Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Историческая проза » La Marquise De Pompadour Tome I
La Marquise De Pompadour Tome I - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

La Marquise De Pompadour Tome I

Электронная книга - «La Marquise De Pompadour Tome I». Краткое содержание книги:

Un jour de 1744, Jeanne Poisson, belle jeune femme, rencontre, au hasard d'un bois, le roi Louis XV qui chasse, et obtient de lui la grâce d'un cerf. A la suite d'un chantage visant son père, Jeanne est bientôt obligée d'épouser un homme qu'elle n'aime pas, Henri d'Etioles. Mais le roi a à son tour succombé au charme de Jeanne et leur idylle éclate au grand jour. Les intrigues s'échafaudent et de sinistres personnages comme le comte du Barry ou le mystérieux M. Jacques manigancent dans l'ombre. Quel sera le destin de Jeanne?
1 ... 13 14 15 16 17 18 19 20 21 ... 100
Перейти на страницу:

Pendant les dix minutes qu’avait duré le combat, d’Étioles n’avait cessé d’examiner le chevalier d’Assas. Il admirait sa souplesse et son sang froid, la merveilleuse agilité de ses parades, la promptitude redoutable de ses attaques. Il admirait surtout l’évidente insouciance, le téméraire courage du jeune homme dont la souriante intrépidité semblait se doubler d’une force de poignet exceptionnelle.

Et des projets, à peine éclos dans l’esprit de Le Normant d’Étioles, se développaient avec la rapidité, la méthode et la volonté qui font la puissance des hommes résolus à parvenir à tout prix, par toutes les voies, au but lointain et ténébreux qu’ils se sont fixé…

Le Normant d’Étioles avait un but dans la vie… lui!

Et ce but devait être quelque chose de formidable; car, parfois, dans le silence des nuits qu’il passait à rêver et à combiner, cet homme s’épouvantait lui-même.

Lorsque d’Assas toucha son adversaire, la résolution d’Étioles était prise:

– Je suis faible, inhabile aux armes, sans force et sans courage physique. Pourquoi n’aurais-je pas près de moi quelqu’un qui serait fort pour moi, habile pour moi, courageux pour moi! Tout se paie, même le courage… Moi qui n’ai rien… rien que ma pensée! j’ai du moins de l’argent pour acheter la bravoure et l’adresse qui me manquent!… Il faut que je m’attache ce jeune homme!

Dans le carrosse, pendant le trajet du Port aux Pierres à la rue Saint-Honoré, d’Étioles s’attacha à inspirer une certaine sympathie au chevalier. Peut-être y réussit-il en partie. L’âme du jeune homme était comme ces merveilleuses lyres qui, suspendues, vibraient au moindre souffle des zéphyrs… Elle vibrait, cette âme, à toutes les affections, à tout ce qui lui apparaissait sincère… Il avait besoin d’aimer, et la pitié que lui inspira la mine souffreteuse de son compagnon fit plus que toutes les avances de ce dernier.

Au moment où le chevalier allait descendre du carrosse, d’Étioles lui prit la main et lui dit:

– Ma foi, mon cher monsieur, je me sens porté vers vous d’affection vive comme si je vous connaissais depuis mon enfance. Laissez-moi donc vous traiter comme un ami…

– Vous m’honorez grandement, monsieur.

– Vous traiter comme un ami, reprit d’Étioles, en vous annonçant une bonne nouvelle… bonne pour moi, tout au moins: je me marie.

– Je vous en félicite, dit sincèrement le chevalier qui jeta un regard de compassion sur la taille déviée de d’Étioles.

– Je me marie, continua celui-ci, et j’épouse la femme la plus spirituelle et la plus jolie de Paris. Ce qu’il y a de remarquable en cette affaire, c’est que ma fiancée m’aime autant que je l’adore…

– Un mariage d’amour!…

– C’est le mot!

– Puissiez-vous être heureux tous deux! dit le chevalier avec attendrissement.

– J’espère, parbleu, que je le serai! Et ce, pas plus tard que demain! s’écria d’Étioles avec un mauvais rire qui causa au chevalier une impression de malaise. Or, donc, puisque nous voilà intimes… car nous sommes intimes… d’honneur, je suis tout vôtre. Si j’étais fort aux armes je vous dirais: Disposez de mon épée… Mais j’ai le malheur de n’être que riche, et je vous dis: Cher ami, disposez de ma bourse…

En parlant ainsi, il examinait attentivement le chevalier. Celui-ci s’inclina froidement.

– Or donc, se hâta de continuer d’Étioles, puisque nous sommes amis, je pense que vous me ferez la joie d’assister à mon mariage qui a lieu demain, sur le coup de midi, à Saint-Germain-l’Auxerrois…

– Très volontiers. Ce me sera un honneur que de signer au registre de la paroisse.

– Touchez là, chevalier! Je compte sur vous comme sur un de mes amis les plus chers. De vrai, vous m’avez tout séduit, et je considérerais maintenant comme un malheur de vous avoir pour ennemi…

– Espérons donc que nous resterons bons amis! dit le chevalier en riant.

Il sauta à terre, fit un dernier signe à d’Étioles et rentra dans son hôtellerie devant laquelle le carrosse venait de s’arrêter.

– Me voilà, songea-t-il, avec un terrible ennemi sur les bras… Ce comte du Barry est un haineux personnage. Le regard qu’il m’a jeté au moment où j’allais lui tendre la main était un jet de fiel qui m’a fait froid au cœur… Heureusement, comme tout se balance et s’équilibre dans la vie, en même temps qu’un ennemi j’ai gagné un ami sûr. Ma foi, ce M. d’Étioles est un charmant homme… De plus, si j’en juge par les apparences, il doit être bien en cour; et voilà, certes, qui n’est pas à dédaigner pour un pauvre officier de fortune comme moi… Quant aux sinistres prédictions du comte de Saint-Germain, eh bien, arrive qu’arrive, mais je ne m’en irai pas de Paris!… Paris qu’elle habite!… Paris où elle respire!… Respirer le même air qu’elle… ah! n’est-ce pas déjà du bonheur?…

Le chevalier d’Assas arrivait à Paris avec deux lettres de recommandations: l’une pour le duc de Nivernais, l’autre pour le maréchal de Mirepoix.

Tous les deux étaient à Versailles, où la cour était installée.

Les deux recommandations ne souffraient pas de retard.

Si forte que fût l’envie du chevalier d’aller rôder aux abords de la rue des Bons-Enfants, il se décida à accomplir sur-le-champ des démarches dont dépendait son avenir d’officier.

– Je serai de retour vers cinq heures, pensa-t-il. Et alors…

Il fit aussitôt seller son cheval, et bientôt il s’éloigna au trot, dans la direction de Versailles.

Quant à Le Normant d’Étioles, son carrosse le conduisit quai des Augustins, à l’hôtel de Tournehem, où il s’arrêta deux heures; de là, il se rendit rue des Bons-Enfants, où eut lieu la terrible et odieuse scène que nous avons racontée.

On vient de voir qu’il était tellement sûr de triompher des résistances de Jeanne que, d’avance, il invitait ses amis à la cérémonie qu’il avait fixée au lendemain!…

VII POISSON ET CRÉBILLON

Le chevalier d’Assas fut de retour aux Trois-Dauphins à peu près au moment qu’il avait prévu, c’est-à-dire vers les six heures du soir: c’était le moment même où Jeanne remettait à Noé Poisson la lettre qu’elle avait si fiévreusement écrite pour d’Assas.

Le chevalier avait à demi réussi dans ses démarches à Versailles. Il n’avait pu voir le duc de Nivernais, mais il avait été reçu par M. de Mirepoix en personne, et le maréchal, après l’avoir interrogé avec bienveillance, lui avait presque promis de lui faire obtenir ce qu’il était venu chercher à Paris, c’est-à-dire d’être admis avec son grade dans les chevau-légers du roi, faveur immense, les chevau-légers étant un corps d’élite très jaloux de ses prérogatives, très fermé, composé de la fine fleur de la noblesse du royaume.

Cette quasi-promesse du maréchal avait comblé de joie le chevalier.

Ce fut donc en fredonnant qu’après avoir mis son cheval à l’écurie il grimpa quatre à quatre les deux étages qui conduisaient à sa chambre, et ce, nonobstant la belle Claudine qui essaya de l’arrêter au passage pour lui demander s’il était satisfait du service, et, en réalité, pour lui faire les doux yeux.

1 ... 13 14 15 16 17 18 19 20 21 ... 100
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)