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Façon de parler ! : Petites et grandes histoires de nos expressions préférées

Электронная книга - «Façon de parler ! : Petites et grandes histoires de nos expressions préférées». Краткое содержание книги:

Frédérick Gersal aime raconter des anecdotes, des petites histoires qui permettent d’en savoir plus et surtout de dédramatiser ! Car celui que ses auditeurs ont affectueusement surnommé le « Professeur Gersal » s’est donné comme mission de transmettre ses passions et ses savoirs ! Dans ces 101 Façons de parler, l’homme au célèbre nœud papillon revient avec malice sur nos expressions populaires préférées pour nous en livrer les petites histoires et les grands secrets. Mener une vie de patachon, Faire les 400 coups, L’argent n’a pas d’odeur, Avoir une mine patibulaire, Être au bout du rouleau, Se tenir à carreau… n’auront bientôt plus de secrets pour vous !
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D’ailleurs, il hésite pendant longtemps entre le pinceau et l’archet ; entre la toile et la partition ; entre la gamme des couleurs et les notes de la gamme ; entre le « dos » académique et le « do » mélodique…

Entre les deux, son cœur a longuement balancé. Il fut 2e violon dans l’orchestre du Capitole avant d’étudier la peinture dans un atelier de la capitale ! Finalement, Ingres est devenu peintre, il a obtenu le premier Grand Prix de Rome.

On lui doit de nombreux chefs-d’œuvre exposés partout dans le monde. Mais aussi cette grande fresque inachevée, au château de Dampierre-en-Yvelines ; ce plafond pour l’hôtel de ville de Paris, ou encore ces vitraux de chapelles et ces tableaux religieux !

Ingres, peintre talentueux qui aimait jouer du violon avec Charles Gounod ou Niccolo Paganini, a dû choisir entre ses deux passions. De la première, il fit son métier, et de la seconde, il fit son « violon d’Ingres »…

Avoir une mine patibulaire

« Avoir une mine patibulaire », ce n’est pas très gai ! Bon, c’est vrai, je suis d’accord avec vous, il ne faut pas juger les gens sur la mine, pas uniquement sur leur apparence extérieure.

Mais tout de même, mine de rien, quelqu’un qui fait grise mine, ce n’est pas drôle, ce n’est pas très attirant, on préfère quelqu’un qui a bonne mine ou qui fait mine… d’avoir bonne mine !

« Avoir une mine patibulaire », c’est en fait avoir un visage inquiétant, une allure troublante… et pour cause ! L’adjectif patibulaire vient d’un mot latin qui signifie « gibet ». Voilà pourquoi en français on parle des « fourches patibulaires » pour désigner une sorte de gibet.

Au Moyen Âge, le plus célèbre gibet fut celui de Montfaucon, situé à Paris entre La Villette et les Buttes-Chaumont.

Si le gibet était une potence où les condamnés étaient exécutés, les fourches patibulaires servaient à exposer leurs corps aux yeux de tous.

Incontestablement, ces fourches patibulaires donnaient mauvaise mine !

Mais attention, faire triste mine ou avoir un coup de blues, ce n’est pas forcément « avoir une mine patibulaire »…

 Incontestablement, ces fourches patibulaires donnaient mauvaise mine !

Avoir voix au chapitre

« Avoir voix au chapitre », pouvoir confier ses aspirations, affirmer ses volontés, donner son avis, dire enfin ce que l’on souhaite, ce que l’on pense, c’est merveilleux, non ?

Si cette voix est celle qui permet de se faire entendre, le chapitre, lui, est un peu particulier. À l’origine, c’est un diminutif du mot latin caput : « la tête ». Le chapitre, qui était un article de loi, désigne désormais une partie d’un texte !

 Le chapitre, qui était un article de loi, désigne désormais une partie d’un texte !

Mais le mot « chapitre » définit également l’ensemble des religieux d’un monastère. Pour se réunir, ils se retrouvent tous ensemble dans la salle du chapitre, la salle capitulaire, où chacun peut s’exprimer, où chacun a voix au chapitre !

Elle est appelée salle du chapitre, parce que chacune de ces réunions doit débuter par la lecture d’un chapitre de la règle de l’Ordre. Puis la communauté traite des affaires courantes et juge parfois certains de ses membres qui se font chapitrer !

Depuis bien longtemps cette expression a quitté les monastères pour entrer dans la vie courante. Il n’est plus nécessaire d’être religieuse ou religieux pour « avoir voix au chapitre »…

Battre la chamade

« Battre la chamade »… oh ! cela n’a rien à voir avec « battre en brèche », « battre de l’aile » ou « battre la campagne »… pas plus qu’avec « se battre comme des chiffonniers » ou « se battre en duel ».

Quant au mot « chamade », il a une origine italienne, il est la traduction du participe passé du verbe « appeler ». Donc, « battre la chamade » signifie « lancer un appel » !

C’est vrai, mais de quelle façon ? En criant, en tapant du pied ou en frappant sur un objet ? Oui, voilà, en frappant pour se faire entendre, « battre la chamade » se rapproche de « battre la mesure », car c’est une expression musicale.

Pour donner du rythme, pour marquer la cadence, quoi de mieux qu’une trompette ou un tambour ? Eh bien, jadis, les combattants faisaient savoir à leurs adversaires qu’ils souhaitaient discuter ou capituler en faisant « battre la chamade ».

Sonneries de trompettes et roulements de tambours indiquaient au camp adverse qu’ils voulaient éviter de se faire « battre à plate couture ».

Comme le combattant prêt à rendre ses armes au son du tambour, l’amoureux est prêt à s’offrir quand il sent son cœur « battre la chamade »…

 Pour donner du rythme, pour marquer la cadence, quoi de mieux qu’une trompette ou un tambour ?

C’est la bérézina

« C’est la bérézina ! » Voilà une expression plutôt négative pour parler d’un échec, d’une catastrophe, d’une défaite, d’une terrible débâcle.

C’est bien ce qui s’est passé sur les rives de la Bérézina.

Tous les cours d’eau : ruisseaux et torrents, fleuves et rivières, ne se métamorphosent pas forcément en œuvres d’art. Tous ne se dansent pas, comme Le Beau Danube bleu de Johann Strauss, tous ne deviennent pas le cadre d’un roman policier comme l’œuvre d’Agatha Christie : Mort sur le Nil. Certains se sont transformés en des lieux de batailles comme la Marne ou la Somme, l’Alma ou la Bérézina, justement. La Bérézina est une rivière de l’actuelle Biélorussie et fut le théâtre de très rudes combats durant la retraite de Russie.

 Les troupes de Napoléon doivent franchir la Bérézina.

Toute cette histoire débute au mois de juin 1812, lorsque Napoléon décide de franchir le Niémen et d’envahir le territoire de l’Empire russe. La Grande Armée arrive à Moscou en septembre et un mois plus tard commence la dramatique retraite de Russie.

Les troupes de Napoléon doivent franchir la Bérézina. La saison est mauvaise, l’eau de la rivière est glacée. Les pontonniers du général Éblé font tout ce qu’ils peuvent mais la température descend à -20 °C, -30 °C…

En quelques heures, en quelques jours, 25 000 hommes sont tués, blessés ou faits prisonniers. Au cours de cette campagne de Russie, les pertes françaises s’élèvent à 500 000 hommes en comptant les blessés et les prisonniers.

Le mot « bérézina » est devenu un nom commun et le langage s’est enrichi d’une nouvelle expression : « C’est la bérézina ! »

C’est la fin des haricots

« C’est la fin des haricots ! », cela signifie que c’est la fin de tout, qu’il ne faut plus rien attendre de personne. Les espoirs, comme les réserves, sont épuisés.

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