le système de MarcheArrêt n’a jamais été exploré. Et voilà que deux expéditions, attirées par les signaux radio, s’y installent. L’une a été montée par les Qeng Ho, un peuple marchand qui parcourt l’espace en achetant et vendant des informations technologiques. L’autre par une civilisation violente et sadique, dite des Émergents, qui a fait de la lutte pour le pouvoir son mode de vie. Son chef, Tomas Nau, cherche à se rendre maître de la planète des Araignées pour exploiter ses ressources. Il lui faut d’abord détruire la flotte Qeng Ho ou s’en emparer.
Mais parmi les Qeng Ho se cache une figure mythique, Pham Nuwen, né mille ans plus tôt, qui connaît tous les tours...
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— Gestionnaire Xin. Notre position actuelle ?

— Monsieur, nous survolons l’océan en direction du sud et sommes à environ mille six cents kilomètres de Pleinsud.

Brughel leva les yeux pour examiner la vue plus précise fournie par ses ATH.

— Et je vois donc que lors de ce passage nous allons survoler les champs de missiles de l’Accord en remontant vers le nord.

Une boule grossit dans la gorge de Xin. Ce moment était inévitable, mais je croyais avoir plus de temps…

— Nous allons passer à quelques centaines de kilomètres à l’est de ces champs, monsieur.

Brughel leva la main d’un geste méprisant.

— Un coup de propulseur principal, et on va corriger ça… Phuong, vous me suivez ? Oui, nous avançons le programme de sept Ksec. Et alors ? Peut-être qu’elles vont nous remarquer, mais ça sera trop tard pour avoir la moindre importance. Dites à vos zombies de générer une nouvelle séquence d’opérations. Bien sûr que ça veut dire qu’on va se mouiller un peu plus. Reynolt est en train de mettre tous ses zombies inactifs à votre disposition. Synchronisez-les du mieux que vous pouvez… Bien.

Brughel se renversa sur son siège de commandant usurpé et sourit.

— Le seul inconvénient, dans tout ça, c’est qu’on n’aura pas le temps de sortir Pedure de Pleinsud. Pedure, on la connaissait bien ; je crois qu’elle aurait fait une bonne vice-reine indigène… Mais, vous savez, moi, j’en raffole pas, de ces bestioles.

Il vit que Xin suivait ses paroles avec une horreur non déguisée.

— Attention, attention, gestionnaire. Vous êtes resté trop longtemps avec vos copains Qeng Ho. Ils ont peut-être tenté un coup, là, mais ils se sont plantés. Vous pigez, ou quoi ? Le Subrécargue a survécu avec toutes ses ressources.

Il regarda derrière Jau ; il avait vu quelque chose dans ses ATH.

— Synchronisez vos pilotes sur les zombies de Bil Phuong. Vous aurez des chiffres définitifs dans quelques secondes. Pas question d’utiliser nos propres armes au-dessus de Pleinsud. Au lieu de quoi, vous allez localiser et déclencher les fusées à courte portée que la Parenté a installées au large des côtes – c’est « l’attaque en traître de l’Accord » que nous avons déjà prévue. Votre vrai travail, ça va être quelques centaines de secondes plus tard. Vos gens vont pilonner les champs de missiles de l’Accord.

Ce qui impliquerait d’utiliser le nombre limité de fusées et d’armes à faisceaux de particules qui restaient aux humains. Mais ces armes étaient tout à fait à la hauteur contre les défenses antimissiles, plus primitives, des Araignées… après quoi, des milliers de fusées de la Parenté anéantiraient des villes sur la moitié de la planète.

— Je…

Xin s’étrangla, saisi d’horreur. S’il n’obéissait pas, les autres liquideraient Rita. Brughel tuerait Rita, et puis Jau. Mais s’il suivait les ordres… J’en sais déjà trop.

Brughel le dévisagea attentivement. C’était un regard que Jau ne lui avait encore jamais connu… un regard froid, calculateur, presque un regard à la Tomas Nau. Brughel pencha la tête sur le côté et dit doucement :

— Vous n’avez rien à redouter en obéissant aux ordres. Oh ! peut-être un lavage de cerveau ; vous perdrez un peu de mémoire. Mais nous avons besoin de vous, Jau. Rita et vous pouvez nous servir pendant de nombreuses années – la bonne vie, en somme. Mais seulement si vous obéissez aux ordres maintenant.

Avant que tout bascule, Reynolt était dans les Combles. Pham devina qu’elle devait y être encore, retranchée dans la salle de groupe avec Trud et toute la télématique disponible, s’appliquant de son mieux à protéger les zombies sous ses ordres… et à employer leur géniale synergie pour accomplir la volonté de Nau.

Pham voletait dans l’obscurité, se glissant dans des tunnels ascendants qui s’étrécissaient jusqu’à atteindre moins de quatre-vingts centimètres de diamètre. Ils avaient été creusés au fil des décennies, dès que les racines de Hammerfest avaient été plantées dans Diamant Un. À un moment donné pendant la troisième décennie de l’Exil, Pham avait pénétré les programmes d’architecture émergents, et les tunnels – certains d’entre eux – avaient carrément disparu ; d’autres liaisons avaient été rajoutées. Il escomptait que même Anne ne connaissait pas tous les passages qu’il pourrait emprunter.

À chaque embranchement, il freinait en douceur avec les mains et allumait brièvement sa lampe. Il cherchait, mais ne trouvait toujours pas. Même sans alimentation extérieure, les capaciteurs des localiseurs pouvaient assurer un bref et ultime calcul. Avec le récepteur-amplificateur, il pouvait encore capter des indices : il savait qu’il se trouvait dans les niveaux supérieurs de Hammerfest, dans l’aile où était située la salle de groupe.

Mais les localiseurs proches étaient presque à bout de ressources. Dans un coude du tunnel, il passa devant ce qui, très vraisemblablement, était l’endroit qu’il cherchait. Les parois scintillaient faiblement dans une lumière irisée, intactes. Quelques mètres encore. J’y suis ! Un cercle était discrètement gravé dans la muraille de diamant. Il se laissa porter jusqu’à lui et composa doucement un code de commande tactile à sa surface. Il y eut un déclic. Une auréole de lumière jaillit autour du disque lorsqu’il pivota, révélant une sorte de magasin. Pham se glissa par l’ouverture. Rations alimentaires et articles de toilette s’empilaient dans des casiers.

Il contourna les étagères. Il avait presque traversé la pièce et s’approchait de son entrée plus officielle… lorsque la porte en question s’ouvrit. Pham plongea dans l’encoignure et, lorsque le visiteur entra, il tendit la main et lui arracha en douceur ses ATH. C’était Trud Silipan.

— Pham ! s’écria-t-il, plus surpris qu’effrayé. Qu’est-ce que tu fous ici ? Tu sais quoi ? Anne pique une crise à cause de toi. Elle déconne complètement, elle dit que tu as tué Kal Omo, que tu as pris le contrôle de North Paw…

La voix lui manqua lorsqu’il se rendit compte que la présence de Pham ici était tout aussi invraisemblable.

Pham sourit à Silipan et referma la porte derrière lui.

— Oh, tout ce qu’on raconte est exact, Trud. Je suis venu récupérer mon escadre.

— Ton escadre, que tu dis ?

Trud le dévisagea un instant, son expression alternant entre la peur et l’émerveillement.

— Pham, qu’est-ce que tu manigances ? T’as un drôle d’air.

Un peu d’adrénaline, un peu de liberté. Ça vous change un homme. Étonnant, n’est-ce pas ?

— T’es cinglé, mec. Tu sais que tu ne peux pas gagner. Tu es coincé, ici. Rends-toi. Peut-être qu’on pourra mettre ça sur le compte de… d’un accès de folie passagère.

Pham secoua la tête.

— Je suis là pour gagner, Trud.

Il leva son petit pistolet à fléchettes pour que Silipan puisse le voir.

— Et tu vas m’aider. On va aller dans la salle de groupe, et tu vas neutraliser tout le soutien zombie…

Irrité, Silipan tenta de repousser la main armée de Nuwen.

— Impossible. La situation est critique. Ils sont indispensables au soutien des opérations au sol.

— Ils instrumentent le programme d’extermination des Araignées signé Tomas Nau ? Raison de plus pour les débrancher immédiatement. Ça devrait avoir un effet intéressant sur le lac du Subrécargue, par ailleurs.

Pham voyait presque l’Émergent soupeser les risques dans son esprit : Pham Trinli, son vieux pote, complice en beuveries et fanfaronnades, armé d’un pistolet à fléchettes d’une efficacité discutable… se dressait contre toute la puissance destructrice du Subrécargue.

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