Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне

Электронная книга - «Le Horla (1887)». Краткое содержание книги:

Le Horla est une nouvelle fantastique de Guy de Maupassant parue en 1886, puis dans une seconde version en 1887.
Le Horla trouve son origine dans une courte nouvelle de Maupassant, Lettre d'un fou, publiée sous le pseudonyme de Maufrigneuse, en 1885 dans le quotidien Gil Blas, qui développe déjà la même histoire, sans que le nom de « Horla » n'y soit mentionné.
Maupassant reprend ensuite les principaux éléments de Lettre d'un fou pour écrire deux autres versions de l'histoire sous le titre Le Horla. La première version du Horla est publiée en 1886 dans Gil Blas. La seconde version, plus connue et plus longue, paraît en 1887 dans un recueil de nouvelles homonyme1.
Les trois versions de l'histoire se présentent sous trois formes littéraires différentes : Lettre d'un fou, comme son titre l'indique, est un courrier fictif, la première version du Horla est un récit-cadre et la deuxième version prend la forme d’un journal intime inachevé qui laisse craindre que son propriétaire n’ait sombré dans la folie ou ne se soit suicidé.
La rédaction du Horla coïncide avec les prémices de la folie de Maupassant, de plus en plus victime d'hallucinations et de dédoublement de la personnalité à cause de la syphilis qu'il a contractée. Il tentera lui aussi de se suicider en 1892.
1 ... 15 16 17 18 19 20 21 22 23 ... 35
Перейти на страницу:

Quand Honoré Bontemps entra chez elle, il la trouva préparant de l’eau bleue pour les collerettes des villageoises.

Il dit :

— Allons, bonsoir ; ça va-t-il comme vous voulez, la mé Rapet ?

Elle tourna vers lui la tête :

— Tout d’même, tout d’même. Et d’ vot’ part ?

— Oh ! d’ ma part, ça va-t-à volonté, mais c’est ma mé qui n’va point.

— Vot’ mé ?

— Oui, ma mé !

— Qué qu’alle a votre mé ?

— All’ a qu’a va tourner d’l’œil !

La vieille femme retira ses mains de l’eau, dont les gouttes, bleuâtres et transparentes, lui glissaient jusqu’au bout des doigts, pour retomber dans le baquet.

Elle demanda, avec une sympathie subite :

— All’ est si bas qu’ça ?

— L’médecin dit qu’all’ n’passera point la r’levée.

— Pour sûr qu’alle est bas alors !

Honoré hésita. Il lui fallait quelques préambules pour la proposition qu’il préparait. Mais, comme il ne trouvait rien, il se décida tout d’un coup :

— Comben qu’ vous m’ prendrez pour la garder jusqu’au bout ? Vô savez que j’sommes point riche. J’peux seulement point m’payer eune servante. C’est ben ça qui l’a mise là, ma pauv’ mé, trop d’élugement, trop d’fatigue ! A travaillait comme dix, nonobstant ses quatre-vingt-douze. On n’en fait pu de c’te graine-là !…

La Rapet répliqua gravement :

— Y a deux prix : quarante sous l’jour, et trois francs la nuit pour les riches. Vingt sous l’jour et quarante la nuit pour l’zautres. Vô m’donnerez vingt et quarante.

Mais le paysan réfléchissait. Il la connaissait bien, sa mère. Il savait comme elle était tenace, vigoureuse, résistante. Ça pouvait durer huit jours, malgré l’avis du médecin.

Il dit résolument :

— Non. J’aime ben qu’vô me fassiez un prix, là, un prix pour jusqu’au bout. J’courrons la chance d’part et d’autre. L’médecin dit qu’alle passera tantôt. Si ça s’fait tant mieux pour vous, tant pis pour mé. Ma si all’ tient jusqu’à demain ou pu longtemps tant mieux pour mé, tant pis pour vous !

La garde, surprise, regardait l’homme. Elle n’avait jamais traité un trépas à forfait. Elle hésitait, tentée par l’idée d’une chance à courir. Puis elle soupçonna qu’on voulait la jouer.

— J’peux rien dire tant qu’ j’aurai point vu vot’ mé, répondit-elle.

— V’nez-y, la vé.

Elle essuya ses mains et le suivit aussitôt.

En route, ils ne parlèrent point. Elle allait d’un pied pressé, tandis qu’il allongeait ses grandes jambes comme s’il devait, à chaque pas, traverser un ruisseau.

Les vaches couchées dans les champs, accablées par la chaleur, levaient lourdement la tête et poussaient un faible meuglement vers ces deux gens qui passaient, pour leur demander de l’herbe fraîche.

En approchant de sa maison, Honoré Bontemps murmura :

— Si c’était fini, tout d’même ?

Et le désir inconscient qu’il en avait se manifesta dans le son de sa voix.

Mais la vieille n’était point morte. Elle demeurait sur le dos, en son grabat, les mains sur la couverture d’indienne violette, des mains affreusement maigres, nouées, pareilles à des bêtes étranges, à des crabes, et fermées par les rhumatismes, les fatigues, les besognes presque séculaires qu’elles avaient accomplies.

La Rapet s’approcha du lit et considéra la mourante. Elle lui tâta le pouls, lui palpa la poitrine, l’écouta respirer, la questionna pour l’entendre parler ; puis l’ayant encore longtemps contemplée, elle sortit suivie d’Honoré. Son opinion était assise. La vieille n’irait pas à la nuit. Il demanda :

— Hé ben ?

La garde répondit :

— Hé ben, ça durera deux jours, p’têt trois. Vous me donnerez six francs, tout compris.

Il s’écria :

— Six francs ! six francs ! Avez-vous perdu le sens ? Mé, je vous dis qu’elle en a pour cinq ou six heures, pas plus !

Et ils discutèrent longtemps, acharnés tous deux. Comme la garde allait se retirer, comme le temps passait, comme son blé ne se rentrerait pas tout seul, à la fin, il consentit :

— Eh ben, c’est dit, six francs, tout compris, jusqu’à la l’vée du corps.

— C’est dit, six francs.

Et il s’en alla, à longs pas, vers son blé couché sur le sol, sous le lourd soleil qui mûrit les moissons.

La garde rentra dans la maison.

Elle avait apporté de l’ouvrage ; car auprès des mourants et des morts elle travaillait sans relâche, tantôt pour elle, tantôt pour la famille qui l’employait à cette double besogne moyennant un supplément de salaire.

Tout à coup, elle demanda :

— Vous a-t-on administrée au moins, la mé Bontemps ?

La paysanne fit « non » de la tête ; et la Rapet, qui était dévote, se leva avec vivacité.

— Seigneur Dieu, c’est-il possible ? J’vas quérir m’sieur l’curé.

Et elle se précipita vers le presbytère, si vite, que les gamins, sur la place, la voyant trotter ainsi, crurent un malheur arrivé.

Le prêtre s’en vint aussitôt, en surplis, précédé de l’enfant de chœur qui sonnait une clochette pour annoncer le passage de Dieu dans la campagne brûlante et calme. Des hommes, qui travaillaient au loin, ôtaient leurs grands chapeaux et demeuraient immobiles en attendant que le blanc vêtement eût disparu derrière une ferme, les femmes qui ramassaient les gerbes se redressaient pour faire le signe de la croix, des poules noires, effrayées, fuyaient le long des fossés en se balançant sur leurs pattes jusqu’au trou, bien connu d’elles, où elles disparaissaient brusquement ; un poulain, attaché dans un pré, prit peur à la vue du surplis et se mit à tourner en rond, au bout de sa corde, en lançant des ruades. L’enfant de chœur, en jupe rouge, allait vite ; et le prêtre, la tête inclinée sur une épaule et coiffé de sa barrette carrée, le suivait en murmurant des prières ; et la Rapet venait derrière, toute penchée, pliée en deux, comme pour se prosterner en marchant, et les mains jointes, comme à l’église.

Honoré, de loin, les vit passer. Il demanda :

— Ousqu’i va, not’ curé ?

Son valet, plus subtil, répondit :

— I porte l’bon Dieu à ta mé, pardi !

Le paysan ne s’étonna pas :

— Ça s’peut ben, tout d’même !

Et il se remit au travail.

La mère Bontemps se confessa, reçut l’absolution, communia ; et le prêtre s’en revint, laissant seules les deux femmes dans la chaumière étouffante.

1 ... 15 16 17 18 19 20 21 22 23 ... 35
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)