Dune [fr]
- Автор: Херберт Фрэнк
- Серия: Dune (fr) #1
- Год: 1970
- Язык: французский
- Год: Robert Laffont
- Переводчик: Мишель Демют
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Dune [fr]». Краткое содержание книги:
Le Duc fit quelques pas dans la salle. La tête de faucon scintilla sur sa poitrine. « Tu comprends ? »
« Dès maintenant, dit Paul, nous négocions avec les Fremens. »
« J’ai envoyé une mission conduite par Duncan Idaho. Duncan est orgueilleux et impitoyable, mais il aime la vérité. Je crois que les Fremens auront de l’admiration pour lui et que, si nous avons de la chance, ils pourraient bien nous juger à son image. Duncan, l’homme droit. »
« Duncan l’homme droit et Gurney l’homme brave », déclara Paul.
« Tu les as bien nommés. »
C’est à Gurney que la Révérende Mère faisait allusion, se dit Paul. Un de ceux qui soutiennent les mondes… La valeur du brave.
« Gurney me dit que tu excelles aux armes, aujourd’hui. »
« Ce n’est pas ce qu’il m’a dit à moi. »
Le Duc éclata de rire. « Je croyais Gurney avare de compliments. Mais selon lui ‘ce sont ses propres termes.),tu connaîtrais merveilleusement la différence entre la pointe et le fil d’une lame. »
« Il dit que ce n’est pas d’un artiste que de tuer avec la pointe. Qu’il faut le faire avec le fil. »
« Gurney est un romantique », grommela le Duc. D’entendre ainsi son fils évoquer l’idée de meurtre le troublait. « j’aimerais que tu n’aies jamais à en venir là, reprit-il, mais si jamais la nécessité s’en présente, tue avec la pointe ou avec le fil, comme tu le pourras. » Et il leva les yeux vers le dôme transparent sur lequel tambourinait la pluie.
Paul lui aussi, regardait les cieux mouillés. Et il songea à Arrakis, puis à l’espace entre les mondes.
« Les vaisseaux de la Guilde sont-ils réellement si gros ? » demanda-t-il.
Le regard de son père revint sur lui. « Ce sera ton premier voyage hors de la planète, dit-il. Oui, les vaisseaux de la Guilde sont gros. Mais nous serons à bord d’un long-courrier car le voyage est long, et les long-courriers sont immenses. Toutes nos frégates et tous nos cargos n’en occuperont qu’un petit coin‹ ; ils seront bien peu de chose sur le manifeste du vaisseau. »
« Et nous ne pourrons pas quitter nos frégates ? »
« C’est là une part du prix qu’exige la Sécurité de la Guilde. Si des vaisseaux Harkonnens se trouvaient à proximité, nous n’aurions rien à en craindre. Les Harkonnens ne se risqueraient pas à compromettre leurs privilèges de transport. »
« Je ne quitterai pas les écrans. J’essaierai d’apercevoir un Guildien. »
« Non. Leurs agents eux-mêmes ne voient jamais les Guildiens. La Guilde est aussi jalouse de son anonymat que de son monopole. Ne fais rien qui puisse compromettre nos privilèges, Paul. »
« Pensez-vous qu’ils se cachent parce qu’ils ont muté et que leur apparence n’est plus… plus humaines ? »
« Qui peut savoir ? (le Duc haussa les épaules.) Il est peu probable que nous puissions éclaircir ce mystère. Et nous avons des problèmes plus immédiats. Toi, par exemple. »
« Moi ? »
« Ta mère désirait que ce soit moi qui te le dise, mon fils. Vois-tu, il se pourrait que tu aies des pouvoirs de Mentat. »
Paul regarda son père, incapable de parler pour un instant. Puis il s’exclama : « Moi ? un Mentat ? Mais je… »
« Hawat le pense aussi, mon fils. C’est la vérité. »
« Mais je croyais que la formation d’un Mentat devait commencer dès son enfance et qu’on ne pouvait lui révéler ses pouvoirs sous peine d’inhiber très tôt les… »
Il s’interrompit. Tous les moments récemment vécus se rassemblaient en une seule équation. « Je vois », acheva-t-il.
« Un jour vient, dit le Duc, où le Mentat en puissance doit savoir. Il ne doit plus subir mais choisir de poursuivre son éducation ou d’abandonner. Certains peuvent poursuivre, d’autres en sont incapables. Mais le Mentat seul peut décider de son choix. »
Paul se frotta le menton. Toute l’éducation spéciale que lui donnaient sa mère et Hawat (mnémonique, accroissement de la perception, de la compréhension, contrôle des muscles, étude des langages et des nuances de la Voix) tout cela se fondait en une nouvelle signification.
« Tu seras duc un jour, mon fils. Un Duc mentat serait assurément un être redoutable. Peux-tu décider maintenant… ou as-tu besoin de temps ? »
« Je poursuivrai. » Il n’y avait eu, dans cette réponse, aucune hésitation.
« Redoutable, assurément », murmura le Duc, et Paul vit que son père souriait avec orgueil et ce sourire le bouleversa : il dessinait, sur le visage du Duc, les traits d’u mort. Alors Paul ferma les yeux et il sentit l’idée d’un but terrible qui l’envahissait de nouveau. Et il songea : Devenir un Mentat est peut-être un but terrible.
Mais à l’instant même où il formait cette pensée, la compréhension nouvelle qui était sienne la repoussait.
Le procédé Bene Gesserit d’implantation de légendes par la Missionaria Protectiva porta pleinement ses fruits lorsque Dame Jessica fut sur Arrakis. L’ensemencement de l’univers par un thème prophétique destiné à protéger les Bene Gesserit constitue un système dont on a depuis longtemps apprécié l’ingéniosité. Mais jamais encore comme sur Arrakis il ne s’était présenté une aussi parfaite combinaison entre les êtres et la préparation. Sur Arrakis, les légendes prophétiques s’étaient développées jusqu’à l’adoption d’étiquettes (Révérende Mère, canto et respondu, ainsi que la plus grande part de la panoplia propheticus Shari-a). Et l’on admet généralement aujourd’hui que les pouvoirs latents de Dame Jessica furent gravement sous-estimé.