Pourquoi pas ?
- Автор: Николс Дэвид
- Год: 2012
- Язык: французский
- Год: Editis
- ISBN: 978-2-7144-5347-1
- Переводчик: Michèle Lévy-Bram
- Жанр: Современная русская и зарубежная проза
Электронная книга - «Pourquoi pas ?». Краткое содержание книги:
L’université ! Brian Jackson s’y voyait déjà : une vie d’étudiant sans contrainte, une sexualité débridée, des amis par centaines, un diplôme en or, qui serait suivi d’une entrée fracassante dans la vie active.
Oui, mais voilà, la réalité est loin d’être aussi idyllique. Une acné récalcitrante, des fringues informes chinées aux puces, une spécialisation dans la très moyenne et très populaire section de littérature anglaise, pas un sou en poche et une passion farouche pour Kate Bush. Un seul véritable talent : une culture générale qui ferait de lui le candidat idéal pour participer au « Questions pour un champion » local, le quiz télévisé « University Challenge ».
Recruté dans l’équipe in extremis, Brian est bien décidé à remporter le trophée et le cœur de la belle et riche Alice, aspirante actrice. Pour l’aider dans sa mission, Rebecca, punkette grande gueule, juive marxiste, improvisée conseillère en relations sociales et sentimentales.
Enfin la chance semble lui sourire… Mais lorsque vous vous appelez Brian Jackson, la malchance finit toujours par se rappeler cruellement à vous.
— Tu appelles ça comme ça ?
— Tout le monde, non ? Oh, pour rire, dis-je avec une négligence feinte. Et aussi, comme chez moi, en fait de famille, il n’y a que maman et moi, on n’était pas assez nombreux pour l’autre quiz, Ask The Family… Demander, d’accord, mais à qui ? »
Je pensais qu’elle relèverait ce commentaire, mais non.
« Moi, ce sont mes voisines de chambre qui m’ont mise au défi d’y aller, dit-elle. Après deux pintes de bière au déjeuner, ça m’a soudain semblé une bonne idée. Et comme je veux être actrice ou présentatrice télé, j’ai pensé que ce serait toujours une expérience face à la caméra. Maintenant, je n’en suis plus si sûre. L’University Challenge ne me semble pas le marchepied idéal pour le firmament hollywoodien. À vrai dire, j’espère être recalée pour pouvoir oublier cette histoire idiote. (Vas-y doucement, Alice Harbinson : ce sont mes rêves que tu piétines.) Tu as déjà pensé à faire une carrière d’acteur ?
— Qui, moi ? Ma foi, Ciel, non. Je suis nul… » À titre d’expérience, j’ajoute : « Et en plus, je ne crois pas être assez beau gosse pour ça.
— Oh, aucune importance. Plein d’acteurs ne sont pas des adonis. »
Et vlan ! Ça m’apprendra…
En route pour la salle 6, sur la porte de laquelle doivent être affichés les résultats de l’épreuve, j’ai l’impression de revivre le suspense du bac. Arborer cet air de confiance très légèrement teinté d’anxiété, contrôler l’expressivité de mon visage, ne pas avoir l’air trop content de moi, trop impudent. Un sourire, un hochement de tête sagace, puis m’éloigner.
Devant l’écriteau, je vois le panda de Lucy Chang lire les résultats au-dessus de l’épaule de sa maîtresse ; quelque chose dans la façon dont Lucy incline la tête me laisse présager que les nouvelles ne sont pas bonnes pour elle. Elle se détourne et s’éloigne avec un doux sourire déçu. Elle ne sera donc pas parmi nous dans les studios de Granada TV. Dommage, elle avait l’air sympa. Je lui rends son sourire avec commisération, avant de m’approcher de l’affiche.
Je lis. Je cligne des yeux et je relis.
RÉSULTATS DE L’ESSAI POUR
L’UNIVERSITY CHALLENGE
Sélection de l’année 1985-1986
Lucy Chang :89 %
Colin Pagett :72 %
Alice Harbinson :53 %
Brian Jackson :51 % *
Notre équipe sera donc constituée cette année de Patrick Watts, Lucy, Alice et Colin. Notre première répétition aura lieu mardi prochain. Félicitations à tous ceux qui ont participé à l’épreuve de présélection.
Patrick Watts
* En cas d’urgence absolue ou de maladie létale d’un des participants notre remplaçant sera Brian Jackson.
« Oh, mon Dieu, je fais partie de l’équipe ! » crie Alice en m’attrapant le bras. Elle fait des bonds sur place.
« Bien joué ! » J’accroche sur mon visage un sourire trouvé dans quelque réserve que j’ignorais posséder.
« Hé, si tu ne m’avais pas soufflé les réponses, tu serais à ma place », crie-t-elle de nouveau.
Eh oui, Alice, j’en suis conscient.
« Qu’est-ce qu’on fait ? On retourne au bar pour se pinter ? » demande-t-elle.
Non, Alice, je n’ai plus d’argent. Soudain, je suis triste.
Je ne fais pas partie de l’équipe, il me reste 98 pence en poche et je suis éperdument amoureux sans espoir aucun.
DEUXIÈME MANCHE
« “Il appelle les valets des `Jeannot’[9], ce garçon”, dit Estella avec dédain avant que nous eussions terminé notre première partie. »