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Dune [Tome 1 (traduction revue et corrigée)]

Электронная книга - «Dune [Tome 1 (traduction revue et corrigée)]». Краткое содержание книги:

Le chef-d'œuvre absolu de la science-fiction, adapté au cinéma par Denis Villeneuve.
Traduction revue et corrigée.
Il n'y a pas, dans tout l'Empire, de planète plus inhospitalière que Dune. Partout des sables à perte de vue. Une seule richesse : l'épice de longue vie, née du désert, et que tout l'univers convoite.
Quand Leto Atréides reçoit Dune en fief, il flaire le piège. Il aura besoin des guerriers Fremen qui, réfugiés au fond du désert, se sont adaptés à une vie très dure en préservant leur liberté, leurs coutumes et leur foi. Ils rêvent du prophète qui proclamera la guerre sainte et changera le cours de l'histoire.
Cependant, les Révérendes Mères du Bene Gesserit poursuivent leur programme millénaire de sélection génétique : elles veulent créer un homme qui réunira tous les dons latents de l'espèce. Le Messie des Fremen est-il déjà né dans l'Empire ?
Préfaces de Denis Villeneuve et Pierre Bordage.
Postface de Gérard Klein.
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Elle regarda au-delà de lui, en direction de sa mère. « Eh bien, Jessica, dit-elle, je vois que ton fils est bien celui que nous cherchions. Pour cela, il peut t’être pardonné cette abomination qu’est ta fille. »

Paul réprima la colère froide qui montait soudain en lui. « Vous n’avez ni droit ni raison pour pardonner quoi que ce soit à ma mère ! »

La vieille femme affronta son regard.

« Essayez donc vos tours sur moi, vieille sorcière, dit-il. Où est donc votre gom jabbar ? Essayez de plonger votre regard en ce lieu où vous ne pouvez regarder ! Vous m’y verrez ! »

La vieille femme baissa les yeux.

« N’avez-vous rien à dire ? » demanda Paul.

« Je t’ai accueilli dans les rangs des humains, marmonna-t-elle. Ne ternis pas cela. »

Il éleva la voix : « Observez bien, mes amis ! Voici une Révérende Mère Bene Gesserit, le plus patient des êtres au service de la plus patiente des causes ! Elle a pu attendre avec ses sœurs durant quatre-vingt-dix générations que se produise cette idéale combinaison des gènes et de l’environnement d’où devait naître celui qu’exigeaient leurs plans. Observez-la bien, mes amis ! Maintenant, elle sait que les quatre-vingt-dix générations ont passé et que le but est atteint. Je suis là… mais… je… ne… me… plierai… pas… à… son… désir ! »

« Jessica ! s’exclama la Révérende Mère. Fais-le taire ! »

« Faites-le taire vous-même », dit Jessica.

Paul posa sur la vieille femme un regard flamboyant. « Pour la part que vous avez prise dans tout ceci, je vous ferais étrangler avec joie, dit-il, et vous ne pourriez m’échapper ! (Elle se raidit de fureur.) Mais je pense qu’il est mieux de vous laisser vivre sans que jamais vous puissiez porter la main sur moi, sans qu’il vous soit possible de me faire agir selon vos plans. »

« Jessica, qu’as-tu fait ? » s’exclama la Révérende Mère.

« Je ne vous accorderai qu’une chose, poursuivit Paul. Vous avez su voir en partie quels étaient les besoins de la race, mais combien pauvrement. Vous croyez contrôler l’évolution humaine par quelques accouplements dirigés selon votre maître-plan ! Vous comprenez bien mal ce que… »

« Vous ne devez pas parler de ces choses ! » siffla la Révérende Mère.

« Silence ! » gronda Paul. Et le mot parut acquérir de la substance sous son contrôle.

La vieille femme battit en retraite, le visage blême devant cette puissance qui venait d’agresser sa psyché.

« Jessica, murmura-t-elle. Jessica ! »

« Je me souviens de votre gom jabbar, dit Paul. N’oubliez pas le mien. D’un mot, je peux vous tuer. »

Tout autour du Hall, les Fremen se regardèrent. La légende ne disait-elle pas : « Et sa parole portera la mort éternelle dans les rangs de ceux qui se dresseront contre le droit. »

Paul se tourna vers la Princesse Royale qui se tenait à côté de son père. Il dit, sans la quitter des yeux : « Majesté, nous connaissons tous deux la clé de nos problèmes. »

L’Empereur jeta un coup d’œil à sa fille, puis revint à Paul : « Vous osez ? Un aventurier sans famille, un… »

« Cessez cette comédie, dit Paul. Vous m’avez reconnu comme sujet impérial. Ce sont vos propres paroles. »

« Je suis votre maître », dit l’Empereur.

Paul se tourna vers les hommes de la Guilde qui, immobiles près de la radio, le regardaient. L’un d’eux acquiesça.

« Je pourrais employer la force », dit Paul.

« Vous n’oserez pas ! »

Paul se contenta de le regarder en silence.

La Princesse mit une main sur le bras de son père. « Père », dit-elle, et sa voix était pleine d’une douceur soyeuse, apaisante.

« N’essayez pas vos tours sur moi, dit l’Empereur. (Il regarda sa fille.) Il est inutile que vous fassiez cela, Ma Fille. Nous avons d’autres ressources qui… »

« Mais cet homme que voici est fait pour être votre fils », dit-elle.

La Révérende Mère, qui avait retrouvé sa dignité, s’approcha de l’Empereur et se pencha à son oreille.

« Elle défend ta cause », dit Jessica.

Paul ne quittait pas des yeux la princesse aux cheveux dorés.

« C’est Irulan, l’aînée, n’est-ce pas ? »

« Oui. »

Chani s’approcha : « Veux-tu que je me retire, Muad’Dib ? »

Il la regarda. « Te retirer ? Jamais tu ne quitteras mon côté. »

« Il n’existe aucun lien entre nous. »

Il baissa les yeux sur elle et, lentement, répondit : « Ne parle jamais que le langage de la vérité avec moi, ma Sihaya. (Et, comme elle s’apprêtait à répondre, il posa un doigt sur ses lèvres.) Le lien qui nous unit ne peut se rompre. Maintenant, observe avec attention car, plus tard, je désirerai voir cette salle par les yeux de ta sagesse. »

L’Empereur et sa Diseuse de Vérité discutaient à voix basse, sur un ton vif.

Paul s’adressa à sa mère. « Elle lui rappelle que, selon leur accord, il a accepté de laisser monter une Bene Gesserit sur le trône et que c’est Irulan qu’ils avaient pressentie. »

« C’était donc leur plan ? »

« N’est-ce pas évident ? » dit-il.

« Je sais lire les signes ! dit-elle. Ma question ne visait qu’à te rappeler de ne pas chercher à m’enseigner ce que je t’ai inculqué moi-même. »

Paul la regarda et vit s’esquisser un sourire froid sur ses lèvres.

Gurney Halleck se pencha entre eux. « Je vous rappelle, Mon Seigneur, qu’il y a un Harkonnen dans cette bande. (Il leva le menton vers Feyd-Rautha qui, sur la gauche, s’appuyait à une lance.) Celui-là, là-bas. Il a le visage le plus fourbe que j’aie jamais vu. Vous m’avez promis de… »

« Je te remercie, Gurney », dit Paul.

« C’est le na-Baron… Il est Baron, maintenant que le vieil homme est mort. Il conviendra très bien à ce que je… »

« Tu peux le vaincre, Gurney ? »

« Mon Seigneur plaisante ! »

« Cette discussion entre l’Empereur et sa sorcière a suffisamment duré, ne croyez-vous pas, Mère ? »

Elle acquiesça. « Oui, certainement. »

Paul éleva la voix : « Majesté, y a-t-il un Harkonnen parmi ces gens ? »

L’Empereur se détourna avec un royal mépris pour lui répondre. « Je croyais que ma suite était placée sous la protection de la parole ducale », dit-il.

« Ma question n’appelait qu’un simple renseignement, dit Paul. Je voulais savoir si un Harkonnen faisait officiellement partie de votre suite ou s’il s’y cachait par lâcheté. »

L’Empereur eut un sourire calculé. « Quiconque est accepté dans ma suite est membre de mes gens. »

« Vous avez la parole d’un Duc, dit Paul. Mais cela ne saurait concerner Muad’Dib. Lui, il n’a pas connaissance de ce que vous entendez par vos gens. Mon ami Gurney souhaite tuer un Harkonnen. S’i… »

« Kanly ! cria Feyd-Rautha. (Il essaya de repousser la lance.) C’est le mot qu’a employé votre père Atréides. Vous me traitez de lâche alors que vous vous cachez parmi vos femmes et que vous envoyez un laquais contre moi ! »

La Révérende Mère chuchota quelques paroles sur un ton vif à l’oreille de l’Empereur mais il la repoussa et dit : « Kanly, vraiment ? Les règles du Kanly sont strictes. »

« Paul, mets un terme à cela », dit Jessica.

« Mon Seigneur, dit Gurney, vous m’avez promis que j’aurais mon heure face aux Harkonnen. »

« Tu as eu toute une journée », dit Paul, et il sentit que ses émotions refluaient sous l’impulsion. Il ôta sa robe et son capuchon et les tendit à sa mère avec sa ceinture et son krys avant d’enlever son distille.

Tout l’univers se concentrait sur cet instant. Il le sentait.

« Paul, c’est inutile, dit Jessica. Il existe d’autres moyens, plus faciles. »

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