Saga
- Автор: Бенаквиста Тонино
- Язык: французский
- Жанр: Современная русская и зарубежная проза
Электронная книга - «Saga». Краткое содержание книги:
38. SALON FRESNEL. INT. JOUR
Marie Fresnel range à la va-vite quelques vêtements dans un sac. Mildred est assise à ses côtés.
marie : Fred a disparu depuis trois jours, je viens de rece voir un coup de fil du commissariat central de Londres. Quand il est parti à son congrès, j'ai bien vu que quelque chose n'allait pas.
Elle saisit son sac, vérifie l'heure de son vol et passe son manteau.
mildred : Tu veux que je demande à mon frère de se ren seigner?
marie : Je n'osais pas te le demander… (Elle l'embrasse sur le front.) Tu diras à Bruno et Camille que je les appelle ce soir. Et surtout, réponds au téléphone, c'est peut-être Fred. Me rci, je te le rendrai mille fois.
Elle sort.
Silence.
Mildred s'aventure dans le couloir et s'arrête devant cette mystérieuse porte, déjà vue en séquence 17 du n°2. Elle y colle son oreille et n'entend rien. Elle tente de l'ouvrir, elle est fermée au verrou. Elle retourne dans le salon, revient avec un trousseau de clés, en essaie plusieurs mais aucune ne correspond. Elle étudie la serrure un instant puis disparaît et revient avec divers objets; un couteau, un cintre, un étui de carte orange.
– Un étui de carte orange?
– Mon voisin a réussi à ouvrir ma porte, un soir, avec ça. Il paraît qu'une carte bleue fait aussi bien l'affaire.
La tasse de café au bord des lèvres, elle fait semblant d'avoir l'esprit attiré ailleurs. Il suffirait que je frémisse d'une narine pour la voir s'évanouir.
Elle glisse l'étui dans l'interstice, près de la serrure, puis le couteau sous le penne du loquet, fait jouer les deux en même temps, et, dans un déclic, la porte s'ouvre.
39. PIÈCE INTERDITE. INT. JOUR
C'est la pénombre, elle cherche l'interrupteur et ne ren contre aucun meuble. Elle s'empare d'une lampe de chevet, l'allume et s'en sert comme d'une torche. Elle trouve l'inter rupteur. La pièce est vide avec juste un grand lit et une assiette pleine de raisin posée en plein milieu. Tout à coup, Mildred pousse un cri d'horreur.
On aperçoit un corps nu, accroupi dans la pénombre.
Paniquée, elle fait volte-face, mais la créature s'élance vers elle et fait claquer la porte, Mildred crie, se débat, cherche une autre sortie sans la trouver. Après une courte lutte elle se recroqueville dans un coin de la pièce.
La créature est un jeune homme de seize ou dix-sept ans. Il s'accroupit, à nouveau, comme si c'était pour lui la position la plus naturelle. Il regarde intensément Mildred.
Elle cherche à reprendre son souffle malgré la peur qu'on lit dans ses yeux. Elle regarde le jeune homme.
Il est magnifiquement beau, ses yeux sont bleus, ses cheveux sont blonds et légèrement bouclés, et sa peau blanche enveloppe son corps maigre sans la moindre aspérité. Il feule e t se déplace comme un fauve. Un jeu de regards s'installe entre eux. Il semble plutôt étonné et pas le moins du monde agressif. Encore tremblante, elle ose un sourire forcé.
mildred : Je ne voulais pas… vous déranger… Je me mêle de tout mais j'oublie très vite… Si vous… pouviez vous ôter du passage…
Tout à coup il se fige et son incroyable immobilité crée un climat étrange.
mildred :… Je m'appelle Mildred… Et vous?
Pas de réponse.
mildred : Je vous jure que je ne dirai rien… Il faut me croire!… Je vous en prie…
Elle pose la main sur la poignée de la porte. Il saisit son mollet d'un geste vif, elle hurle, et retourne à l'autre bout de la pièce.
mildred : Ne me touchez pas!
La créature ne réagit pas à son cri. Il s'élance sur le lit pour saisir une grappe de raisin. Sa gestuelle animale donne une curieuse élégance à sa silhouette. Il porte sa nudité avec un naturel incroyable. Il croque un ou deux grains de raisin. Elle a le dos plaqué contre le mur. Il lui lance une grappe de raisin qu'elle ne rattrape pas.
mildred: … Vous com-pre-nez les mots que je pro-non-ce?
Il reste totalement sans réaction. Elle fait un pas vers la porte, il grogne. Elle s'éloigne de la porte. Tout à coup elle détourne le regard, effarée. hors champ, on comprend qu'il urine dans un lavabo.
mildred :… Qu'est-ce que vous voulez…? Qu'est-ce que vous faites, enfermé là? Vous ne ressemblez pas du tout à un Fr esnel… Ils vous cachent? Ils vous gardent prisonnier? Dites quelque chose!
créature :… Chose…?
mildred : Oui, n'importe quoi!