Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
La tombola des voyous - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

La tombola des voyous

Электронная книга - «La tombola des voyous». Краткое содержание книги:

Quand on prétend être un grand pêcheur, l'as de la ligne toutes catégories, il ne faut pas dévoiler ses secrets… surtout quand ils sont aussi curieux que ceux du valeureux Bérurier. Devinez avec quoi il appâte, le Gros ? Avec certaines parties des bovins qui constituent toute la différence entre un taureau et un bœuf, si vous voyez ce que je veux dire ?
Et c'est à cause de cette bizarre technique que tout a commencé. Nous étions penchés sur un immense bac d'abats, aux Halles, à la recherche du morceau convoité, quand le père Pinaud qui nous avait accompagnés pousse un léger cri et s'évanouit. Un coup d'œil dans le bac m'avait renseigné…
Ce n'était vraiment pas beau à voir, et ça n'avait jamais appartenu à un Quadrupède !
1 ... 17 18 19 20 21 22 23 24 25 ... 30
Перейти на страницу:

Les deux sbires empaquettent la souris. Nous nous retrouvons seuls, Laroute et moi.

Je m’essuie le front d’un revers de coude.

— On peut dire que vous m’avez foutu des vapeurs, lui dis-je. Si vous aviez appris la mort du caïd à cette fille, mon plan allait s’écrouler.

Je le pousse vers une chaise.

— Posez-le là, Laroute, j’ai un nouveau sursis à vous demander…

Il fronce les sourcils.

— Ah oui !

La voix est mauvaise.

— Ne parlez pas de la mort de Padovani avant demain.

Il se lève, marche à mon bureau, pose ses deux poings sur mon sous-main et prend appui dessus pour incliner jusqu’à mon visage.

— Des clous, commissaire !

— Pardon ?

— Je dis : des clous. J’en ai assez de vos salades… De vos sursis, de vos brillantes manigances… Mon métier, c’est d’informer le public avant mes collègues. Voilà deux jours que vous m’empêchez de sortir un papier de première page, c’est fini… Je regrette mais je ferai mon boulot.

Il est franchement déterminé.

— Un instant, lui dis-je.

— Non, je n’en ai plus un à perdre…

— Si. Laroute, si vous annoncez la mort du caïd, tout est foutu… Si au contraire, vous m’aidez, je suis certain d’aller au bout de cette ténébreuse affaire.

Je prends la photo représentant Padovani avec son pâté de foie sur le museau.

— On va faire un marché. Que pensez-vous de ce cliché ?

Il éclate de rire.

— Marrant !

— Eh bien ! il est à vous en exclusivité totale. Vous allez écrire que nous étions sur une piste. Nous avons arrêté un certain Jo Padovani dit le Turc… Il y eu bagarre… Ce cliché a été tiré alors que Pado venait de prendre ce projectile dans la poire… Rien n’amusera davantage vos lecteurs. Vous direz que le Corse a été interrogé, mais qu’il a pu fournir un alibi sans faille et qu’il a été relâché. Vous pouvez même prétendre l’avoir interviewé à sa sortie de nos locaux… Il vous a fait une déclaration comme quoi il est indigné par le comportement des perdreaux… Il vous a dit qu’il avait été arrêté à la suite d’une dénonciation anonyme dont il espère découvrir l’auteur… Faites ça… C’est du sensationnel ! Demain, vous aurez toujours la possibilité de sortir la vérité, ainsi cela vous donnera deux papiers à sensation au lieu d’un. Vous voyez que je suis correct ! Ne vous ai-je pas alerté immédiatement, et vous tout seul ?

Il n’a pas lâché la photographie des yeux.

Un léger soupir s’échappe de ses lèvres.

Il remise le portrait dans sa poche.

— C’est bon. Je suis un faible, je ne sais rien vous refuser.

— Eh ! Un instant…

— Oui ?

— Donnez-moi votre rouleau de pellicule. Je n’ai pas envie que vous me jouiez un air de vache !

— C’est ça, pour que vous le détruisiez !

— La confiance règne, ricané-je.

— Je peux vous servir la même chose…

Nous nous bravons avec des lampions qui feraient fondre le pôle Nord !

— D’accord, alors employons un autre système… Sortez votre pellicule de l’appareil, faites-en un paquet…

— Et ensuite ?

— Vous écrivez votre adresse dessus et on le fait poster immédiatement par un planton. De la sorte, vous êtes certain de l’avoir demain.

— D’ac…

Il obéit, ôte son film, l’enveloppe dans du papier blanc et fixe les plis du paquet au moyen de papier collant.

Lorsqu’il écrit son adresse, je sonne un garde.

— Minute, dit Laroute, ne lui faites pas le moindre signe d’intelligence, sans quoi je ne marche pas !

— Comment un gardien de la paix comprendrait-il un signe d’intelligence ? objecté-je.

Tout se passe bien. Le garde prend le paquet et les dix balles de Laroute, puis s’en va en nous distribuant des saluts militaires format ministre !

— À demain, dis-je à Laroute. Je compte sur vous. Souvenez-vous que lorsque je compte sur quelqu’un, je n’aime pas être déçu. Si l’idée vous venait de me doubler, vous perdriez soixante-quinze pour cent de ce sex-appeal qui vous met à la portée de la paluche les secrétaires du journal.

Il hausse les épaules, vexé. Nous nous quittons sans effusions.

Bérurier surgit, le chapeau de travers.

Il semble déprimé.

— Qu’est-ce qui t’arrive, Gros ?

Il pose sur mon visage altier ses gros yeux sanguins.

— Je viens de me rappeler que ma Berthe a fait du bœuf mode pour le déjeuner.

— Alors ?

Il brandit son râtelier mutilé.

— Tu crois que je vais pouvoir le bouffer avec ça ?

— Fais-toi faire du hachis Parmentier, Béru… Ou un lait de poule !

CHAPITRE X

LA TÊTE ENFLÉE

Il est sept heures et quelques poussières lorsque je passe la porte de l’Hôtel de la Côte d’Argent. Je suis nanti d’une valise en carton, d’un chapeau et de lunettes qui ne me servent à rien sur le plan de l’optique, sinon à fausser celle des autres lorsqu’ils me regardent.

L’établissement est de troisième ordre, mais bien tenu. Comme tous les petits hôtels de Paris, il sent le linge repassé et l’encaustique. Un rhododendron jaunit sur le comptoir de la réception. Derrière la caisse, une dame âgée à cheveux blancs écrit dans un grand livre.

Elle me sourit.

— Monsieur ?

— Puis-je avoir une chambre ?

— Mais certainement !

Elle m’attrique le 25. Je m’inscris sous un faux blaze et, à la rubrique profession, j’inscris en toute candeur : représentant ! N’est-ce pas là un demi-mensonge ?

Tout le monde ici-bas représente quelque chose ou quelqu’un ! Il y a des gars qui représentent des aspirateurs, d’autres représentent Dieu, certains représentent la loi ou bien le président de la République au gala des organisateurs de galas ! Il y a ceux qui ne représentent pas grand-chose, ceux qui représentent une fortune… Vous, vous représentez les mollassons du bulbe… Chacun a son petit compartiment.

Une accorte soubrette (Les soubrettes sont accortes, les collègues éminents, et les chauffeurs de locomotive pères de onze enfants) me grimpe au second.

Je prends possession de ma piaule. La même servante reçoit mon obole et mon sourire. La générosité de l’une et de l’autre lui vont droit au radada.

Elle s’en va à reculons.

— Monsieur n’a besoin de rien ? demande-t-elle, prête à tous les sacrifices.

— Si, lui dis-je : de sommeil. J’ai voyagé toute la journée et je suis fourbu. J’espère qu’il n’y a pas trop de chahut dans ce claque ?

— Oh, non ! C’est tranquille.

— Parfait. À bientôt, mon lapin…

J’attends qu’elle soit partie. Puis j’entrouvre ma lourde et je file sur ses talons.

J’ai un étage à descendre. Tout est peinard dans l’immeuble. Tel un fantôme, je hante les couloirs jusqu’à ce que mes pérégrinations m’aient amené devant le 14.

Je fais appel à mon sésame, l’ustensile qui ouvre toutes les serrures. Avec ça, pas de soucis, vous pouvez loger chez l’habitant à votre gré.

J’entre presto dans la carrée des Padovani. Le parfum de la môme Jolies-Miches me kidnappe le sens olfactif…

La chambre est propre, bien rangée… Un lit de cuivre, une armoire, une table, deux chaises et un lavabo. Plus une cantine d’esprit militaire dans un angle, près du radiateur.

Je me mets à tout fouiller. Je procède sans bruit, avec des geste furtifs. Je palpe les nombreux costars du Corsico, son linge, ceux de la môme Marie-Jeanne. J’explore la cantine, je soulève le matelas, je sonde le sommier. Le résultat de ces fouilles est relativement mince : un pétard de calibre 7,65 automatique avec deux chargeurs en rabiot… Un passeport pourvu de la photo du Turc mais portant un nom bidon… La petite panoplie du gangster moyen, quoi !

1 ... 17 18 19 20 21 22 23 24 25 ... 30
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)