Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Научная фантастика » Les enfants de Dune [Children of Dune - fr]
Les enfants de Dune [Children of Dune - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Les enfants de Dune [Children of Dune - fr]

Электронная книга - «Les enfants de Dune [Children of Dune - fr]». Краткое содержание книги:

Sur Dune, la planète des sables, les anciennes prophéties sont en train de s’accomplir. La transformation écologique s’accélère : l’eau, jadis plus coûteuse que l’or, coule à flots, et les jardins débordent sur le désert. Mais la prospérité nouvelle de Dune menace sa richesse, l’Epice de longévité et de prescience. Les durs Fremen, qui ont porté aux confins de l’univers humain la bannière et la parole de Muad’Dib, s’amollissent. Les vers géants se font rares. Et depuis que Paul est allé au désert pour y mourir selon la tradition Fremen parce qu’il a perdu la vue, ses prêtres ont construit sur son message de paix une théocratie autoritaire qui régit toute la galaxie.
C’est alors que se jouent les destins des enfants de Dune.
Leto et Ghanima, les jumeaux nés de Paul et de Chani, se sont éveillés à la conscience dans le ventre de leur mère et portent en eux les mémoires héréditaires d’innombrables générations. Il leur faut les dompter s’ils veulent échapper à l’Abomination redoutée par les Sœurs du Bene Gesserit à la possession par un spectre surgi de ce passé génétique.
Il leur faut aussi déjouer les complots s’ils veulent survivre, refondre l’univers humain ébranlé par le Jihad et régner à leur tour sur Dune.

Voici enfin le troisième volet de l’épopée la plus fascinante de toute la science-fiction moderne. Un grand roman historique situé dans l’avenir lointain.
Dans huit mille ans.
1 ... 15 16 17 18 19 20 21 22 23 ... 134
Перейти на страницу:

La veille, les gardiens du temple lui avaient amené un prisonnier à juger, à l’heure du crépuscule, un certain Essas Paymon, un petit homme au teint sombre qui prétendait travailler pour une maison mineure, les Nebiros, spécialisée en objets religieux et articles de décoration. En fait, Paymon était connu comme espion de la CHOM. Sa mission était d’évaluer la récolte annuelle d’épice. Alia était sur le point de l’envoyer aux oubliettes lorsqu’il avait protesté bruyamment contre « l’injustice des Atréides ». Ces simples mots étaient suffisants pour qu’il meure sous le tripode de pendaison, mais son audace avait intrigué Alia. Depuis le Trône du Jugement, elle s’était adressée à lui avec une sévérité particulière, espérant l’effrayer afin qu’il lui révèle plus que ce qu’il avait dit aux inquisiteurs.

« Pourquoi nos récoltes d’épice sont-elles si intéressantes aux yeux du Combinat des Honnêtes Marchands ? Si tu nous le dis, tu seras peut-être gracié. »

« Je ne fais que ramasser ce que demande le marché. J’ignore ce que l’on peut faire de ma moisson. »

« Et c’est pour ce profit mesquin que tu entraves nos plans royaux ? »

« La royauté n’a jamais estimé que nous pouvions avoir nos propres plans », riposta Paymon.

Fascinée par son arrogance désespérée, Alia lui demanda : « Essas Paymon, travaillerais-tu pour moi ? »

Il eut un sourire grimaçant.

« Vous étiez sur le point de m’oblitérer sans remords. Aurais-je donc une valeur nouvelle pour que vous me proposiez ce marché ? »

« Une valeur simple et pratique. Tu as de l’audace et tu veux servir le plus offrant. Je puis offrir plus que quiconque dans tout l’Empire. »

Il lança alors une somme considérable pour ses services, mais Alia lui répondit par un rire et fit une contre-proposition qu’elle jugeait plus raisonnable et qui dépassait certainement de loin ce qu’avait jamais pu gagner Essas Paymon. Elle ajouta : « Et, bien sûr, j’ajoute en prime ta vie qui, je le présume, est pour toi d’une inestimable valeur. »

« Marché conclu ! » lança Paymon. Sur un geste d’Alia, il se retira, précédé du Maître des Audiences, Ziarenko Javid.

Moins d’une heure plus tard, comme Alia s’apprêtait à quitter la Salle des Jugements, Javid surgit et lui rapporta que l’on avait entendu Paymon marmonner les paroles fatidiques de la Bible Catholique Orange : « Maleficos non patietis vivere. »

« Point ne souffriras que vive une sorcière », traduisit Alia. C’était donc ainsi qu’il montrait sa gratitude ! Il était de ceux qui complotait contre sa vie ! Dans un instant de rage tel qu’elle n’en avait jamais connu, elle ordonna l’exécution immédiate de Paymon et fit envoyer son corps au Temple : son eau, à tout le moins, serait de quelque valeur dans les coffres du clergé.

Cette nuit-là, elle fut hantée par le visage de Paymon.

Elle essaya tous les stratagèmes pour chasser son image obsédante, récitant le Bu Ji du Livre de Kreos des Fremen : « Il n’arrive rien ! Il n’arrive rien ! » Mais Paymon ne la quitta pas tout au long de cette nuit harassante, jusqu’à ce matin étincelant, où son visage avait rejoint tous les autres, dans les reflets de la rosée.

Une femme de la garde apparut derrière une haie de mimosa et lui annonça que le petit déjeuner était servi. Alia soupira. Elle n’avait guère le choix entre deux enfers : le tumulte dans son esprit ou le tumulte autour d’elle. Toutes ces voix étaient les mêmes, absurdes mais tellement insistantes dans leurs exigences, bruits de sablier qu’elle eût aimé éteindre sur le fil de son couteau.

Indifférente à la femme, Alia porta son regard vers le Mur du Bouclier. Sur le territoire préservé de son domaine, un bahada avait laissé une vaste moraine, un immense éventail de détritus, un delta de sable et de rochers que la lumière du matin soulignait. Pour un regard profane, songea Alia, cela pouvait être le lit desséché d’un grand fleuve, alors qu’en réalité c’était en ce lieu précis que son frère avait percé le Mur avec les atomiques des Atréides, ouvrant ainsi un passage aux vers géants montés par ses Fremen, une voie vers la victoire sur son prédécesseur, l’Empereur Shaddam IV. A présent, de l’autre côté du Mur du Bouclier, un large qanat empli d’eau constituait l’unique rempart contre les incursions des vers. Ils ne franchiraient pas l’eau : elle les empoisonnait.

Est-ce donc une barrière de ce genre qui s’est érigée dans mon esprit ? se demanda Alia.

Et cette seule pensée accrut son malaise, cette sensation inquiétante d’être séparée de la réalité.

Les vers des sables ! les vers des sables !

Une collection d’images apparut dans son souvenir : le puissant Shai-Hulud, démiurge des Fremen, animal-fléau des profondeurs désertiques et source de l’inestimable richesse de l’épice. Il était si difficile, songea Alia, de se représenter l’évolution du redoutable ver à partir de cette chose timide, plate et tannée qu’étaient les truites des sables. Elles ressemblaient à la multitude bêlant dans sa conscience. Les truites, lorsqu’elles s’assemblaient, serrées les unes contre les autres, s’appuyant sur la plate-forme rocheuse d’Arrakis, formaient des citernes vivantes ; elles retenaient l’eau de sorte que leur vecteur, le ver des sables, puisse vivre. L’analogie était évidente : certains de ces autres qui hantaient son esprit recelaient des forces redoutables qui pouvaient la détruire.

La femme de sa garde appelait à nouveau et, cette fois, il y avait une note d’impatience dans sa voix.

Alia se retourna, irritée, et lui fit signe de se retirer.

La femme disparut, claquant rageusement la porte de la terrasse derrière elle.

Ce fut comme un signal : toutes ces vies qu’Alia avait réussi à repousser jusqu’alors déferlèrent en un atroce mascaret. Chacune portait un visage qui s’imposait au centre même de sa vision. Et tous ces visages formaient un nuage, et ils étaient tous différents. Certains avaient la peau calleuse, d’autres étaient vérolés, ou encore envahis d’ombres fuligineuses. Leurs bouches étaient comme autant de losanges visqueux. Leur multitude formait un courant puissant, une irrésistible marée de vies dans laquelle elle devait plonger, se laisser flotter.

« Non, murmura-t-elle. Non… non… non…»

Elle défaillit, sur le point de tomber. Ses ultimes forces lui permirent de gagner un banc proche. Elle essaya de s’asseoir, mais le poids de son corps l’entraîna. Elle demeura étendue sur le plastacier froid, protestant faiblement.

La marée continuait de monter en elle.

Son esprit était accordé sur le signal le plus ténu, elle était avertie du danger mais attentive à chaque clameur. Toutes ces voix exigeaient son attention totale en une cacophonie de : « Moi ! Moi ! Moi ! » Mais elle savait que si jamais elle venait à leur obéir, à écouter l’une de ces suppliques, elle serait perdue. En choisissant un visage parmi cette multitude, en acceptant les mots que criait sa bouche, elle deviendrait prisonnière de cet égocentrisme qui, avec elle, vivait son existence.

« C’est la prescience qui te vaut cela », murmura une voix.

Elle porta les mains à ses oreilles. Je ne suis pas presciente ! La transe ne m’apporte rien !

La voix insista :

« Mais cela réussirait, si l’on t’aidait. »

« Non ! Non ! » gémit-elle.

D’autres voix s’insinuaient dans son esprit.

« Moi, Agamemnon, ton ancêtre, j’exige audience ! »

1 ... 15 16 17 18 19 20 21 22 23 ... 134
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)