Dune [Tome 1 (traduction revue et corrigée)]
- Автор: Херберт Фрэнк
- Год: 2020
- Язык: французский
- Год: Robert Laffont
- Жанр: Эпическое фэнтези
Электронная книга - «Dune [Tome 1 (traduction revue et corrigée)]». Краткое содержание книги:
Traduction revue et corrigée.
Il n'y a pas, dans tout l'Empire, de planète plus inhospitalière que Dune. Partout des sables à perte de vue. Une seule richesse : l'épice de longue vie, née du désert, et que tout l'univers convoite.
Quand Leto Atréides reçoit Dune en fief, il flaire le piège. Il aura besoin des guerriers Fremen qui, réfugiés au fond du désert, se sont adaptés à une vie très dure en préservant leur liberté, leurs coutumes et leur foi. Ils rêvent du prophète qui proclamera la guerre sainte et changera le cours de l'histoire.
Cependant, les Révérendes Mères du Bene Gesserit poursuivent leur programme millénaire de sélection génétique : elles veulent créer un homme qui réunira tous les dons latents de l'espèce. Le Messie des Fremen est-il déjà né dans l'Empire ?
Préfaces de Denis Villeneuve et Pierre Bordage.
Postface de Gérard Klein.
Dans chaque explosion de masse d’épice, ces « voleurs d’eau » mouraient par millions. Une variation de température de cinq degrés pouvait les tuer. Les quelques survivants entraient alors dans une phase de cysohibernation dont ils émergeaient six ans après sous la forme de petits vers de sable, longs d’environ trois mètres. Seuls quelques-uns réussissaient alors à échapper à leurs grands frères et aux poches d’eau de l’épice en gestation pour devenir avec le temps de gigantesques shai-hulud. (L’eau est un poison pour le shai-hulud. Les Fremen l’avaient appris depuis longtemps en noyant le « petit ver » de l’Erg Mineur pour produire le narcotique appelé Eau-de-Vie qui accroissait leur perception. Le « petit ver » de l’Erg Mineur est une variété primitive de shai-hulud qui ne dépasse jamais neuf mètres de long.)
À présent, ils avaient tout le cycle : du petit faiseur à la masse d’épice en gestation ; du petit faiseur au shai-hulud ; le shai-hulud dispersant l’épice qui nourrissait les microscopiques créatures appelées « plancton des sables » ; le plancton des sables, nourriture du shai-hulud, croissant et s’enfouissant pour devenir petit faiseur.
Se détournant alors des rapports, Kynes et les siens se concentrèrent sur la micro-écologie. Et tout d’abord sur le climat. La surface de sable atteignait souvent des températures de 344 à 350o absolus. À moins de cinquante centimètres de profondeur, la température s’abaissait de 55o. À cinquante centimètres au-dessus du sol, elle s’abaissait également de 25o. Des feuilles ou des voiles noirs pouvaient permettre de gagner encore 18o. Les agents de nutrition, ensuite. Le sable d’Arrakis est en grande partie le produit de la digestion du ver. La poussière (le problème omniprésent) est produite, elle, par le balayage constant de la surface, le mouvement de « saltation » du sable. Les grains les plus grossiers se trouvent sur le versant opposé au vent, dans les dunes. Ceux qui se trouvent face au vent sont plus lisses et plus durs. Les plus vieilles dunes sont jaunes à cause de l’oxydation alors que les plus jeunes ont encore la coloration grise de la roche originelle.
Les versants opposés au vent des plus vieilles dunes constituèrent la première zone de plantation. Les Fremen commencèrent avec une herbe pour terrains pauvres qui comportait des fibrilles entrelacées pareilles à celles de la tourbe. L’objectif était de tasser et de fixer les dunes en privant le vent de son arme principale : les grains mobiles.
Des zones d’acclimatation furent développées loin des observateurs harkonnens dans le sud. Les herbes mutantes furent tout d’abord plantées sur les dunes situées sur le parcours des vents d’ouest dominants. Une fois que le versant opposé au vent était ancré, celui qui était offert au vent devenait de plus en plus haut et l’herbe était déplacée pour permettre l’édification de sifs géants (de longues dunes à la crête sinueuse) dont la hauteur dépassait parfois 1 500 mètres.
Lorsque les dunes-barrières avaient atteint une altitude suffisante, le versant au vent recevait de nouvelles herbes, plus coriaces. Chaque structure était ainsi fixée sur une base ancrée.
On passa ensuite aux plantes à racines plus longues. Les éphémères d’abord (chénopodes, ansérine, amaranthe), puis genêt d’Écosse, lupin, eucalyptus (de la variété adaptée aux territoires nordiques de Caladan), tamaris nain, pin méditerranéen. Ensuite, les véritables plantes désertiques : cactus candélabres, saguaro, cactus-tonneau. Et enfin, quand leur croissance était possible : la sauge, l’herbe de Gobi, l’avoine à froment, l’alfalfa sauvage, la verveine des sables, l’onagre, l’encens, le créosote, le fustet.
Puis ils introduisirent la vie animale nécessaire à l’aération du sol, des espèces fouisseuses : renard, rat-kangourou, lièvre du désert, terrapène… et des prédateurs pour l’équilibre : faucon du désert, hibou nain, aigle et chouette du désert. Des insectes, aussi, pour habiter les petits creux : scorpion, mille-pattes, araignée piégeuse, guêpe, mouche… et la chauve-souris du désert pour les surveiller.
L’épreuve cruciale, enfin : les dattiers, les cotonniers, les melons, le café, les plantes médicinales… Plus de deux cents variétés qui devaient être essayées, adaptées.
« Ce que ne comprend pas celui qui ignore tout de l’écologie, c’est qu’il s’agit d’un système », disait Kynes. « Un système ! Un système qui maintient une certaine stabilité qui peut être rompue par une seule erreur. Un système qui obéit à un ordre, à un processus d’écoulement d’un point à un autre. Si quelque chose vient à interrompre cet écoulement, l’ordre est rompu. Et celui qui ignore l’écologie peut ne pas intervenir avant qu’il soit trop tard. C’est pour cela que la plus haute fonction de l’écologie est la compréhension des conséquences. »
Avaient-ils construit un système ?
Ils attendirent, observèrent. Les Fremen, maintenant, comprenaient pourquoi Kynes avait prévu cinq cents ans de patience.
Un premier rapport arriva des palmeraies :
À la limite du désert, le plancton des sables est empoisonné par l’interaction avec les nouvelles formes de vie. Raison : incompatibilité des protéines. Il se formait là de l’eau empoisonnée que la vie d’Arrakis ne pouvait approcher. Une zone désolée se formait donc autour des plantations et Shai-hulud lui-même ne pourrait la franchir.
Kynes se rendit lui-même jusqu’aux palmeraies. C’était un voyage de vingt marteleurs (en palanquin, comme un malade ou une Révérende Mère, car jamais Kynes n’avait chevauché un faiseur). Il explora la zone désolée (et puante) et en revint avec une prime, un cadeau d’Arrakis.
L’addition de soufre et d’azote pouvait convertir la zone en un terrain particulièrement favorable à la vie terraformée. Les plantations pouvaient être étendues à volonté !
« Cela réduit-il le délai ? » demandèrent les Fremen.
Kynes retourna à ses formules planétaires. Le programme de mise en place des pièges à vent était alors pleinement réalisé. Kynes se montra optimiste dans ses prévisions tout en sachant que l’on ne peut tracer des lignes nettes à partir de problèmes écologiques. Une partie de la couverture végétale devait être affectée au maintien des dunes. Une autre à l’alimentation humaine et animale. Une autre enfin devait permettre d’acheminer l’eau vers les zones sèches par le processus d’accumulation de l’humidité dans les racines. À cette époque, les zones froides du bled avaient été circonscrites et portées sur les cartes.
Elles entraient également dans les formules. Shai-hulud lui-même y avait sa place. Sous aucun prétexte il ne devait être détruit, sous peine de mettre fin à la production d’épice. Mais son « usine » interne de digestion, avec ses concentrations colossales d’acides et d’aldéhydes, était une source immense d’oxygène. Un ver de taille moyenne (d’environ 200 mètres de long) dégageait dans l’atmosphère autant d’oxygène qu’une surface couverte de verdure sur dix kilomètres carrés.
Il fallait considérer le problème représenté par la Guilde. Déjà, le taux d’épice qui lui était versé pour que nul satellite ou autre engin d’observation n’apparût dans le ciel d’Arrakis avait atteint des proportions gigantesques.
Et les Fremen ne pouvaient plus être ignorés. Les Fremen, avec leurs terres aux limites irrégulières, leurs pièges à vent. Les Fremen, avec leur culture écologique toute neuve et leurs rêves qui les faisaient couvrir Arrakis de prairies, puis de forêts.
Un résultat finit par émerger. Trois pour cent, dit Kynes. S’ils pouvaient parvenir à ce que trois pour cent des plantes vertes d’Arrakis contribuent à la production de composés du carbone, ils auraient atteint le cycle autonome.