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READ-E-BOOK » Космическая фантастика » Au tréfonds du ciel [A Deepness in the Sky - ru]
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Au tréfonds du ciel [A Deepness in the Sky - ru]

Электронная книга - «Au tréfonds du ciel [A Deepness in the Sky - ru]». Краткое содержание книги:

Dans la Galaxie, l’étoile MarcheArrêt représente une énigme : elle observe un cycle de deux cent cinquante ans, s’éteint pendant deux cent quinze puis se rallume pour trente-cinq ans. Son unique planète est habitée par des araignées intelligentes qui viennent d’inventer la radio.
Le système de MarcheArrêt n’a jamais été exploré. Et voilà que deux expéditions, attirées par les signaux radio, s’y installent. L’une a été montée par les Qeng Ho, un peuple marchand qui parcourt l’espace en achetant et vendant des informations technologiques. L’autre par une civilisation violente et sadique, dite des Émergents, qui a fait de la lutte pour le pouvoir son mode de vie. Son chef, Tomas Nau, cherche à se rendre maître de la planète des Araignées pour exploiter ses ressources. Il lui faut d’abord détruire la flotte Qeng Ho ou s’en emparer.
Mais parmi les Qeng Ho se cache une figure mythique, Pham Nuwen, né mille ans plus tôt, qui connaît tous les tours...
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Sherkaner s’arrêta près d’un ascenseur qu’Unnerby ne se rappelait pas avoir vu lors de ses visites précédentes.

— Regardez ceci, Hrunk… Appuie sur le neuf, Mobiy.

Le bogue tendit l’une des ses longues pattes antérieures velues. La pointe hésita pendant une seconde, puis s’enfonça dans la fente « 9 » sur la porte de l’ascenseur.

— Il paraît qu’on ne peut pas apprendre à compter aux bogues. Nous y travaillons, Mobiy et moi.

Hrunkner prit congé de son entourage en entrant dans l’ascenseur. Seuls eux deux – et Mobiy – allaient dans les étages. Sherkaner sembla se détendre, et son tremblement s’atténua. Il tapota doucement le dos de Mobiy, mais il tenait la laisse moins serré, à présent.

— Ça ne concerne que nous deux, sergent.

Le regard de Hrunkner se fit plus vif.

— Mes gardes sont habilités Secret Défense, Sherk. Ils ont vu des choses que…

Underhill dressa une main. Tous ses yeux étincelaient sous les ampoules du plafonnier. Ces yeux semblaient pleins du génie habituel.

— Ceci est… différent. C’est quelque chose dont je désire depuis longtemps vous parler, et maintenant que la situation est désespérée…

L’ascenseur ralentit et s’arrêta. Les portes s’ouvrirent. Sherkaner les avaient emmenés tout en haut de la colline.

— C’est ici que j’ai mon bureau, maintenant. Avant, c’était celui de Junior, mais depuis qu’elle s’est engagée, elle a bien voulu me le léguer.

Le couloir était alors à l’extérieur ; Hrunkner s’en souvenait comme d’un chemin qui surplombait le petit parc réservé aux enfants. Il était désormais fermé par du verre épais, assez solide pour résister à la pression, même quand l’atmosphère se serait intégralement condensée sous forme de neige.

Des moteurs électriques bourdonnèrent et la porte coulissa. Underhill invita d’un geste son ami à entrer dans la pièce. De hautes fenêtres donnaient sur la ville. Petite-Victory avait disposé d’une chambre exceptionnelle. C’était à présent un fouillis à la Sherkaner. Dans un coin trônait la maison de poupée en forme de fusée, près du perchoir de nuit de Mobiy. Mais la pièce était dominée par des coffrets de processeurs et des affichages très haute qualité. Les images représentées étaient des paysages de Montroyal, avec des couleurs plus sauvages que tout ce que Hrunk avait pu voir en dehors de la nature. Et pourtant, ces images étaient surréalistes. Des nuances écossaises vibraient dans l’ombre de vallons arborés. Des nappes de grizzard pleuvaient sur un volcan en éruption, dans toutes les couleurs de la lave. C’était du délire graphique… une vidéomancie stupide. Hrunkner s’arrêta et désigna d’un geste les couleurs.

— Je suis impressionné, mais tout cela n’est pas bien étalonné, Sherk.

— Mais si, c’est étalonné… mais le sens profond a été conservé.

Sherk grimpa sur un perchoir face à une console et fit mine d’examiner les images.

— Ouais. Effectivement, les couleurs sont criardes ; au bout d’un moment, on ne le remarque plus… Hrunkner, avez-vous jamais songé que nos problèmes actuels puissent être plus graves qu’ils ne devraient l’être ?

— Comment le saurais-je ? Tout est nouveau.

Unnerby s’avachit sur ses jambages et poursuivit :

— Ouais, nous sommes sur une pente infernale. Avec Terresud, c’est le bordel, le cauchemar intégral. Ces gens ont des armes nucléaires, deux cents, peut-être, et des systèmes de lancement. Ils se sont ruinés uniquement pour ne pas se laisser dépasser par les nations évoluées.

— Ils se sont ruinés rien que pour massacrer les autres, et nous avec ?

Trente-cinq ans plus tôt, Sherk avait vu comment les choses allaient tourner, du moins dans les grandes lignes. Il posait maintenant des questions d’arriéré mental.

— Non, dit Unnerby d’un ton presque professoral. Du moins, ce n’est pas ainsi que cela a commencé. Ils ont essayé de créer une infrastructure industrialo-agricole qui puisse demeurer active dans la Ténèbre. Ils ont échoué. Ils ont de quoi faire fonctionner deux grandes villes et une ou deux divisions militaires, c’est tout. À l’heure qu’il est, Terresud est en avance de cinq ans sur le reste du monde en ce qui concerne le froid. Les ouragans secs commencent déjà à se préparer au-dessus du pôle Sud.

Terresud était, au mieux, un endroit très modérément hospitalier ; au milieu de la Clarté, il y avait quelques années où l’agriculture était possible. Mais ce continent était fabuleusement riche en minéraux. Depuis cinq générations, les Terresudiens étaient exploités par les compagnies minières nordiques, dont la rapacité augmentait à chaque nouveau cycle. Mais, dans la génération actuelle, il y avait au sud un État souverain, qui n’avait pas peur du Nord ni de la future Ténèbre.

— Ils ont tellement investi pour essayer de passer d’un coup à l’électricité nucléaire qu’ils n’ont même pas approvisionné tous leurs profonds, dit Unnerby.

— Et la Parenté est en train d’empoisonner toute la bonne volonté qui pourrait autrement leur rester.

— Évidemment.

Pedure était un génie. Assassinats, chantages, intox, panique – Pedure excellait à faire le mal. Et voilà que le gouvernement de Terresud s’imaginait que c’était l’Accord qui projetait de l’attaquer lâchement sous couvert de la Ténèbre.

— Les réseaux de presse l’ont bien compris, Sherk : les Sudiens pourraient nous atomiser.

Hrunkner porta son regard au-delà des affichages criards de Sherkaner. D’ici, il voyait Princeton dans toutes les directions. Certains édifices – la Colline, par exemple – seraient habitables même après que l’air se serait condensé. Ils étaient pressurisés et correctement alimentés en courant. La majeure partie de la ville était légèrement enterrée. Il avait fallu quinze ans de travaux frénétiques pour réaliser cet objectif dans toutes les métropoles de l’Accord, mais toute une civilisation pouvait à présent survivre, éveillée, jusqu’au bout de la Ténèbre. Toutefois, les habitants étaient tellement près de la surface qu’ils périraient rapidement en cas de conflit nucléaire. Les industries que Hrunkner avait contribué à créer avaient fait des miracles… Alors, maintenant, nous courons plus de risques que jamais. Il fallait encore plus de miracles. Hrunkner et des millions d’autres se colletaient avec ces exigences impossibles à satisfaire. Depuis trente jours, Hrunkner ne dormait en moyenne que trois heures par nuit. Le détour qu’il faisait pour bavarder avec Underhill avait sabordé une réunion préparatoire et une inspection. Suis-je ici par loyauté… ou parce que j’espère que Sherk peut tous nous sauver une fois de plus ?

Underhill joignit les avant-bras en une sorte de petit temple devant sa tête.

— Avez-vous… avez-vous déjà songé qu’autre chose puisse être responsable de nos problèmes ?

— Nom de Dieu, Sherkaner, quoi, par exemple ?

Sherkaner se cala sur son perchoir et dit rapidement, et à voix basse :

— Par exemple, des étrangers venus de l’espace. Ils sont ici depuis avant même le Nouveau Soleil. Vous et moi les avons vus pendant la Ténèbre, Hrunkner. Vous vous souvenez de ces lumières dans le ciel ?

Il continua ainsi sur un ton très différent de celui du Sherkaner Underhill d’autrefois. L’Underhill d’alors révélait ses élucubrations avec un regard canaille ou un rire provocant. Or Underhill s’exprimait maintenant d’un trait, à croire qu’on allait l’interrompre… Ou le contredire ? L’Underhill actuel parlait comme… un désespéré, qui s’accrochait à une chimère.

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